Une « salle de lecture » entièrement dédiée aux documents liés à Jeffrey Epstein, l’ancien financier condamné pour trafic sexuel, ouvre ses portes ce 8 mai 2026 à New York. Contrairement à une bibliothèque classique, ce lieu propose non pas des livres, mais 3,5 millions de pages du dossier judiciaire et administratif de l’affaire Epstein, selon Courrier International.

Cette installation, baptisée « salle de lecture commémorative Trump-Epstein », se situe dans le quartier de Tribeca. Sa localisation exacte n’a pas été divulguée, et l’accès y est strictement encadré : elle sera ouverte uniquement sur rendez-vous jusqu’au 21 mai 2026. L’initiative émane de l’Institute for Primary Facts, une association pro-transparence, comme le rapporte Fast Company.

Ce qu'il faut retenir

  • Une « bibliothèque » spéciale inaugurée à New York le 8 mai 2026, proposant 3,5 millions de pages du dossier Epstein.
  • L’accès est réservé sur rendez-vous jusqu’au 21 mai 2026, dans un lieu non divulgué du quartier de Tribeca.
  • L’installation inclut une frise chronologique des liens entre Epstein et Donald Trump depuis les années 1980, ainsi qu’un mémorial symbolique.
  • La consultation des documents bruts est limitée aux journalistes et forces de l’ordre pour protéger les victimes.
  • Plus de 1 200 victimes sont représentées symboliquement par des bougies au sol.

Une exposition pour illustrer l’ampleur des crimes et de l’impunité

L’objectif affiché de cette « bibliothèque » est de donner à voir l’ampleur des crimes attribués à Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019 dans des circonstances non élucidées, et « l’impunité qui les a accompagnés », explique Wired, citant l’Institute for Primary Facts. L’exposition propose deux éléments accessibles à tous les visiteurs : une frise chronologique retraçant la relation entre Epstein et l’actuel président américain, Donald Trump, remontant aux années 1980, ainsi qu’un mémorial composé de bougies disposées au sol.

Ce mémorial rend hommage aux plus de 1 200 victimes présumées d’Epstein, un chiffre souvent cité dans le cadre des enquêtes et poursuites judiciaires liées à ses agissements. Pour autant, la lecture des documents bruts — soit les 3,5 millions de pages du dossier — reste restreinte. Seuls les journalistes et les membres des forces de l’ordre y ont accès, précise Wired, en raison de la présence de noms de victimes non censurés dans certaines pièces du dossier publié par le ministère de la Justice américain.

Un accès limité pour protéger les victimes

La décision de restreindre la consultation des documents s’explique par les risques encourus par les victimes. Plusieurs noms apparaissent en effet dans les documents rendus publics, sans que des mesures de protection systématiques aient été appliquées. L’Institute for Primary Facts justifie ainsi cette limitation par la nécessité d’éviter tout risque de harcèlement ou de représailles envers les personnes citées, comme le souligne l’association.

Cette prudence illustre les tensions persistantes autour de la gestion des documents liés à l’affaire Epstein, dont les ramifications continuent de susciter des débats aux États-Unis. Entre transparence judiciaire et protection des victimes, le compromis adopté ici reflète la complexité d’un dossier qui a marqué l’histoire judiciaire américaine et politique.

Et maintenant ?

Cette exposition, ouverte jusqu’au 21 mai, pourrait relancer l’intérêt médiatique et public autour de l’affaire Epstein, alors que de nouvelles révélations sur les liens entre le financier et des personnalités influentes continuent d’émerger. Une éventuelle publication intégrale des documents, si elle intervient, dépendra des décisions du ministère de la Justice et des suites judiciaires en cours.

Pour l’heure, l’initiative de l’Institute for Primary Facts offre une première occasion de prendre la mesure d’un dossier judiciaire hors norme, tout en rappelant les enjeux éthiques et juridiques qu’il soulève.

Les noms de victimes et de témoins cités dans les documents publiés par le ministère de la Justice n’ont pas été systématiquement censurés, exposant ces personnes à des risques de harcèlement ou de représailles. L’Institute for Primary Facts a donc restreint l’accès aux documents bruts pour les protéger, comme l’a expliqué l’association à Wired.