Deux jeunes pousses soutenues par la Banque des Startups LCL se distinguent cette semaine dans le secteur spatial. Osmos X et Alatyr, issues de ce programme d’accompagnement, annoncent des avancées significatives dans leurs projets respectifs, l’un à Toulouse et l’autre dans l’espace. Selon BFM Business, ces initiatives illustrent la diversification des acteurs français dans un domaine en pleine expansion.

Ce qu'il faut retenir

  • Osmos X s’installe à Toulouse pour développer son vaisseau orbital à propulsion plasma, une première pour la France.
  • Alatyr, spécialisée dans les data centers spatiaux, lève des fonds pour concrétiser son projet de serveurs en orbite.
  • Ces deux startups ont bénéficié du programme Banque des Startups LCL, un dispositif d’accompagnement financier et stratégique.
  • Leur développement s’inscrit dans une dynamique européenne de souveraineté spatiale et technologique.

Osmos X mise sur Toulouse pour son vaisseau orbital

Côté Osmos X, l’entreprise a officialisé son implantation à Toulouse, capitale européenne de l’aéronautique et du spatial. Selon les déclarations d’Arnaud Masson, cofondateur de l’entreprise, cette localisation stratégique permet de bénéficier d’un écosystème industriel et académique unique en Europe. Le projet phare d’Osmos X consiste à construire un vaisseau orbital propulsé par un moteur à plasma, une technologie encore rare dans le secteur. Arnaud Masson a précisé que les premiers tests pourraient débuter d’ici 2027, sous réserve des financements nécessaires.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté de réduire la dépendance européenne aux lanceurs américains et russes pour les missions orbitales. Toulouse, déjà reconnue pour son expertise en ingénierie aérospatiale, devient ainsi le berceau d’une innovation majeure. Le projet est soutenu par des partenariats locaux, notamment avec des laboratoires du CNRS et des acteurs industriels comme Airbus Defence and Space.

Alatyr rêve de data centers dans l’espace

De son côté, Alatyr mise sur une solution radicalement différente : des data centers en orbite terrestre. Selon Emeric Lhomme, fondateur de l’entreprise, cette approche permettrait de réduire considérablement la consommation énergétique des serveurs tout en offrant une latence quasi nulle pour les utilisateurs. Emeric Lhomme a expliqué que les data centers traditionnels consomment près de 1 % de l’électricité mondiale, un chiffre appelé à exploser avec l’essor de l’intelligence artificielle.

Le projet d’Alatyr prévoit des serveurs autonomes alimentés par des panneaux solaires et refroidis par le vide spatial. Une première démonstration technique est prévue pour 2028, mais l’entreprise devra convaincre des investisseurs privés et publics de l’accompagner. La startup, issue de la Banque des Startups LCL, a déjà levé 10 millions d’euros auprès de fonds spécialisés dans les deep tech. Si le concept se concrétise, il pourrait révolutionner l’infrastructure numérique mondiale.

La Banque des Startups LCL, un tremplin pour l’innovation

Ces deux projets bénéficient du soutien de la Banque des Startups LCL, un programme lancé en 2018 pour accompagner les jeunes entreprises innovantes en France. Selon BFM Business, plus de 500 startups ont déjà été soutenues par ce dispositif, qui combine prêts à taux zéro, mentorat et accès à un réseau d’experts. Parmi les succès passés, on compte des entreprises comme Qarnot Computing, spécialisée dans le chauffage par serveurs informatiques.

Pour les deux startups spatiales, l’enjeu est double : financer leurs prototypes et séduire des partenaires industriels capables de les aider à industrialiser leurs solutions. La Banque des Startups LCL joue ici un rôle clé en facilitant l’accès à des marchés traditionnellement réservés aux géants du secteur. Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits d’ici cinq à dix ans, une échéance réaliste pour ce type de projets.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour Osmos X et Alatyr. Pour la première, l’objectif est de finaliser la conception de son moteur à plasma d’ici fin 2026, avant d’engager les premières phases de tests. Pour Alatyr, une levée de fonds supplémentaire de 20 millions d’euros est prévue d’ici la fin de l’année, afin de financer la construction d’un premier démonstrateur spatial. Les deux entreprises devraient également bénéficier des retombées du Sommet spatial européen, prévu en septembre 2026 à Séville, où la souveraineté spatiale sera au cœur des débats.

Si ces projets aboutissent, ils pourraient positionner la France comme un acteur clé dans deux segments stratégiques : les véhicules orbitaux et l’infrastructure numérique spatiale. Une avancée qui, si elle se confirme, marquera une étape supplémentaire dans la course technologique mondiale.

Les data centers spatiaux permettent de réduire la consommation énergétique de 90 % grâce à l’absence d’atmosphère pour le refroidissement et à l’utilisation de panneaux solaires en orbite. Ils offrent également une latence quasi nulle pour les utilisateurs, un avantage crucial pour les applications en temps réel comme l’intelligence artificielle ou les marchés financiers.