Vingt-deux ans après l’assassinat de Jonathan Coulom, un enfant de 10 ans dont le corps avait été retrouvé lesté d’un parpaing dans un étang de Loire-Atlantique, un criminel allemand est actuellement jugé par la cour d’assises du département. Selon BFM - Faits Divers, un ancien enquêteur en charge de l’affaire a détaillé, jeudi 21 mai 2026, les raisons pour lesquelles les investigations ont d’abord privilégié la piste locale avant que la « piste allemande » ne s’impose progressivement.

Ce qu'il faut retenir

  • Jonathan Coulom, 10 ans, a disparu le 7 avril 2004 lors d’un séjour scolaire à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique).
  • Son corps a été découvert le 19 mai 2004 dans un étang situé à une trentaine de kilomètres du centre de vacances, lesté d’un parpaing.
  • Les premières analyses ont orienté l’enquête vers un suspect local, l’étang n’étant pas visible depuis les routes alentour.
  • Dès avril 2004, des policiers allemands ont enquêté en France sur un tueur en série correspondant au signalement d’un individu mobile, de grande taille et vêtu de noir.
  • En 2017, un ancien codétenu de Martin Ney a rapporté des confidences de ce dernier, relançant la piste allemande.
  • Martin Ney, condamné à perpétuité en Allemagne pour trois meurtres d’enfants et neuf agressions sexuelles, nie toujours avoir tué Jonathan Coulom.

Une disparition suivie de la découverte macabre d’un corps

Jonathan Coulom séjournait avec sa classe dans un centre de vacances à Saint-Brevin-les-Pins lorsque sa disparition a été constatée le matin du 7 avril 2004. Son corps a été retrouvé près de trois semaines plus tard, le 19 mai 2004, dans un étang situé à environ trente kilomètres du lieu de disparition. Selon l’autopsie, la durée d’immersion du corps ne pouvait être déterminée avec précision, mais les experts évoquaient une fourchette « entre une et trois semaines ».

Cette incertitude a orienté les enquêteurs vers la piste d’un individu local, capable de séquestrer l’enfant avant de le tuer et de dissimuler son corps dans un plan d’eau difficile d’accès. L’étang en question n’était en effet pas visible depuis les routes environnantes, ce qui suggérait une connaissance du terrain par le coupable.

La piste allemande, une hypothèse envisagée dès 2004

Dès le 22 avril 2004, avant même la découverte du corps, des policiers allemands se sont rendus en France. Ils enquêtaient sur plusieurs meurtres d’enfants commis dans des circonstances similaires et s’intéressaient également à des agressions sexuelles commises dans des centres de vacances. Le profil du suspect allemand correspondait à celui d’un individu mobile, de grande taille, vêtu de noir. « Ils sont persuadés que c’est leur auteur, mais qu’est-ce qu’ils nous apportent à part un signalement ? Il n’y a pas d’éléments tangibles qui pourraient nous permettre de faire des investigations. La piste allemande, ça veut dire quoi, on va où ? », a déclaré, jeudi 21 mai 2026, un ancien gendarme retraité ayant dirigé l’enquête pendant trois ans.

Des rapports contradictoires et un tournant en 2017

En 2008, un nouveau rapport d’expertise a remis en cause les conclusions initiales. Les experts ont estimé que la durée d’immersion du corps de Jonathan Coulom ne pouvait être établie de façon précise. Ils ont évoqué la possibilité que le corps ait été immergé dès le 15 avril 2004 — date à laquelle un témoin affirmait avoir remarqué une « masse » flottant à la surface de l’étang — voire dès le jour de la disparition de l’enfant.

Le tournant décisif de l’enquête est intervenu en 2017, lorsque d’anciens codétenus de Martin Ney ont rapporté avoir recueilli ses confidences. Leurs déclarations ont fait écho au témoignage d’un agriculteur, qui affirmait avoir croisé, un soir d’avril 2004, un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne. Ces éléments ont relancé l’hypothèse d’un lien entre Martin Ney et le meurtre de Jonathan Coulom.

Martin Ney, un tueur en série allemand en procès en France

Martin Ney, interpellé en Allemagne en 2011, a été condamné à perpétuité en 2012 pour trois meurtres d’enfants et neuf agressions sexuelles. Il a toujours nié avoir tué Jonathan Coulom. Son procès en France, qui se tient devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, a débuté ce 21 mai 2026 et devrait s’achever le 5 juin 2026.

Un procès qui rouvre des questions sans réponses

Vingt-deux ans après les faits, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les enquêteurs ont-ils sous-estimé les éléments permettant d’identifier Martin Ney dès 2004 ? Pourquoi les signalements allemands n’ont-ils pas été suivis plus tôt ? Autant de questions que le procès devra, en partie, éclaircir. Pour l’ancien gendarme interrogé par BFM - Faits Divers, la clé réside dans l’accumulation de détails apparemment anodins, mais qui, rétrospectivement, dessinent un profil cohérent.

Et maintenant ?

Le procès de Martin Ney en France pourrait apporter de nouveaux éléments sur les circonstances du meurtre de Jonathan Coulom. Les débats devraient se concentrer sur les témoignages, les expertises et les aveux présumés rapportés par d’anciens codétenus. La défense de Martin Ney pourrait mettre en avant l’absence de preuves directes reliant son client à l’enfant, tandis que l’accusation s’appuiera sur les éléments concordants accumulés depuis 2017. Les proches de la victime, ainsi que l’opinion publique, attendent des réponses, mais l’issue du procès ne permettra sans doute pas de clore définitivement toutes les interrogations.

Les débats devraient se poursuivre jusqu’au 5 juin 2026, date à laquelle la cour d’assises de Loire-Atlantique rendra son verdict. En attendant, le procès rappelle l’importance d’une coopération internationale dans les enquêtes criminelles, surtout lorsque les victimes sont mineures et que les coupables peuvent opérer à l’étranger.