Selon Libération, moins de trois mois avant le décès de la collégienne Lyhanna à Fleurance, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) avait transmis un signalement à la justice après des accusations graves formulées par une adolescente placée en foyer. Pourtant, ces alertes n’ont eu aucune conséquence pour Jérôme B., aujourd’hui suspect principal dans cette affaire. L’avocate de la jeune fille annonce que sa cliente compte désormais porter plainte.
Ce qu'il faut retenir
- En mars 2026, l’ASE avait alerté la justice après des accusations graves portées par une adolescente placée en foyer.
- Ces signalements n’ont eu aucune incidence sur le statut de Jérôme B., suspect dans l’affaire Lyhanna.
- La jeune fille, aujourd’hui majeure, s’apprête à porter plainte contre Jérôme B., d’après son avocate.
- Les accusations initiales, transmises par l’ASE, concernaient des faits graves impliquant l’adolescente et Jérôme B.
Un premier signalement sans effet sur l’enquête
Les documents transmis par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) au parquet de Fleurance en mars 2026 évoquaient des accusations portées par une mineure placée en foyer. Cette dernière aurait subi des actes graves de la part de Jérôme B., aujourd’hui mis en cause dans la mort de Lyhanna. Pourtant, malgré la gravité des faits rapportés, ces signalements n’ont pas conduit à des mesures immédiates contre le suspect. L’enquête judiciaire n’a, semble-t-il, pas été relancée à la suite de ces alertes, malgré leur caractère urgent.
L’adolescente, désormais majeure, a confié à son avocate son intention de formaliser une plainte. Cette démarche pourrait permettre de réexaminer son témoignage dans le cadre de l’affaire Lyhanna, où son sort est désormais lié à celui de Jérôme B. Pour l’instant, les motivations précises de la jeune fille n’ont pas été détaillées, mais son avocate souligne que ces accusations sont prises au sérieux.
Le contexte de l’affaire Lyhanna
Lyhanna, collégienne de 14 ans, est décédée en juin 2026 à Fleurance, dans le Gers. Son décès a suscité une vive émotion locale et a conduit à l’ouverture d’une enquête pour homicide. Jérôme B., connu des services sociaux et judiciaires, est rapidement devenu un suspect majeur. Plusieurs éléments, dont des témoignages et des traces matérielles, ont conduit les enquêteurs à le placer en garde à vue avant de le laisser libre sous contrôle judiciaire en attendant la suite des investigations.
L’intervention de l’ASE en mars 2026, via un signalement transmis à la justice, aurait pu servir de base à une protection immédiate de la jeune victime ou de témoins potentiels. Or, l’absence de suite donnée à ce signalement interroge les observateurs, d’autant que la collégienne est décédée quelques semaines plus tard. L’avocate de la plaignante actuelle a indiqué que sa cliente était prête à coopérer pleinement avec la justice pour faire la lumière sur ces faits.
« Ma cliente a décidé de porter plainte après des mois de silence et d’inaction. Elle espère que sa démarche permettra enfin d’obtenir justice. »
Les prochaines étapes judiciaires
La plainte annoncée par la jeune femme pourrait relancer les investigations dans l’affaire Lyhanna. Les enquêteurs pourraient être amenés à réinterroger Jérôme B. sur ses liens avec les deux adolescentes concernées par les signalements. Une confrontation entre les versions des parties pourrait également être envisagée, bien que cette procédure reste exceptionnelle. La justice devra également déterminer si les accusations de la mineure placée en foyer sont recevables et si elles peuvent être jointes à l’information judiciaire en cours.
Par ailleurs, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) pourrait faire l’objet d’un examen interne pour comprendre pourquoi le signalement de mars 2026 n’a pas eu de suite concrète. Des dysfonctionnements dans la chaîne de protection de l’enfance pourraient être pointés du doigt, d’autant que des associations spécialisées ont déjà alerté sur les lacunes du système dans ce département.
Cette affaire rappelle les enjeux cruciaux de la protection de l’enfance et de la réactivité des institutions face aux alertes. Alors que l’émotion reste vive dans la région, la justice dispose désormais d’un levier supplémentaire pour faire avancer l’enquête. Reste à savoir si ces nouveaux éléments permettront d’apporter des réponses définitives aux familles et à la société.
D’après Libération, les signalements transmis par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) à la justice en mars 2026 n’ont pas conduit à des mesures immédiates contre Jérôme B. Les raisons exactes de cette absence de suite n’ont pas été détaillées publiquement. Plusieurs hypothèses sont avancées : une sous-évaluation des risques, un manque de preuves à l’époque, ou encore des lenteurs administratives. L’avocate de la jeune plaignante actuelle a souligné que ces signalements méritaient d’être réexaminés.