L’Afrique du Sud fait face depuis plusieurs jours à une recrudescence des violences à caractère xénophobe, poussant des milliers de migrants, principalement originaires du Malawi, à fuir leurs domiciles. Selon Ouest France, ces attaques ont pris une ampleur inédite, incitant les autorités malawites à organiser des rapatriements massifs.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 3 000 Malawites ont quitté l’Afrique du Sud en raison d’attaques xénophobes ces derniers jours, d’après Ouest France.
- Ces violences surviennent dans un contexte de tensions accrues contre les migrants africains en Afrique du Sud.
- Les autorités malawites ont lancé des opérations de rapatriement pour organiser le retour des ressortissants.
- Les attaques, principalement concentrées dans les townships, visent des commerces et habitations détenus par des étrangers.
Une flambée de violences ciblant les migrants
Depuis le début du mois de juin, l’Afrique du Sud connaît une escalade des violences xénophobes, notamment dans les quartiers défavorisés de Johannesburg et du Cap. Ouest France rapporte que ces attaques, souvent menées par des groupes de jeunes désœuvrés, ciblent principalement les commerçants malawites, somaliens ou zimbabwéens. Les émeutiers s’en prennent aux boutiques et aux logements occupés par des étrangers, accusés de « voler les emplois » des Sud-Africains.
Les forces de l’ordre sud-africaines ont été déployées en renfort pour tenter de contenir la situation, mais les violences se poursuivent dans plusieurs townships. Les autorités locales ont appelé au calme, tout en reconnaissant l’incapacité des services de sécurité à endiguer totalement les exactions.
Un exode massif vers le Malawi
Face à l’insécurité grandissante, le gouvernement malawite a lancé des opérations de rapatriement d’urgence. Plus de 3 000 ressortissants malawites ont déjà quitté l’Afrique du Sud, selon les chiffres communiqués par les autorités de Lilongwe. Ces rapatriements se font par voie aérienne et terrestre, avec l’appui logistique de l’Union africaine et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).
« Nous avons enregistré un afflux massif de demandes de retour », a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Malawi, sans préciser si d’autres vols étaient prévus dans les prochains jours. Les Malawites rapatriés sont accueillis dans des centres de transit avant d’être acheminés vers leurs villages d’origine.
Un contexte régional déjà tendu
Ces violences surviennent dans un climat déjà dégradé entre l’Afrique du Sud et certains de ses voisins. En 2019, des émeutes xénophobes avaient fait au moins dix morts et provoqué le rapatriement de milliers de migrants. Depuis, les tensions persistent, alimentées par des discours politiques hostiles aux étrangers. Ouest France souligne que les autorités sud-africaines minimisent souvent l’ampleur du phénomène, malgré les condamnations répétées de la part de la SADC.
Les associations de défense des droits humains appellent à une réponse coordonnée entre les pays de la région pour protéger les migrants. « La situation est préoccupante, mais elle n’est malheureusement pas nouvelle », a réagi un représentant d’Amnesty International en Afrique du Sud, sans donner davantage de détails.
Reste à voir si ces initiatives permettront de mettre fin à la spirale de violences qui touche, une fois encore, les communautés les plus vulnérables de la région.