Selon Le Monde - Education, quelque 370 familles d’accueil réparties sur l’ensemble du territoire français hébergent, chaque année, des mineurs sanctionnés par la justice. Une solution qui vise à les « aider à s’en sortir » en combinant recadrage éducatif et reconstruction d’un lien social. Une mission complexe, alors que le ministère de la Justice lance une nouvelle campagne de recrutement pour étoffer ce dispositif.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministère de la Justice recourt à 370 familles d’accueil pour héberger des mineurs délinquants, selon une enquête du Monde - Education.
  • Ces familles doivent concilier recadrage éducatif et reconstruction d’un lien avec les adolescents placés.
  • Une campagne de recrutement est en cours pour augmenter le nombre de foyers disponibles.
  • Les juges des enfants peuvent imposer ce placement comme alternative à un centre éducatif fermé ou une détention.

Un dispositif encadré par la justice

Lorsqu’un mineur commet une infraction, le juge des enfants dispose de plusieurs options pour sanctionner son acte. Parmi elles, le placement en famille d’accueil figure comme une mesure éducative alternative aux établissements fermés. Le Monde - Education révèle que ce dispositif, bien que moins médiatisé que les centres éducatifs, concerne chaque année des centaines de jeunes en difficulté avec la loi.

Le placement familial relève de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), un service public sous l’égide du ministère de la Justice. Les familles volontaires s’engagent à accueillir un adolescent pour une durée déterminée, souvent plusieurs mois, le temps de lui offrir un cadre stable et bienveillant. Autant dire que cette mission exige un équilibre délicat entre fermeté et accompagnement.

Un rôle clé pour la réinsertion

Les familles d’accueil ne se contentent pas d’héberger : elles deviennent des référents éducatifs au quotidien. « On ne fait pas du gardiennage, on fait de l’éducation », souligne une famille interrogée par Le Monde - Education. Les adolescents placés, souvent issus de milieux précaires ou en rupture familiale, bénéficient ainsi d’un environnement structurant. Le but ? Leur permettre de rompre avec leur parcours délinquant tout en reconstruisant un lien de confiance.

Pourtant, cette solution n’est pas sans défis. Les familles doivent composer avec des profils parfois difficiles, marqués par des antécédents de violences ou de toxicomanie. « Certains jeunes arrivent avec des bagages très lourds », confie une famille d’accueil. La PJJ assure un suivi régulier, mais la charge émotionnelle et pratique reste importante pour ces foyers bénévoles.

Une campagne pour recruter davantage de familles

Face à l’augmentation des placements judiciaires et au vieillissement des familles d’accueil existantes, le ministère de la Justice a lancé, début 2026, une campagne nationale de recrutement. L’objectif ? Doubler, d’ici deux ans, le nombre de foyers disponibles pour répondre à la demande croissante. « Nous cherchons des familles prêtes à s’investir sur le long terme, pas seulement pour quelques semaines », précise un responsable de la PJJ cité par Le Monde - Education.

Les critères de sélection sont stricts : les candidats doivent disposer d’un logement adapté, d’un espace personnel pour l’adolescent et d’une motivation claire pour l’éducation spécialisée. Une formation obligatoire de plusieurs semaines est également prévue avant tout accueil. « On ne s’improvise pas famille d’accueil », rappelle un formateur.

Et maintenant ?

Si la campagne de recrutement porte ses premiers fruits, les familles déjà en place devraient voir leur charge de travail allégée d’ici fin 2027. Reste à savoir si le ministère parviendra à convaincre suffisamment de foyers de s’engager dans cette mission exigeante. Une chose est sûre : le besoin en structures d’accueil pour mineurs délinquants ne fera que croître, dans un contexte où la délinquance juvénile reste un enjeu de société.

Pour l’heure, les familles d’accueil continuent de jouer un rôle discret mais essentiel dans la chaîne éducative. Leur travail, souvent méconnu, pourrait bien faire la différence pour des centaines de jeunes en quête de réinsertion.

Les candidats doivent disposer d’un logement adapté, d’un espace personnel pour l’adolescent et suivre une formation obligatoire de plusieurs semaines. Une motivation claire pour l’éducation spécialisée et la disponibilité sur le long terme sont également requises.