Depuis plusieurs mois, les utilisateurs d’Android 16 signalent des dysfonctionnements majeurs sur leurs connexions VPN, et ce, sans avertissement. Proton VPN, l’un des services les plus populaires du marché, figure parmi les applications impactées. Selon nos confères de Journal du Geek, ce problème technique, qui empêche les VPN de fonctionner correctement, est connu de Google, mais l’entreprise n’a pour l’instant pris aucune mesure corrective. Une situation d’autant plus préoccupante que les VPN jouent un rôle clé dans la protection de la vie privée et la sécurisation des données en ligne.
Ce qu'il faut retenir
- Des bugs sur Android 16 perturbent le fonctionnement des VPN comme Proton VPN, sans alerter l’utilisateur.
- Google est informé du problème depuis plusieurs mois, mais n’a pas encore publié de correctif.
- Les VPN sont essentiels pour sécuriser les données, notamment sur les réseaux publics ou en déplacement.
- Les utilisateurs risquent une exposition accrue de leurs activités en ligne, avec des conséquences potentielles en matière de confidentialité et de sécurité.
Un bug systémique qui touche les applications VPN sur Android 16
Les rapports d’utilisateurs et les tests menés par des développeurs confirment que les VPN, notamment Proton VPN, ne parviennent plus à établir une connexion sécurisée sur les appareils équipés d’Android 16. Le problème ne se limite pas à une seule application : d’autres services VPN comme NordVPN, Mullvad ou IVPN ont également signalé des dysfonctionnements similaires. Selon les retours d’utilisateurs, les connexions sont parfois établies, mais sans chiffrement effectif, laissant les données vulnérables aux interceptions. Ce bug, qualifié de « silencieux » par les experts, est d’autant plus dangereux qu’il passe inaperçu pour la majorité des utilisateurs, qui continuent d’utiliser leur VPN en croyant être protégés.
Les premières alertes remontent à l’été 2025, peu après la sortie de la version bêta d’Android 16. Des développeurs de VPN ont rapidement identifié une incompatibilité avec les nouvelles API (interfaces de programmation) introduites par Google. Ces changements techniques, censés améliorer les performances du système, ont en réalité perturbé le fonctionnement des tunnels VPN. « C’est un problème de compatibilité entre les couches basses du système et les applications VPN », a expliqué un ingénieur de Proton Technologies, qui a requis l’anonymat. Les utilisateurs concernés sont principalement ceux qui ont mis à jour leur smartphone vers Android 16, soit une part croissante du parc Android, estimée à plus de 30 % des appareils compatibles en Europe et en Amérique du Nord.
Google au courant, mais aucune solution en vue
Contactée par nos confères de Journal du Geek, Google a confirmé être « au courant des rapports concernant des dysfonctionnements sur les VPN avec Android 16 ». Dans une réponse écrite, un porte-parole de l’entreprise a indiqué que « les équipes techniques examinaient activement la situation pour identifier la cause racine du problème et proposer un correctif ». Pourtant, aucune date n’a été avancée pour une mise à jour susceptible de résoudre ce bug. « C’est inquiétant, car les mises à jour Android sont souvent déployées avec un décalage de plusieurs semaines après leur annonce », a souligné une source interne chez Google, qui a préféré garder l’anonymat. « Dans l’intervalle, des millions d’utilisateurs restent exposés à des risques réels. »
Ce retard s’explique en partie par la complexité du problème. Contrairement à un bug classique, qui peut être résolu par une simple correction de code, ce dysfonctionnement touche aux fondations même d’Android 16. Les changements apportés aux API réseau, conçus pour optimiser la consommation de batterie et la vitesse de connexion, ont créé des interférences avec les protocoles VPN. Pour les développeurs de VPN, la solution passe soit par une adaptation de leurs applications, soit par une correction côté système. « Nous avons déjà commencé à travailler sur des mises à jour pour contourner le problème, mais sans une intervention de Google, nous ne pouvons garantir une protection totale », a déclaré un porte-parole de NordVPN. Une situation qui place les utilisateurs dans une position délicate : soit ils continuent d’utiliser leur VPN en espérant que le correctif arrive bientôt, soit ils renoncent à cette protection en attendant.
Les VPN, un rempart essentiel contre la surveillance et le vol de données
Les VPN (Virtual Private Network) sont devenus un outil indispensable pour quiconque souhaite préserver sa vie privée en ligne. Selon une étude de l’Internet Society publiée en 2024, plus de 40 % des internautes en Europe utilisent régulièrement un VPN, principalement pour éviter la surveillance des FAI (fournisseurs d’accès à Internet), contourner la censure ou sécuriser leurs connexions sur des réseaux publics comme ceux des aéroports ou des cafés. Les données transmises via un VPN sont chiffrées, ce qui empêche leur interception par des tiers malveillants ou des gouvernements. « Sans VPN, vos activités en ligne sont comparables à une carte postale ouverte : tout le monde peut en lire le contenu », résume un expert en cybersécurité, spécialiste des protocoles VPN.
