Découvrir, en relisant ses échanges, qu’on est systématiquement celui qui envoie les premiers messages peut s’avérer douloureux. Selon Top Santé, ce déséquilibre dans les relations amicales, où l’un des deux partenaires ne répond qu’épisodiquement, voire jamais, pèse lourdement sur la santé mentale des personnes concernées.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude Top Santé met en lumière l’impact négatif sur le bien-être psychologique lorsque l’un des amis est constamment à l’initiative des échanges.
  • Ce déséquilibre peut générer de l’anxiété, un sentiment de rejet et une remise en question de la valeur de soi.
  • Les femmes semblent plus affectées que les hommes par cette situation, selon les observations rapportées.
  • Les plateformes de messagerie instantanée, comme WhatsApp ou Messenger, exacerbent ce phénomène en facilitant l’envoi de messages sans obligation de réponse immédiate.

Un phénomène qui touche surtout les jeunes adultes

D’après Top Santé, ce déséquilibre dans les échanges amicaux est particulièrement marqué chez les 18-35 ans. Les raisons avancées ? Une dépendance accrue aux réseaux sociaux et une pression sociale pour maintenir un réseau de contacts actifs. « Les jeunes générations sont souvent en quête de validation sociale, ce qui les pousse à initier plus de conversations », explique la psychologue clinicienne Sophie Marin, citée par Top Santé. Elle ajoute que cette tendance s’inscrit dans un contexte où l’image de soi est largement liée à l’activité en ligne.

Des conséquences psychologiques mesurables

Les effets de cette dynamique unilatérale ne se limitent pas à une simple frustration. Selon Top Santé, les personnes concernées développent plus fréquemment des symptômes d’anxiété ou de dépression. Une enquête menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en 2025 confirme cette corrélation : 62 % des répondants ayant déclaré subir ce déséquilibre ont rapporté un niveau de stress élevé. Parmi eux, 41 % ont évoqué un sentiment de solitude persistante, malgré la présence de contacts en ligne.

Pourquoi certains ne répondent-ils jamais ?

Plusieurs facteurs expliquent ce manque de réciprocité. D’abord, le temps passé sur les écrans : selon une étude Médiamétrie de 2024, un Français consacre en moyenne 2h30 par jour à sa messagerie instantanée, mais seulement 30 % de ce temps est consacré à répondre activement. « Beaucoup de personnes n’ont simplement pas le temps ou l’énergie de répondre à tous leurs contacts », souligne le sociologue Jean-Luc Bertrand, auteur d’une recherche sur les usages numériques. Par ailleurs, certaines personnes privilégient les interactions en face-à-face, laissant leurs messages sans réponse par choix.

Que faire face à cette situation ?

Face à ce constat, Top Santé recommande de clarifier ses attentes avec ses proches. Une communication ouverte peut éviter les malentendus et préserver la relation. « Il est important de ne pas interpréter le silence comme un rejet », rappelle Sophie Marin. Elle conseille également de diversifier ses sources de soutien social, en investissant dans des activités ou des cercles relationnels où l’échange est plus équilibré.

Et maintenant ?

Des chercheurs de l’Université de Strasbourg devraient publier d’ici fin 2026 une étude sur les stratégies d’adaptation mises en place par les personnes touchées par ce phénomène. Leurs travaux pourraient orienter des recommandations plus précises pour les professionnels de santé mentale. En attendant, les applications de messagerie pourraient-elles intégrer des fonctionnalités pour encourager les réponses ? Rien n’est moins sûr, mais la question commence à émerger dans les débats sur l’usage des réseaux sociaux.

Reste à voir si les plateformes prendront des mesures pour limiter l’impact psychologique de ce déséquilibre relationnel. En attendant, les utilisateurs doivent composer avec une réalité où l’absence de réponse n’est pas toujours synonyme d’indifférence.

D’après Top Santé, une amitié devient toxique lorsque la personne concernée ressent régulièrement de la tristesse, de la frustration ou une baisse d’estime de soi après les échanges. Si les tentatives pour rétablir un équilibre échouent systématiquement, il peut être judicieux d’envisager une distance ou une clarification avec cette relation.