Frédéric Lai, fils du compositeur Francis Lai, s’est lancé dans un projet musical inédit pour célébrer l’héritage de son père. Dans un album intitulé « Play It Like Francis », des DJ revisitent les mélodies emblématiques de Francis Lai en version électro, sous la direction de Play Paul, frère cadet de Guy-Manuel de Homem-Christo (Daft Punk). Une initiative qui, selon Franceinfo - Culture, reflète l’attachement du fils à perpétuer la musique d’un artiste dont les compositions ont marqué plusieurs générations.
Ce qu'il faut retenir
- Francis Lai, compositeur de musiques de films comme Love Story ou Un homme et une femme, a marqué la culture musicale mondiale. Son fils, Frédéric, lui rend hommage avec un album électro.
- L’album « Play It Like Francis » propose des reprises électro de ses œuvres, réalisées par des DJ sous la direction de Play Paul.
- Frédéric Lai explique que son père appréciait que ses musiques soient réinterprétées, comme en témoignent des reprises en gangsta rap ou en version hard rock.
- Francis Lai était un autodidacte qui a commencé par l’accordéon avant de composer des bandes originales devenues des classiques du cinéma.
Un héritage musical revisité à l’ère électro
Frédéric Lai, pilote de ligne et fils de Francis Lai, a souhaité donner une nouvelle vie aux compositions de son père à travers un projet ambitieux. « Play It Like Francis » rassemble des DJs qui réinterprètent les mélodies les plus célèbres du compositeur, comme Love Story ou La leçon particulière, en les adaptant aux codes de la musique électronique. Selon Franceinfo - Culture, cette initiative s’inscrit dans la continuité de ce que Francis Lai appréciait : voir ses œuvres reprises et popularisées sous des formes variées.
Le projet a été orchestré par Play Paul, frère de Guy-Manuel de Homem-Christo (membre du duo Daft Punk), qui a supervisé l’ensemble des arrangements. Frédéric Lai souligne que son père « aimait toutes les musiques » et qu’il consacrait du temps à écouter des reprises de ses morceaux, souvent avec humour. « Il passait beaucoup de temps sur internet à chercher des reprises de ses morceaux, ça le faisait beaucoup rigoler », explique-t-il. Des exemples concrets illustrent cette passion : un groupe de rap allemand a transformé Bilitis en une version gangsta rap, tandis qu’un DJ turc a fait de La leçon particulière un tube estival, notamment grâce aux réseaux sociaux.
Francis Lai, un autodidacte devenu légende
Avant de devenir l’un des compositeurs les plus influents du cinéma français, Francis Lai a bâti son parcours sans formation académique. Né en 1932 dans le sud de la France, il a commencé par jouer de l’accordéon, un instrument moins coûteux que le piano à l’époque. Son cousin, accordéoniste, lui a enseigné les bases, lui permettant de se produire rapidement dans les bals locaux avant de monter à Paris. Selon Franceinfo - Culture, cette ascension reflète son talent précoce et sa capacité à travailler sous pression. « S’il avait un mois pour faire une chanson, il la faisait dans les deux derniers jours », confie Frédéric Lai. « Quand Claude Lelouch lui demandait une musique, il en trouvait trois ou quatre en deux jours, mais gardait ses préférences secrètes jusqu’au dernier moment. »
Son style, à la fois mélancolique et accessible, a séduit des réalisateurs comme Claude Lelouch ou Roger Vadim. En 1970, Love Story lui a valu l’Oscar de la meilleure musique de film, consolidant sa renommée internationale. Pourtant, malgré cette carrière exceptionnelle, Francis Lai restait un homme simple, évitant les avions et préférant les transports terrestres, une anecdote que son fils évoque avec tendresse.
Entre fierté et émotion : porter l’héritage de Francis Lai
Frédéric Lai ne cache pas l’émotion que représente pour lui cet hommage à son père. « Francis, ce n’était pas mon père, c’était un vrai ami », confie-t-il. « C’est l’un de mes meilleurs copains, et son absence se fait sentir, mais sa musique, elle, est partout. » En tant que pilote de ligne, Frédéric Lai entend régulièrement les compositions de son père, notamment à bord des avions d’Air France où elles accompagnent l’embarquement des passagers. Une présence discrète mais constante, qui lui rappelle l’universalité de l’œuvre de Francis Lai.
L’album « Play It Like Francis » s’inscrit dans cette volonté de partager cet héritage avec un public plus jeune. Frédéric Lai précise que son père aurait sans doute apprécié l’audace de ces réinterprétations, comme il appréciait les reprises en hard rock ou en gangsta rap. « On s’est dit que ce serait une bonne façon, en remettant certains morceaux au goût du jour, de les faire découvrir à un autre public », explique-t-il. Pour lui, cet album est à la fois un hommage et une porte d’entrée vers l’œuvre de Francis Lai pour les nouvelles générations.
« Intemporel, mais d’actualité. »
Un héritage qui dépasse les générations
Au-delà de l’aspect musical, l’histoire de Francis et Frédéric Lai illustre la transmission d’une passion et d’un nom chargé d’histoire. Frédéric Lai, qui a assisté enfant aux séances d’enregistrement de son père, garde un souvenir précis de ces moments. « J’ai vu enregistrer Itinéraire d’un enfant gâté », raconte-t-il. « Ces tables de mixage, ces boutons, cette ambiance feutrée la nuit… Peut-être que ça m’a poussé à devenir pilote, car cela ressemble à la concentration nécessaire en cockpit. » Une anecdote qui montre comment l’art et la technique peuvent se mêler dans une famille.
Pour Frédéric Lai, porter ce nom aujourd’hui est à la fois une fierté et une responsabilité. « Je suis très fier d’avoir été son ami et d’avoir pu assister à certaines séances d’enregistrement », déclare-t-il. « C’est un grand honneur. » Chaque fois qu’il entend une reprise de son père — qu’il s’agisse d’un concert avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France ou d’un morceau diffusé en boucle sur les réseaux sociaux — l’émotion est palpable. « À chaque fois, j’ai la chair de poule ou les yeux humides », avoue-t-il. Un témoignage qui rappelle que la musique de Francis Lai, plus de vingt ans après sa disparition, continue de toucher des millions de personnes à travers le monde.
L’album propose des versions électro de plusieurs œuvres emblématiques de Francis Lai, dont Love Story, Un homme et une femme, Bilitis, La leçon particulière et Itinéraire d’un enfant gâté. Ces titres, déjà cultes, sont ainsi modernisés pour toucher un public contemporain.
Frédéric Lai assume pleinement cet héritage en participant à des projets comme « Play It Like Francis ». Il évoque régulièrement son père comme un ami et une figure inspirante, tout en intégrant ses compositions dans sa vie quotidienne, notamment à travers ses voyages en tant que pilote.