L’application de notation alimentaire Yuka alerte depuis plusieurs jours sur la présence d’un additif controversé dans certains sirops à la menthe : le bleu brillant FCF, aussi appelé E133. Selon Ouest France, cet additif, utilisé pour colorer les produits en bleu, serait non seulement inutile mais aussi suspecté de favoriser l’hyperactivité et les troubles de l’attention chez les enfants. Une nouvelle inquiétude qui s’ajoute à celle concernant les nitrites dans la charcuterie, déjà dénoncés par Yuka par le passé.

Ce qu'il faut retenir

  • L’E133, un colorant bleu artificiel, est présent dans plusieurs sirops à la menthe du marché.
  • Cet additif est considéré comme inutile par les experts et pourrait avoir des effets néfastes sur la santé des enfants.
  • Yuka, qui avait déjà alerté sur les nitrites dans la charcuterie, étend désormais ses mises en garde aux colorants alimentaires.
  • Les autorités sanitaires européennes n’ont pas encore interdit cet additif, malgré les suspicions pesant sur ses effets.

Un additif controversé déjà connu des consommateurs

Le bleu brillant FCF n’est pas un inconnu dans le monde des additifs alimentaires. Déjà présent dans certains bonbons, boissons ou préparations industrielles, il est utilisé pour donner une teinte bleue artificielle à des produits qui, sans lui, seraient incolores ou verdâtres. Ouest France rappelle que cet additif est autorisé en Europe, mais son utilisation fait débat depuis des années. Des études, notamment celles menées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ont montré que le bleu brillant FCF pourrait traverser la barrière hémato-encéphalique chez les jeunes enfants, un phénomène qui soulève des questions sur ses effets potentiels sur le développement cognitif.

Les parents utilisant des sirops à la menthe pour leurs enfants pourraient donc, sans le savoir, leur administrer un produit contenant un additif suspect. Certains fabricants, comme les marques spécialisées dans les produits « bio » ou « sans additifs », ont d’ailleurs déjà retiré le E133 de leurs compositions. Mais dans la grande distribution, le colorant reste présent dans de nombreux produits, souvent sans étiquetage alarmant.

Yuka, acteur clé dans la traque aux additifs indésirables

Depuis son lancement, Yuka s’est imposée comme une référence pour les consommateurs soucieux de la qualité de leur alimentation. L’application, qui scanne les produits à l’aide d’un code-barres, attribue une note allant de 0 à 100 en fonction de leur composition. Les produits contenant des additifs controversés, comme les nitrites ou certains colorants, voient leur score chuter automatiquement. Ouest France souligne que cette transparence a poussé plusieurs industriels à revoir leur formulation pour éviter une baisse de leur note, et donc de leurs ventes.

Cette fois, c’est le bleu brillant FCF qui est dans le collimateur. Dans un communiqué publié la semaine dernière, Yuka a rappelé que « les colorants artificiels, et notamment le E133, n’ont aucun intérêt nutritionnel ». L’application a également cité des travaux scientifiques, comme ceux de l’Université de Southampton en 2007, qui avaient mis en évidence un lien entre la consommation de certains colorants et une augmentation des troubles du comportement chez les enfants. Ces résultats, bien que contestés par certains experts, ont poussé plusieurs pays, dont la France, à imposer des restrictions sur l’usage de ces additifs dans les aliments destinés aux plus jeunes.

Et maintenant ?

La polémique autour du bleu brillant FCF pourrait relancer le débat sur l’utilisation des additifs alimentaires en Europe. Une pétition, lancée par des associations de consommateurs et relayée par Yuka, demande désormais l’interdiction pure et simple de l’E133 dans les produits destinés aux enfants. Une décision devrait être prise d’ici la fin de l’année par la Commission européenne, qui réévalue actuellement les autorisations de plusieurs additifs controversés. En attendant, les parents sont invités à vérifier les étiquettes des sirops à la menthe avant tout achat, ou à privilégier les marques ayant déjà supprimé cet additif de leur composition.

Côté industriels, certains commencent à anticiper une possible interdiction. Plusieurs grands groupes de l’agroalimentaire ont déjà remplacé le bleu brillant FCF par des colorants naturels, comme la spiruline ou le jus de carotte, dans leurs nouvelles formulations. Une transition qui, si elle se généralisait, pourrait rapidement rendre cet additif obsolète.

Pour l’instant, les autorités sanitaires maintiennent leur position : le bleu brillant FCF reste autorisé, mais sous surveillance. Une position qui ne satisfait pas les défenseurs d’une alimentation plus saine, qui réclament une approche plus préventive.

Les études disponibles suggèrent que le bleu brillant FCF pourrait, chez les enfants sensibles, aggraver les troubles de l’attention ou l’hyperactivité. Cependant, l’EFSA estime que les preuves ne sont pas suffisantes pour justifier une interdiction. Les autorités sanitaires invitent donc à la prudence, notamment pour les produits destinés aux jeunes enfants.

La mention « bleu brillant FCF » ou « E133 » doit figurer sur l’étiquette, dans la liste des ingrédients. Certains sirops industriels utilisent également des termes comme « colorant bleu » sans préciser l’additif exact. L’application Yuka permet de scanner le produit pour obtenir une analyse détaillée de sa composition.