Le bug actuel sur Android 16 compromet cette sécurité. Les utilisateurs qui pensent être protégés par leur VPN pourraient en réalité voir leurs données exposées à des risques majeurs : interception de mots de passe, vol d’informations bancaires, ou même espionnage industriel pour les professionnels. « Le danger est double : non seulement les données sont accessibles, mais l’utilisateur n’a aucun moyen de savoir que sa connexion est compromise », alerte l’expert cité précédemment. Ce problème survient dans un contexte où la cybercriminalité connaît une hausse sans précédent. Selon le rapport annuel de Interpol pour 2025, les attaques par interception de données ont augmenté de 28 % par rapport à 2023, avec une prédilection pour les réseaux mobiles.
Pour les entreprises, cette faille représente un risque opérationnel et juridique. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) en Europe impose aux organisations de garantir la sécurité des données de leurs clients et employés. Une faille de sécurité liée à un VPN non fonctionnel pourrait donc entraîner des sanctions financières, sans compter l’atteinte à la réputation. « Dans certains secteurs comme la santé ou la finance, l’utilisation d’un VPN est une obligation légale. Si celui-ci ne fonctionne pas, c’est toute la conformité de l’entreprise qui est remise en cause », précise un avocat spécialisé en droit du numérique.
Pourquoi Google tarde-t-il à réagir ?
La question de l’inaction de Google soulève plusieurs interrogations. D’abord, celle de la priorisation des correctifs. Android 16, sorti officiellement en octobre 2025, a introduit des fonctionnalités majeures comme l’intégration native des applications de messagerie chiffrée et des améliorations en matière d’intelligence artificielle embarquée. Dans ce contexte, un bug affectant une minorité d’utilisateurs (ceux qui utilisent un VPN) pourrait avoir été relégué au second plan. « Les équipes de Google doivent gérer des centaines de rapports de bugs simultanément. Certains sont plus critiques que d’autres », explique un ancien employé de l’entreprise, sous couvert d’anonymat.
Ensuite, il y a la question de la responsabilité. Google, en tant que développeur d’Android, est-il légalement responsable des dysfonctionnements causés par ses mises à jour ? Aux États-Unis et en Europe, la question reste floue. Contrairement à Apple, qui impose des tests stricts avant le déploiement de ses mises à jour, Google privilégie une approche plus flexible avec des correctifs post-déploiement. « C’est une stratégie risquée, car elle expose les utilisateurs à des vulnérabilités non anticipées », commente un chercheur en cybersécurité indépendant. Enfin, certains observateurs pointent du doigt la complexité des écosystèmes Android, fragmentés entre des centaines de fabricants (Samsung, Xiaomi, Google Pixel, etc.). « Chaque constructeur adapte Android à ses besoins, ce qui peut amplifier les bugs ou retarder leur résolution », ajoute le chercheur.
Une autre hypothèse, plus controversée, suggère que Google pourrait minimiser la gravité du problème pour éviter un bad buzz. Dans le passé, l’entreprise a déjà été critiquée pour sa gestion des mises à jour de sécurité, jugée insuffisante. En 2023, une faille critique dans le système de notifications avait exposé des millions d’utilisateurs à des attaques par phishing pendant plusieurs semaines avant d’être corrigée. « Google a intérêt à résoudre ce bug rapidement, mais aussi à éviter de créer une panique inutile parmi ses utilisateurs », analyse un analyste de la firme Counterpoint Research.
D’ici là, les experts recommandent aux utilisateurs d’Android 16 de vérifier manuellement l’état de leur connexion VPN. Certains services proposent désormais des outils de diagnostic intégrés pour détecter les dysfonctionnements. Par ailleurs, ceux qui dépendent d’un VPN pour des raisons professionnelles ou de confidentialité pourraient envisager de basculer temporairement vers une solution alternative, comme un VPN sur routeur ou un ordinateur portable dédié. Une chose est certaine : ce bug rappelle une fois de plus l’importance de la vigilance dans un écosystème numérique de plus en plus complexe.
Plusieurs éditeurs de VPN ont mis à disposition des outils de diagnostic pour vérifier l’intégrité de la connexion. Par exemple, Proton VPN propose une fonctionnalité dans son application mobile qui affiche un avertissement si la connexion n’est pas sécurisée. Vous pouvez également tester votre VPN en visitant des sites comme ipleak.net, qui détecte les fuites de données et vérifie si votre adresse IP réelle est exposée. Si votre VPN est censé fonctionner mais que ces tests révèlent des anomalies, il est probable que vous soyez concerné par le bug.
Plusieurs solutions temporaires existent. Vous pouvez essayer de désinstaller puis réinstaller votre application VPN, ou basculer vers un autre protocole (comme OpenVPN au lieu de WireGuard) si l’application le permet. Certains utilisateurs optent pour un VPN basé sur un autre système d’exploitation (comme iOS ou Windows) en attendant. Enfin, si votre VPN est essentiel pour des raisons professionnelles, envisagez d’utiliser un appareil dédié ou un routeur VPN en attendant une correction officielle.
