Chaque premier mercredi du mois, une centaine de personnes en situation de handicap se retrouvent à la discothèque du Taly’s, à Yffiniac, près de Saint-Brieuc. Cette initiative, lancée il y a plusieurs années, leur offre un moment de détente et de convivialité, loin des murs des foyers ou des centres d’accueil. Selon Franceinfo – Santé, cet après-midi festif et adapté est devenu un rendez-vous incontournable pour des personnes atteintes de handicaps moteurs, de trisomie ou de troubles du spectre autistique, mais aussi pour leurs accompagnants.
Ce qu'il faut retenir
- Une centaine de personnes en situation de handicap participent chaque premier mercredi du mois à un après-midi festif au Taly’s, une discothèque d’Yffiniac près de Saint-Brieuc.
- L’entrée coûte 8 euros, consommation incluse, et les participants sont majoritairement transportés depuis leur lieu de résidence.
- L’objectif principal est de renforcer le lien social et de lutter contre l’isolement, tout en adaptant l’ambiance musicale et lumineuse aux sensibilités des participants.
- Cette initiative a déjà permis plusieurs rencontres, dont certaines ont débouché sur des mariages.
Une sortie qui change du quotidien
Pour beaucoup de participants, cette après-midi au Taly’s représente la seule sortie mensuelle hors de leur foyer ou de leur centre d’hébergement. Arrivés en camionnette ou accompagnés par des proches, ils sont accueillis par Nicolas et Catherine, deux accompagnants habitués à ces rendez-vous. « C’est une petite aventure pour y arriver », confie l’un d’eux, soulignant les difficultés de transport pour certains, qui peuvent mettre jusqu’à une heure pour rejoindre la discothèque. Une fois sur place, l’ambiance est déjà à la fête, même avant que les 134 participants ne soient tous présents.
Parmi eux, Emmanuelle, 23 ans, s’est déjà élancée sur la piste de danse, maquillée avec soin et cheveux attachés. La musique est sa passion, tout comme Lloyd, qui joue des percussions et apprécie particulièrement ces moments « de tranquillité » et de convivialité. « Ça me fait m’évader parce que c’est convivial, on est en famille ou entre amis et en confiance. Je viens souvent avec mes potes », explique-t-il. Pour d’autres, comme Céline, la musique est un déclic, mais le reste de l’environnement peut représenter un défi. « Pour Céline, c’est sa seule sortie, sinon elle ne sort pas du foyer », précise Delphine, accompagnatrice éducative et sociale.
Des adaptations nécessaires pour une soirée accessible
Organiser une soirée dans une discothèque pour des personnes en situation de handicap nécessite des aménagements spécifiques. La musique est moins forte que dans une boîte de nuit classique, et les jeux de lumières sont limités pour éviter les surstimulations. Vincent, atteint de sclérose en plaques et en fauteuil roulant depuis cinq ans, apprécie ces ajustements : « La musique est moins forte, il n’y a pas tout ce jeu de lumières que l’on peut avoir en boîte de nuit où il y a tout le temps des néons qui viennent de partout. » Malgré son handicap, il parvient à « bouger le haut du corps » au rythme de la musique, un petit plaisir qui n’est pas accessible dans d’autres lieux.
Ces précautions sont essentielles, car certaines personnes présentes sont extrêmement sensibles aux stimuli visuels ou sonores. Gwénaelle, venue de Lannion avec Glenn, souligne que cette initiative permet aussi de « rencontrer peut-être de nouveaux amis, de nouvelles chéries ». Elle reconnaît cependant que la mixité avec des personnes non handicapées reste limitée lors de ces après-midis. « Cette initiative soulève aussi le manque d’inclusion des personnes handicapées », estime-t-elle. Un point de vue que ne partage pas Marie-Pierre, une participante, qui préfère « être entre nous » et éviter le regard des autres.
Un lieu de rencontres et de liens sociaux
Le Taly’s est bien plus qu’une simple discothèque pour ces participants. Franck Haugomard, le directeur de l’établissement, insiste sur l’importance de ces moments : « Pour eux, la condition n’est pas la même. Le public que l’on a le samedi n’est pas sensible à ces gens-là. Mais pour nous, ils sont importants et on essaye de leur donner du bonheur. » L’impact de ces après-midis festifs dépasse largement la simple distraction. Trois à quatre mariages ont déjà eu lieu suite à des rencontres faites lors de ces événements, preuve que le lien social se construit aussi dans ces lieux.
Glenn, l’un des participants, a profité de cette soirée pour faire la connaissance de Mélanie et lui demander son numéro de téléphone. Une interaction anodine pour beaucoup, mais qui prend une dimension particulière dans ce contexte. « On est entre nous », résume Marie-Pierre, soulignant l’importance de ces espaces où chacun se sent en sécurité et accepté.
Cette expérience illustre aussi les enjeux plus larges de l’inclusion des personnes handicapées dans la société. Si des progrès ont été réalisés, il reste encore du chemin à parcourir pour que ces initiatives se généralisent et que les personnes en situation de handicap puissent accéder à des loisirs et des lieux de vie nocturne comme tout un chacun. En attendant, le Taly’s continue de jouer son rôle, preuve que la fête et l’inclusion peuvent aller de pair.
La plupart des participants sont transportés en camionnette depuis leur foyer ou leur centre d’hébergement. Certains mettent jusqu’à une heure pour rejoindre Yffiniac, comme le rapporte Franceinfo – Santé. Les accompagnants, comme Nicolas et Catherine, les aident à descendre des véhicules et à s’installer.
Les participants sont atteints de handicaps variés : moteurs, trisomie, troubles du spectre autistique, ou encore sclérose en plaques. L’organisation s’adapte à ces différents profils pour garantir une ambiance accessible à tous.