La Knesset, le Parlement israélien, a été dissoute mercredi 20 mai 2026 à une large majorité de 110 voix sur 120, selon Courrier International. Ce vote ouvre la voie à des élections législatives anticipées, déclenchant officiellement le début d’une campagne électorale que le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a qualifiée de « déjà en cours » dès le lendemain du scrutin.
Ce qu'il faut retenir
- Dissolution de la Knesset : votée à 110 voix pour sur 120, mercredi 20 mai 2026.
- Crise politique : la coalition du Premier ministre Benyamin Nétanyahou est fragilisée par un désaccord avec les partis ultraorthodoxes sur le projet de loi controversé concernant l’exemption militaire des étudiants en yeshiva.
- Date clé : le 12 mai 2026, Nétanyahou a annoncé ne pas pouvoir réunir une majorité pour voter le texte, déclenchant une réaction immédiate des alliés ultraorthodoxes.
- Réaction des alliés : le rabbin Dov Lando, leader spirituel d’une faction ultraorthodoxe, a appelé dès le 13 mai à dissoudre la Knesset « dès que possible ».
- Stratégie de Nétanyahou : le Premier ministre a tenté de sauver sa majorité en déposant un texte de dissolution pour contourner l’impasse.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions prolongées au sein de la coalition gouvernementale, notamment avec les partis ultraorthodoxes. Ces derniers réclament depuis des mois une exemption militaire pour les jeunes hommes étudiant dans les écoles talmudiques, une mesure vivement contestée par une partie de la société israélienne et par l’opposition. « La campagne électorale a commencé aujourd’hui », a affirmé mercredi Yaïr Lapid, leader du parti Yesh Atid, lors d’une déclaration rapportée par Courrier International.
La crise s’est cristallisée le 12 mai 2026, lorsque Benyamin Nétanyahou a informé ses partenaires ultraorthodoxes de l’échec de ses tentatives pour faire adopter le projet de loi sur l’exemption militaire. Une annonce qui a provoqué une réaction en chaîne. Dès le lendemain, le rabbin Dov Lando, figure spirituelle influente au sein de l’une des principales factions ultraorthodoxes, a appelé ses députés à « faire en sorte de dissoudre la Knesset dès que possible ». Une position qui, combinée aux voix de l’opposition, a suffi à former une majorité parlementaire en faveur de la dissolution.
« La situation est devenue intenable », a souligné un analyste politique israélien, cité par Courrier International. « Les ultraorthodoxes ont estimé que Nétanyahou ne pouvait plus garantir leurs intérêts au sein de la coalition, et ont préféré prendre le risque d’élections anticipées plutôt que de continuer à négocier dans une impasse. » Selon le Jerusalem Post, cette crise reflète une fracture profonde au sein de la majorité, où les partis religieux pèsent d’un poids déterminant, notamment sur les questions de société et de défense.
Un projet de loi au cœur des tensions
Le texte controversé sur l’exemption militaire des étudiants en yeshiva cristallise les divisions depuis des mois. Les ultraorthodoxes, représentant environ 12 % de la population israélienne, revendiquent depuis des décennies une exemption de service militaire, arguant que leurs études religieuses justifient cette dispense. Une position que rejettent une grande partie des Israéliens, pour qui l’égalité devant la loi et le service militaire constituent un pilier de l’identité nationale.
La guerre lancée le 7 octobre 2023 contre le Hamas à Gaza a encore exacerbé ces tensions. Alors que le pays mobilise des ressources considérables pour soutenir l’effort de guerre, la question de l’exemption militaire est devenue un sujet explosif. « Comment justifier que certains jeunes échappent au devoir national en temps de guerre ? », s’interrogeait récemment un éditorial du Haaretz, selon Courrier International. Une question qui a contribué à radicaliser les positions des deux camps.
Face à l’impossibilité de faire adopter son projet de loi, Nétanyahou a tenté de sauver les meubles en proposant une dissolution de la Knesset, une manœuvre politique risquée. En effet, des élections anticipées pourraient renforcer les partis opposés à sa coalition, notamment ceux qui militent pour une société plus laïque et pour l’égalité devant le service militaire. « C’est un pari dangereux », a commenté un observateur politique. « Si la droite et les religieux perdent des sièges, la coalition pourrait devenir ingouvernable. »
Des élections anticipées dans un contexte de guerre prolongée
Les prochaines élections, dont la date reste à déterminer, se dérouleront dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis plus de deux ans et demi, Israël est engagé dans un conflit à Gaza, mais aussi sur d’autres fronts, notamment au Liban avec le Hezbollah. Ces tensions régionales ajoutent une dimension supplémentaire à ce scrutin, où les questions de sécurité et de défense domineront probablement le débat politique.
Pour Yaïr Lapid, ces élections représentent une opportunité de redéfinir l’agenda politique israélien. « Les Israéliens doivent choisir entre un gouvernement qui divise le pays et une alternative qui rassemble », a-t-il déclaré, selon Courrier International. Son parti, Yesh Atid, milite pour une société plus inclusive et pour la fin des privilèges accordés aux ultraorthodoxes.
La guerre à Gaza et les tensions avec le Hezbollah devraient rester au cœur des débats. Les électeurs seront appelés à trancher entre une ligne dure, défendue par Nétanyahou et ses alliés, et une approche plus pragmatique, prônée par l’opposition. Une chose est sûre : ces élections pourraient redessiner le paysage politique israélien, avec des conséquences majeures sur la société et la sécurité du pays.
La dissolution a été approuvée par 110 députés sur 120 en raison d’une alliance entre l’opposition et les partis ultraorthodoxes, mécontents de l’incapacité de Benyamin Nétanyahou à faire adopter le projet de loi sur l’exemption militaire des étudiants en yeshiva. Le rabbin Dov Lando, leader spirituel d’une faction ultraorthodoxe, a directement appelé à dissoudre la Knesset dès le 13 mai 2026, selon Courrier International.
La dissolution doit encore être promulguée officiellement dans les prochains jours. Le président israélien, Isaac Herzog, fixera ensuite la date du scrutin, probablement dans un délai de 90 jours. Les partis devront déposer leurs listes de candidats et mener campagne dans un contexte de guerre à Gaza et de tensions régionales.