Selon Le Monde - Education, un tiers des enseignants interrogés par le collectif Éducation contre les LGBTIphobies en milieu scolaire ont constaté des dérives dans la mise en œuvre des programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Cette alerte, formulée dans une tribune publiée au Monde, révèle des inégalités persistantes entre les établissements dans l’application de ces enseignements obligatoires depuis 2018.
Ce qu’il faut retenir
- 33 % des enseignants déclarent avoir observé des dérives dans l’application des programmes d’éducation à la vie affective et sexuelle.
- Ces programmes, obligatoires depuis 2018, visent à aborder la sexualité, les relations affectives et la lutte contre les discriminations.
- Le collectif Éducation contre les LGBTIphobies dénonce des inégalités entre établissements, notamment en fonction de leur localisation ou de leur type (public/privé).
- Les dérives signalées incluent des refus d’aborder certains thèmes ou une mise en œuvre superficielle.
Des programmes obligatoires mais inégalement appliqués
Depuis 2018, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) est intégrée aux programmes scolaires en France, comme le rappelle Le Monde - Education. Pourtant, son application reste inégale selon les établissements. Le collectif Éducation contre les LGBTIphobies, à l’origine de la tribune, met en lumière les obstacles rencontrés sur le terrain. Un tiers des enseignants interrogés ont signalé des problèmes concrets, allant du manque de formation des intervenants à des refus d’aborder des sujets comme l’homophobie ou la transidentité.
Ces disparités s’expliquent en partie par le manque de moyens alloués. Certains établissements, notamment en zones rurales ou défavorisées, peinent à recruter des intervenants spécialisés. D’autres, par conviction ou par manque de sensibilisation, minimisent l’importance de ces enseignements. « Il y a une méconnaissance des enjeux, et parfois une réticence à aborder ces sujets avec les élèves », explique un enseignant cité dans la tribune.
Les LGBTIphobies au cœur des dérives
Le collectif Éducation contre les LGBTIphobies alerte particulièrement sur les lacunes concernant la lutte contre les discriminations. Selon leurs observations, certains établissements évitent sciemment d’évoquer l’homosexualité, la bisexualité ou la transidentité, par crainte de réactions ou par manque de préparation des équipes éducatives. Près de 20 % des signalements concernent des refus d’aborder ces thèmes, malgré leur inclusion dans les programmes officiels.
« Ces dérives sont d’autant plus préoccupantes que les jeunes LGBTI+ sont deux fois plus exposés aux violences et au mal-être à l’école », souligne le collectif. Les enseignants interrogés rapportent aussi des cas de moqueries ou de harcèlement envers des élèves en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, sans que les programmes ne permettent d’y répondre efficacement.
Des solutions envisagées pour uniformiser les pratiques
Face à ces constats, le collectif Éducation contre les LGBTIphobies appelle à une harmonisation des pratiques. Parmi les pistes évoquées : un renforcement de la formation des enseignants et des intervenants extérieurs, ainsi qu’un suivi plus strict de l’application des programmes. « Il faut combler les inégalités entre les établissements », insiste le collectif dans sa tribune. Une demande relayée par plusieurs associations, dont la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs (Fnepe).
Le ministère de l’Éducation nationale, contacté par Le Monde - Education, n’a pas encore réagi officiellement à ces critiques. Pourtant, le sujet avait été évoqué lors des dernières assises de la vie lycéenne, en novembre 2025, où plusieurs élèves avaient souligné des lacunes similaires.
Ces enseignements, bien que centraux pour la santé et le bien-être des élèves, restent donc un chantier inachevé. Leur généralisation uniforme pourrait prendre encore plusieurs années, tant les résistances locales et les moyens limités freinent leur mise en œuvre.
Selon les programmes officiels, les thèmes incluent la sexualité, les relations affectives, la prévention des violences sexistes et sexuelles, ainsi que la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Ces enseignements doivent être dispensés à tous les niveaux, de l’école primaire au lycée.