Avec plus de 150 000 euros de préjudice depuis le mois de février, la ville de Villeurbanne (Rhône) subit une vague inédite de vols de cuivre qui perturbe gravement son éclairage public. Selon Franceinfo – Faits divers, des kilomètres de câbles ont été dérobés, plongeant certaines rues dans l’obscurité et mettant en danger la sécurité des habitants, surtout la nuit.
La situation est telle que les agents municipaux, habitués à des interventions classiques, font face à une recrudescence sans précédent de ces actes de pillage. « On n’avait jamais vu ça », confie Thomas Mouyon, responsable du service éclairage public de Villeurbanne. Les câbles, souvent facilement accessibles, sont arrachés avec des outils rudimentaires, comme un simple tournevis ou à la main, comme le démontrent les agents sur place.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 150 000 euros de préjudice depuis février 2026 à Villeurbanne (Rhône) en raison de vols de cuivre.
- Près de 9 000 points lumineux sur la commune, dont une centaine de rues sont désormais plongées dans le noir.
- Le prix du cuivre atteint 12 000 euros la tonne, soit une hausse de 20 % sur un an.
- Les ferrailleurs de la région refusent désormais certains achats de cuivre pour éviter de participer à ce trafic.
- La mairie a porté plainte et cherche des solutions, notamment via la vidéoprotection.
Une centaine de rues plongées dans l’obscurité
Les conséquences de ces vols sont immédiates : des quartiers entiers se retrouvent privés d’éclairage public, ce qui expose les habitants à des risques accrus. « Notamment le soir quand je rentre. J’ai les éclairages du vélo, mais si on n’en a pas, c’est très dangereux », témoigne un cycliste. Une habitante ajoute : « Quand on marche, il faut faire attention. Pour ne pas qu’il y ait des trous ou des aspérités sur le trottoir qui font qu’on peut chuter. »
Les agents municipaux, qui sillonnent les rues quotidiennement, constatent chaque jour de nouveaux dégâts. « On peut se rendre compte que dans cette chambre, deux câbles ont été coupés. Ces deux câbles partent de la chambre et vont jusqu’au mât d’éclairage public qui est à côté », précise Thomas Mouyon en désignant les câbles sectionnés. Ces installations, autrefois protégées, deviennent des cibles faciles pour les voleurs.
Un marché du cuivre en pleine ébullition
Le prix du cuivre, matière première très recherchée pour ses propriétés conductrices, a fortement augmenté. D’après les dernières données disponibles, il s’échange à 12 000 euros la tonne, soit une progression de 20 % sur un an. Cette flambée des cours explique en grande partie l’augmentation des vols, les malfaiteurs cherchant à tirer profit de cette hausse.
Face à cette situation, certains ferrailleurs de la région ont décidé de serrer la vis. « Quand on m’appelle pour vendre du cuivre, la plupart du temps, si ce n’est pas sur le chantier, je ne reprends pas », explique Tony Michel, ferrailleur à Saint-Genis-Laval (Rhône). Cette prudence s’explique par la crainte de participer, même involontairement, à un trafic illégal.
Des solutions limitées face à l’ampleur du phénomène
La mairie de Villeurbanne, consciente de l’urgence, a porté plainte et tente de trouver des parades. « La vidéoprotection nous permet d’être attentifs à ce qui se passe, notamment en journée. Mais il y a énormément de poteaux d’éclairage public. Sur Villeurbanne, on a plus de 9 000 points lumineux, donc c’est colossal et c’est coûteux », souligne Pauline Schlosser, adjointe (Les Écologistes) en charge de la mobilité et des espaces publics.
Pourtant, les moyens de protection restent limités. Les poteaux d’éclairage, souvent isolés, sont difficiles à sécuriser efficacement. La mairie explore d’autres pistes, comme l’utilisation de câbles moins attractifs ou la mise en place de systèmes d’alarme, mais ces solutions prennent du temps et nécessitent des investissements importants.
Pour l’heure, les habitants de Villeurbanne doivent redoubler de vigilance. La mairie rappelle que les signalements d’anomalies sur l’éclairage public peuvent être effectués via les canaux habituels. Quant aux ferrailleurs, ils appellent à la prudence et invitent les particuliers à fournir des justificatifs d’origine en cas de vente de cuivre.
Le cuivre est une matière première très recherchée pour ses propriétés conductrices, notamment dans les câbles électriques et les infrastructures de télécommunications. Avec un prix atteignant 12 000 euros la tonne en mai 2026 — soit une hausse de 20 % sur un an —, il représente une valeur marchande élevée, ce qui en fait une cible privilégiée pour les voleurs.