Emmanuelle Bée a attendu deux décennies pour concrétiser son rêve : créer une résidence pour seniors en pleine campagne, loin des Ehpad traditionnels. Selon Ouest France, cette entrepreneuse a acquis un ancien corps de ferme situé à Authon-du-Perche, en Eure-et-Loir, dans le but de le transformer en une résidence dédiée aux retraités souhaitant vivre dans un cadre naturel et convivial. Les premiers locataires devraient emménager en 2027, après plus d’un an de travaux de rénovation et d’aménagement.

Ce qu'il faut retenir

  • Projet porté par Emmanuelle Bée, une entrepreneuse souhaitant proposer une alternative aux Ehpad classiques.
  • Rénovation d’un ancien corps de ferme situé à Authon-du-Perche (Eure-et-Loir) en une résidence seniors.
  • La résidence comptera dix logements, destinés à accueillir des retraités dès 2027.
  • Les travaux, débutés il y a plus d’un an, s’achèveront prochainement pour une livraison prévue l’année prochaine.

Un projet mûri sur deux décennies

L’idée d’Emmanuelle Bée est née il y a vingt ans, bien avant que le débat sur les conditions de vie des seniors en France ne devienne une priorité nationale. Selon Ouest France, c’est cette conviction profonde – offrir une alternative aux Ehpad en milieu rural – qui l’a poussée à se lancer. Après des années de recherche et de préparation, elle a finalement trouvé l’emplacement idéal à Authon-du-Perche, une commune située en Eure-et-Loir, connue pour son cadre verdoyant et son calme.

Le choix de transformer un corps de ferme plutôt que de construire ex nihilo répond à une logique à la fois économique et écologique. Bée a souligné auprès de Ouest France que « ce type de bâtiment existant permet de réduire les coûts tout en conservant le charme des matériaux traditionnels ». Une approche qui séduit particulièrement les futurs résidents, soucieux de préserver un lien avec la nature.

Dix logements adaptés aux besoins des seniors

La future résidence comptera dix logements, chacun conçu pour offrir un cadre de vie à la fois sécurisé et indépendant. Les plans, validés par les services d’urbanisme locaux, prévoient des espaces communs – une salle à manger, un salon et un jardin partagé – pour favoriser les échanges entre résidents. « L’objectif est de recréer une vie communautaire, comme on pouvait en connaître dans les villages il y a quelques décennies », a expliqué Emmanuelle Bée à Ouest France.

Les travaux, lancés il y a plus d’un an, incluent la rénovation des murs en pierre, l’isolation thermique et phonique, ainsi que l’installation de dispositifs adaptés aux personnes à mobilité réduite. Si le calendrier est respecté, les premiers locataires pourront s’installer au printemps 2027, une fois les dernières finitions réalisées.

Une réponse aux attentes d’une partie des seniors

Ce projet s’inscrit dans un contexte où de plus en plus de retraités expriment leur souhait de quitter les Ehpad, souvent perçus comme des structures impersonnelles et médicalisées. Selon les dernières données de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), près de 40 % des Français de plus de 75 ans préféreraient vivre à domicile ou dans des structures alternatives, si les solutions existaient. La résidence d’Authon-du-Perche pourrait ainsi répondre à une demande croissante, notamment dans les zones rurales où l’offre de logements seniors est limitée.

Emmanuelle Bée a précisé à Ouest France que « les candidats sont déjà nombreux, certains ayant pris contact dès l’annonce des travaux ». Un engouement qui témoigne de l’intérêt pour ce type d’hébergement, où autonomie et convivialité priment sur la médicalisation systématique. Le loyer envisagé reste pour l’instant confidentiel, mais la fondatrice du projet assure qu’il sera « compétitif par rapport aux Ehpad classiques de la région ».

Et maintenant ?

Si les travaux se poursuivent comme prévu, la résidence d’Authon-du-Perche devrait être livrée au printemps 2027, sous réserve de l’avancement des dernières étapes. Emmanuelle Bée a indiqué à Ouest France qu’elle travaillait déjà sur un second projet similaire, cette fois dans la Sarthe, confirmant ainsi l’intérêt porté à ce modèle d’hébergement. Les prochains mois seront décisifs pour finaliser les partenariats avec les prestataires de services (ménage, restauration, activités) et boucler le financement du projet.

Reste à voir si ce modèle, encore marginal en France, fera des émules dans d’autres régions. Une chose est sûre : avec le vieillissement de la population, les alternatives aux Ehpad classiques pourraient bien devenir une priorité pour les pouvoirs publics dans les années à venir.

Selon Ouest France, la résidence comptera un service de restauration, une salle commune pour les activités, ainsi qu’un jardin partagé. Des prestataires externes pourraient être sollicités pour des services comme le ménage ou l’aide à la mobilité, mais les détails restent à finaliser.