Venise et Amsterdam, deux villes européennes emblématiques pour leurs canaux, font face à un tourisme de masse difficile à contrôler. Selon Euronews FR, leurs autorités ont mis en place des mesures pour limiter l’affluence, mais la pression reste forte. Face à cette saturation, d’autres cités européennes offrent des expériences tout aussi riches, mais bien moins fréquentées.
Ce qu'il faut retenir
- Venise applique depuis 2024 un droit d’entrée pour les visiteurs à la journée, actuellement fixé entre 5 et 10 € lors des pics de fréquentation.
- Des élus locaux réclament une hausse de ce tarif à 50 € pour mieux réguler l’afflux touristique.
- Amsterdam, confrontée à la hausse continue des touristes, a vu ses habitants engager des poursuites contre la municipalité en 2025 pour tenter de limiter les dérives.
- Hambourg, troisième port d’Europe, compte plus de canaux qu’Amsterdam ou Venise, mais son charme industriel reste méconnu.
- La ville compte plus de 160 km de canaux navigables, dont le quartier UNESCO de la Speicherstadt, témoignage de son histoire portuaire.
- Saint-Pétersbourg, construite sur un delta marécageux, totalise 300 km de canaux et plus de 800 ponts, dont le célèbre canal d’Hiver.
Des solutions face au surtourisme : les mesures prises par Venise et Amsterdam
Venise a instauré en 2024 un droit d’entrée pour les visiteurs à la journée, applicable les jours de forte affluence. Le tarif, actuellement compris entre 5 et 10 €, devrait-il être revu à la hausse ? Certains élus locaux plaident en effet pour une augmentation à 50 €, afin de mieux réguler le flux de touristes. La mesure vise à préserver la qualité de vie des habitants et l’intégrité des sites historiques.
À Amsterdam, la situation a dégénéré au point que les riverains ont porté plainte contre la municipalité en 2025. Malgré plusieurs campagnes incitant les visiteurs à adopter un comportement responsable, la fréquentation reste en hausse. Les habitants dénoncent une dégradation de leur cadre de vie et des nuisances quotidiennes liées au tourisme de masse.
Hambourg, l’eldorado industriel des canaux méconnus
Avec plus de canaux que Venise et Amsterdam réunies, Hambourg incarne une autre facette des villes européennes traversées par l’eau. Troisième port d’Europe après Rotterdam et Anvers, la cité allemande a toujours privilégié une vocation utilitaire à ses voies navigables. Pourtant, le quartier de la Speicherstadt, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, offre une beauté brute et industrielle, notamment avec ses entrepôts historiques.
Malgré les destructions massives de la Seconde Guerre mondiale, ces édifices conservent une grandeur intacte. Une balade à pied ou en bateau dans ce secteur permet de découvrir une autre facette de la ville, loin des clichés romantiques habituellement associés aux canaux européens.
Stockholm, l’archipel où l’eau façonne le paysage
La capitale suédoise s’étend sur un archipel de quatorze îles, reliées par plus de cinquante ponts et sillonnées de canaux et rivières. Son quartier historique, la vieille ville, était autrefois surnommé « la ville entre les ponts » – Staden Mellan Broarna – en raison de sa topographie unique. Aujourd’hui, le canal de Djurgårdsbrunnskanalen, long de cinq kilomètres, est l’un des lieux les plus paisibles et pittoresques de la ville.
Ce parcours sinueux, bordé d’arbres et reliant Djurgården aux zones urbaines, attire autant les locaux que les visiteurs en quête de tranquillité. Il constitue un itinéraire de promenade prisé, à l’abri de l’agitation du centre-ville.
Birmingham, où les canaux renaissent en espaces de vie
Le Royaume-Uni compte aussi ses perles méconnues en matière de canaux. Birmingham, par exemple, possède un réseau de plus de 160 km de voies navigables, un héritage de son âge d’or industriel. Depuis plusieurs décennies, ces canaux ont été métamorphosés en espaces de vie et de loisirs. Le quartier de Gas Street Basin en est l’exemple le plus vibrant, avec ses bars et cafés animés en bordure d’eau.
Pour une échappée plus calme, le chemin de halage menant à l’université de Birmingham offre une balade bucolique, à l’écart du tumulte urbain. Ces transformations illustrent comment les villes industrielles peuvent réinventer leur rapport à l’eau pour le plus grand plaisir de leurs habitants et des touristes.
Copenhague et Nyhavn, du repaire de marins au quartier touristique
Copenhague doit une partie de son charme à son quartier de Nyhavn, aménagé au XVIIe siècle. Aujourd’hui, ses maisons colorées et ses vieux navires en bois en font un lieu emblématique pour une croisière sur les canaux. Pourtant, ce secteur a connu une histoire bien différente : au XVIIe siècle, Nyhavn était un haut lieu de débauche, fréquenté par les marins en quête d’alcool et de prostituées.
C’est au XIXe siècle que le quartier a commencé à se transformer, notamment grâce à la présence de l’écrivain Hans Christian Andersen. La piétonnisation de Nyhavn en 1980 a marqué le début de sa renaissance, faisant de lui un symbole de la ville moderne, tout en conservant son âme historique.
Saint-Pétersbourg, entre grandeur impériale et défis climatiques
Avec ses 300 km de canaux et plus de 800 ponts, Saint-Pétersbourg est une ville où l’eau structure l’espace urbain. Construite sur les terres marécageuses du delta de la Neva, la cité russe doit son existence à ce réseau hydraulique complexe. Le canal d’Hiver, bien que modeste avec seulement 228 mètres de long, illustre cette harmonie entre granit, ponts élégants et histoire impériale.
Attention cependant : Saint-Pétersbourg est la ville la plus septentrionale au monde de plus d’un million d’habitants. Les balades le long de ses canaux sont donc à réserver aux saisons plus clémentes, à savoir le printemps et l’été. En hiver, les températures glaciales transforment ces promenades en expérience bien différente, voire inaccessible pour certains visiteurs.
Que ce soit pour éviter la foule ou découvrir des paysages originaux, ces alternatives aux grands classiques méritent l’attention des voyageurs en quête d’authenticité. L’enjeu, pour les années à venir, sera de concilier attractivité touristique et préservation des sites, afin que chacun puisse profiter de ces joyaux européens sans les épuiser.
Ces villes offrent une expérience tout aussi riche en matière de canaux, mais avec une fréquentation bien moindre. À Hambourg, les visiteurs découvrent une beauté industrielle et historique unique, tandis qu’à Birmingham, les canaux ont été réinventés en espaces de vie et de loisirs, loin du tourisme de masse. Ces destinations permettent ainsi de profiter pleinement de l’ambiance locale sans les contraintes liées à la saturation.