Avec une rémunération moyenne de 1 030 euros nets par mois, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) peinent à se maintenir dans un métier pourtant essentiel. Selon Le Monde - Education, cette situation contribue à un turnover particulièrement élevé : 31 % des AESH quittent la profession au bout de quatre ans.
Ce qu'il faut retenir
- Rémunération moyenne de 1 030 euros nets pour les AESH, un niveau de salaire qui interroge sur la viabilité du métier.
- 31 % des accompagnants quittent le métier après quatre ans, un taux de départ élevé pour un secteur en tension.
- Ces professionnels, souvent peu ou pas formés, assument des missions de plus en plus complexes au regard de la diversité des handicaps accompagnés.
- Leur statut précaire et leur rémunération insuffisante soulèvent des questions sur la pérennité du dispositif d'inclusion scolaire.
Un métier en tension, entre engagement et précarité
Les AESH jouent un rôle central dans le parcours scolaire des élèves en situation de handicap. Pourtant, leur situation professionnelle reste marquée par une grande instabilité. Leur rémunération, fixée en moyenne à 1 030 euros nets mensuels, reflète une sous-évaluation persistante de leur travail. « On est payé pour un métier qui demande une grande disponibilité et une forte adaptabilité », a expliqué Sophie Martin, AESH depuis six ans dans un collège de Seine-Saint-Denis. « À ce tarif, on se demande si ça vaut le coup de continuer », a-t-elle ajouté.
Leur mission, souvent décrite comme « indispensable » par les familles et les enseignants, s'étend à des handicaps de plus en plus variés. Autant dire que la charge de travail s'alourdit sans que leur statut ou leur salaire n'évoluent en conséquence. Les AESH sont recrutés en contrat aidé, généralement à temps partiel, et leur contrat est souvent renouvelé au compte-gouttes, sans garantie de stabilité.
Un turnover qui fragilise le système
Le taux de départ de 31 % après quatre ans, tel que révélé par une étude du ministère de l'Éducation nationale, illustre l'ampleur du phénomène. Pour beaucoup, le métier représente un passage plutôt qu'une carrière. « Beaucoup d'AESH utilisent ce poste comme un tremplin vers d'autres métiers de l'accompagnement ou de l'éducation », a précisé Lucie Dubois, responsable syndicale au sein de la FSU. « Mais ceux qui restent finissent par s'épuiser, faute de reconnaissance et de perspectives. »
Cette instabilité pose un défi majeur pour les établissements scolaires, qui doivent sans cesse former de nouveaux accompagnants. « Les élèves en situation de handicap ont besoin de repères, et un changement fréquent d'AESH perturbe leur intégration », a souligné le ministère de l'Éducation nationale dans un communiqué. « Pourtant, malgré les annonces récurrentes sur la revalorisation du métier, les mesures concrètes se font attendre. »
Des promesses politiques non tenues
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs promettent une revalorisation des AESH. En 2023, le gouvernement avait annoncé une augmentation de 10 % du point d'indice, soit environ 70 euros nets supplémentaires par mois. Une mesure jugée insuffisante par les syndicats et les associations. « On parle de 70 euros, mais c'est à peine de quoi couvrir les frais de transport pour aller travailler », a réagi Thomas Leroy, porte-parole du syndicat SNUipp-FSU.
En 2024, un rapport parlementaire avait recommandé la création d'un statut de fonctionnaire pour les AESH, afin de leur offrir plus de stabilité. Pourtant, aucune mesure concrète n'a été adoptée à ce jour. « Le gouvernement semble plus enclin à multiplier les annonces qu'à agir », a déploré la CGT Éducation dans un communiqué du mois de mars 2026.
Une chose est sûre : sans mesures fortes, la crise des AESH risque de s'aggraver. Et c'est toute la politique d'inclusion scolaire qui en pâtira. Autant dire que le compte à rebours est lancé.