Un bourdonnement ou un sifflement inexpliqué dans les oreilles, appelé acouphène, peut survenir brutalement et inquiéter ceux qui en sont victimes. Top Santé fait le point sur les origines possibles de ce symptôme, qui peut être lié à la prise de certains médicaments, à une exposition prolongée au bruit ou à des pathologies sous-jacentes encore non diagnostiquées.
Ce qu'il faut retenir
- Les acouphènes soudains doivent inciter à consulter rapidement un professionnel de santé, selon les spécialistes interrogés par Top Santé.
- Plusieurs classes de médicaments sont associées à un risque accru d’acouphènes, notamment certains antibiotiques, antidépresseurs ou anti-inflammatoires.
- Une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés (concerts, casque audio) représente l’une des causes les plus fréquentes d’acouphènes temporaires ou permanents.
- Certaines maladies, comme l’hypertension ou le diabète, peuvent également favoriser l’apparition de ces sifflements, rappelle Top Santé.
Un symptôme aux multiples origines
Les acouphènes se manifestent par des bruits perçus sans source sonore extérieure : sifflements, bourdonnements, cliquetis ou pulsations. Selon Top Santé, ces manifestations peuvent être temporaires, notamment après une exposition à un volume sonore trop élevé, ou persister dans le temps, devenant alors un véritable handicap au quotidien. Côté médicaments, les spécialistes pointent du doigt plusieurs familles de traitements, dont les effets indésirables incluent des troubles auditifs. Parmi eux figurent les aminoglycosides (antibiotiques), certains diurétiques, ainsi que certains antidépresseurs ou anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Autre cause fréquente : les lésions des cellules ciliées de l’oreille interne, souvent liées à une exposition répétée à des bruits intenses. Bref, autant dire que les acouphènes ne doivent jamais être ignorés, insiste Top Santé. Leur apparition brutale peut en effet révéler une pathologie nécessitant une prise en charge rapide, comme une otospongiose, une maladie de Ménière ou une hypertension artérielle mal contrôlée.
Des examens pour identifier la cause
Face à un acouphène soudain, la première étape consiste à consulter un médecin généraliste ou un ORL. Celui-ci pourra réaliser un examen clinique complet, incluant une audiométrie pour évaluer le niveau d’audition. Top Santé souligne que des examens complémentaires, comme une IRM ou un bilan sanguin, peuvent être nécessaires pour écarter des causes neurologiques, vasculaires ou métaboliques. « Les acouphènes ne sont pas une fatalité », explique le Dr Martin Lefèvre, ORL à l’hôpital Saint-Louis à Paris. « Leur prise en charge dépend avant tout de leur cause sous-jacente, d’où l’importance d’un diagnostic précis. »
Dans certains cas, le simple fait de réduire ou d’arrêter un traitement suspect peut suffire à faire disparaître les symptômes. D’autres fois, une prise en charge pluridisciplinaire (ORL, cardiologue, endocrinologue) s’avère indispensable. Top Santé rappelle que les acouphènes chroniques touchent environ 15 % de la population française, avec une prévalence plus élevée chez les personnes âgées de plus de 65 ans.
Prévenir plutôt que guérir
Pour limiter les risques d’acouphènes, Top Santé recommande de protéger ses oreilles lors d’expositions à des bruits forts, en utilisant des bouchons d’oreilles ou un casque anti-bruit. Il est également conseillé de limiter la durée et le volume d’écoute avec des écouteurs, surtout dans les transports en commun. Côté médicaments, les patients doivent toujours informer leur médecin de tout antécédent d’acouphènes avant de commencer un nouveau traitement.
Certaines études suggèrent par ailleurs qu’une alimentation riche en magnésium et en vitamines B pourrait jouer un rôle protecteur. « Une bonne hygiène de vie, incluant un sommeil régulier et une activité physique modérée, contribue également à réduire les facteurs de risque », précise le Dr Lefèvre. Top Santé note que les acouphènes peuvent aussi être aggravés par le stress ou l’anxiété, d’où l’intérêt d’une prise en charge globale.
En attendant, les spécialistes rappellent qu’un acouphène brutal justifie une consultation en urgence, surtout s’il s’accompagne de vertiges ou d’une baisse soudaine de l’audition. « Mieux vaut consulter trop tôt que trop tard », conclut le Dr Lefèvre.