La cérémonie des Trophées LFFP, qui récompense chaque année les meilleures performances du football féminin professionnel en France, s’est tenue ce lundi 19 mai 2026 au Pavillon Gabriel à Paris. Pourtant, aucune joueuse du Paris Saint-Germain n’y a assisté, alors que plusieurs d’entre elles figuraient parmi les nommées. Selon RMC Sport, cette absence volontaire s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes au sein du club francilien, marqué par une saison difficile et des décisions controversées de la Ligue.
Ce qu'il faut retenir
- Les joueuses du PSG ont boycotté la cérémonie des Trophées LFFP, organisée le 19 mai 2026 à Paris, malgré leurs nominations.
- Cette absence est justifiée par une « absence de motivation à célébrer », après l’élimination du club en demi-finale de Première Ligue face au Paris FC (0-1, le 16 mai 2026).
- Un malus de 9 points infligé en décembre 2025 par la LFFP, lié à une irrégularité administrative autour de la licence de Florianne Jourde, pourrait également expliquer ce geste.
- Seul le directeur sportif Angelo Castellazzi représentait le PSG lors de l’événement.
- Sakina Karchaoui, capitaine et nommée parmi les meilleures joueuses, a assisté à des événements médiatiques en marge du festival de Cannes, suscitant des interrogations sur ses priorités.
- Les joueuses de l’OL, également absentes, préparent désormais leurs finales de Ligue des champions (contre Barcelone) et de Première Ligue (contre le Paris FC).
Un boycott motivé par l’amertume sportive et administrative
L’élimination du PSG en demi-finale de Première Ligue face au Paris FC, survenue le 16 mai 2026, a laissé un goût amer au sein du club. Selon une source proche du groupe, les joueuses n’avaient « pas la tête à faire la fête » ce lundi soir, préférant éviter une cérémonie perçue comme une vitrine de leurs rivales directes. « La défaite face au Paris FC reste une blessure ouverte », confie-t-on au sein de l’entourage parisien. Bref, l’absence des Lionnes ne relève pas du hasard, mais d’un choix assumé dans un contexte de rivalité exacerbée.
Cette décision intervient aussi dans un climat de mécontentement plus large. En décembre 2025, la LFFP avait infligé un malus de 9 points au PSG pour une irrégularité administrative concernant la licence de l’ancienne joueuse Florianne Jourde, aujourd’hui membre du staff technique. Une sanction qui a pesé lourdement dans le classement final et contribué à priver le club d’une qualification européenne. « Le timing de ce boycott est révélateur », estime un observateur du football féminin. « Il envoie un signal fort aux instances dirigeantes, même si le club n’a pas officiellement revendiqué cette protestation. »
Des priorités divergentes pour les joueuses nommées
Parmi les joueuses du PSG nommées aux Trophées LFFP figuraient Sakina Karchaoui, capitaine et figure emblématique, ainsi que Romée Leuchter et Merveille Kanjiga, toutes deux sélectionnées dans l’équipe type de l’Arkema Première Ligue. Pourtant, Karchaoui a choisi de se rendre à Cannes cette semaine, participant à des événements médiatiques en compagnie notamment d’Élise De Almeida, une autre joueuse parisienne. Une présence médiatique qui a surpris, d’autant que les finales de Ligue des champions et de Première Ligue approchent à grands pas.
Le PSG a malgré tout assuré une représentation minimale lors de la cérémonie, avec la présence de son directeur sportif, Angelo Castellazzi. Une façon pour le club de marquer sa présence sans s’engager davantage. « Le club a envoyé un représentant pour montrer son respect envers la Ligue, mais les joueuses ont fait un choix personnel », précise un porte-parole parisien. Un équilibre subtil entre diplomatie et contestation.
L’OL, absent aussi, mais pour d’autres raisons
Les joueuses de l’Olympique Lyonnais, championnes en titre et habituées à truster les trophées, ont également boudé la cérémonie. Leur absence s’explique avant tout par l’imminence de deux finales majeures : la Ligue des champions féminine, programmée ce 18 mai 2026 à 18h face au FC Barcelone, et la Première Ligue, prévue le 29 mai 2026 à 21h contre le Paris FC. Le club, représenté par son directeur général Vincent Ponsot, a préféré axer ses efforts sur la préparation de ces matchs décisifs.
« Les Lyonnaises sont en pleine concentration sur leurs objectifs sportifs, et une cérémonie de trophées, aussi prestigieuse soit-elle, ne figurait pas en tête de leurs priorités », explique un membre de l’encadrement lyonnais. Une stratégie qui contraste avec l’attitude parisienne, où le boycott semble relever davantage d’une protestation que d’un simple choix logistique.
« Les joueuses du PSG n’avaient pas la tête à célébrer après une saison aussi mouvementée. Entre l’élimination en demi-finale et le malus administratif, l’ambiance n’y était tout simplement pas. » — Une source proche du club parisien, citée par RMC Sport
Un football féminin en pleine mutation, entre succès et contestations
L’absence des joueuses du PSG et de l’OL aux Trophées LFFP reflète les tensions croissantes au sein du football féminin français. D’un côté, une médiatisation accrue et des performances sportives remarquables, de l’autre, des frustrations liées aux décisions administratives et à la gestion des clubs. Le malus infligé au PSG en décembre 2025 a servi de catalyseur à ce mécontentement, révélant les fractures entre les instances dirigeantes et les acteurs du terrain.
« Le football féminin français est en train de se structurer, mais il reste fragilisé par des règles parfois opaques et des sanctions perçues comme disproportionnées », analyse un expert du secteur. « Les joueuses, de plus en plus médiatisées et influentes, n’hésitent plus à prendre la parole pour défendre leurs intérêts. » Un phénomène qui pourrait s’amplifier dans les mois à venir, notamment avec l’approche des grandes compétitions internationales.
La saison 2025-2026 s’achève sous le signe des tensions, mais aussi de l’exigence. Entre performances sportives et combats administratifs, les joueuses, de plus en plus visibles et influentes, semblent déterminées à façonner l’avenir du football féminin en France. Leur absence aux Trophées LFFP n’était peut-être que le début d’une dynamique de contestation plus large.
Le PSG affronte le Paris FC en finale de Première Ligue le 29 mai 2026 à 21h. Si les Parisiennes remportent ce match, elles pourraient également jouer une finale de Coupe de France dans les semaines suivantes, selon leur parcours en compétition nationale.
Le malus de 9 points a été prononcé en décembre 2025 pour une irrégularité administrative concernant la licence de Florianne Jourde, une ancienne joueuse désormais membre du staff technique du club. Cette sanction a fortement impacté le classement final du PSG en Première Ligue.