Alors que l’astrotourisme connaît un essor sans précédent, marqué par le maximum solaire ayant offert des aurores boréales spectaculaires ces dernières années ou encore la mission Artemis II qui a captivé une nouvelle génération d’amateurs d’espace, un projet ambitieux se profile en Arabie saoudite. Euronews FR révèle en effet la construction prochaine d’un centre d’astrotourisme et d’un lodge dédié à l’observation des étoiles dans le désert d’AlUla, une région déjà réputée pour son patrimoine archéologique et ses paysages uniques.

Ce qu'il faut retenir

  • AlUla Manara, un futur centre d’astrotourisme et de recherche, sera équipé d’un télescope principal de 4 mètres de diamètre et de deux instruments de 2 mètres chacun
  • Le site s’inspirera des formes spiralées des galaxies et des anneaux planétaires, conçus par le studio Heatherwick Studio
  • Le projet inclura un lodge d’observation, un planétarium, des espaces d’exposition et une terrasse panoramique
  • AlUla abrite l’un des premiers Dark Sky Park (parcs de ciel étoilé) du Moyen-Orient
  • Aucune date d’ouverture n’a encore été annoncée pour AlUla Manara, mais des liaisons aériennes intérieures relient déjà la région depuis Riyad, Djeddah, Doha et Dubaï

Un observatoire parmi les plus grands au monde pour démocratiser l’astronomie

Situé à environ 70 kilomètres au nord de la ville d’AlUla, le futur complexe AlUla Manara se positionnera comme un lieu à la fois scientifique et touristique. Avec un télescope principal de 4 mètres de diamètre et deux autres instruments de 2 mètres chacun, il figurera parmi les plus grands observatoires au monde. Le projet, porté par l’autorité royale pour AlUla (RCU), vise à transformer cette région en une destination majeure pour l’astrotourisme, alors que les phénomènes célestes exceptionnels se multiplient.

L’architecture du site, imaginée par le studio britannique Heatherwick Studio, s’inspirera des motifs spiralés observés dans l’espace, comme les galaxies ou les anneaux planétaires. Ces mêmes formes mathématiques se retrouvent également dans la nature, des plantes aux coquillages en passant par les fossiles. Le centre des visiteurs comprendra un planétarium, des espaces d’exposition, un restaurant et une terrasse d’observation accessible depuis le toit, offrant une vue dégagée sur le ciel nocturne.

Un lieu conçu pour briser les barrières entre science et grand public

Stuart Wood, associé exécutif et responsable de groupe chez Heatherwick Studio, a souligné l’ambition du projet : « Les observatoires spatiaux sont souvent des lieux reculés et aseptisés, des avant-postes techniques qui semblent éloignés du grand public. Avec AlUla Manara, nous avons souhaité créer un espace où les visiteurs peuvent s’immerger dans les merveilles du cosmos, dans un environnement à la fois inspirant et accessible ». L’enjeu est de rendre l’astronomie plus tangible pour le public, alors que les événements célestes comme les éclipses ou les aurores boréales attirent toujours plus de passionnés.

Le mot « Manara », qui signifie « phare » en arabe, reflète cette volonté de guider les visiteurs vers une meilleure compréhension de l’univers. Le site s’ajoutera à la liste des destinations phares pour l’observation des étoiles, comme le Portugal, où certaines régions sont déjà reconnues comme les meilleures d’Europe pour admirer la voûte céleste.

AlUla, une région déjà tournée vers les étoiles

Si AlUla est mondialement connue pour le site archéologique de Hegra, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, la région abrite également l’un des premiers parcs de ciel étoilé (« Dark Sky Park ») du Moyen-Orient. Ces espaces protégés, où la pollution lumineuse est minimale, offrent des conditions idéales pour l’observation astronomique. Le projet AlUla Manara s’inscrit dans cette dynamique, en combinant préservation du ciel nocturne et innovation architecturale.

Le complexe prévoit également la construction de logements sur place, dont un lodge entièrement dédié à l’observation des étoiles. Les visiteurs pourront ainsi profiter d’un séjour immersif, entre visites guidées, séances d’observation et ateliers éducatifs. Une approche qui rappelle celle des lodges dédiés à la faune en Afrique, mais adaptée à l’exploration spatiale.

Un accès encore limité, mais des liaisons aériennes en développement

Pour l’heure, il n’existe aucun vol direct depuis l’Europe vers l’aéroport international d’AlUla. Les voyageurs devront donc passer par des hubs régionaux comme Riyad, Djeddah, Doha ou Dubaï pour rejoindre la région. La RCU travaille cependant à améliorer la connectivité, alors que le tourisme spatial et l’astrotourisme gagnent en popularité. L’absence de date d’ouverture officielle pour AlUla Manara laisse planer un mystère sur son calendrier, mais les travaux sont en cours et le projet devrait attirer l’attention des passionnés d’astronomie d’ici quelques années.

Cette initiative s’ajoute à une série d’événements célestes majeurs qui rythment le calendrier astronomique. Après une éclipse traversant le Groenland, l’Islande et l’Espagne en août 2026, les observateurs du monde entier se préparent déjà pour « l’éclipse du siècle », prévue en 2027. Autant dire que l’engouement pour l’astrotourisme n’est pas près de faiblir.

Et maintenant ?

La construction d’AlUla Manara pourrait s’achever d’ici 2 à 3 ans, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite par la RCU. Le projet devrait s’accompagner du développement d’infrastructures touristiques dans la région, alors que l’Arabie saoudite mise sur des secteurs innovants pour diversifier son économie. Les prochaines éclipses, notamment celle de 2027, pourraient servir de catalyseur pour attirer davantage de visiteurs vers ce type de destinations. Reste à voir si le centre parviendra à se positionner comme une référence mondiale en matière d’astrotourisme.

L’essor de l’astrotourisme illustre une tendance de fond : celle d’un tourisme de plus en plus tourné vers la science et l’éducation. Entre fascination pour l’espace et quête d’expériences uniques, les voyageurs semblent prêts à traverser la planète pour contempler les étoiles. Avec AlUla Manara, l’Arabie saoudite pourrait bien devenir l’une des nouvelles capitales de cette aventure céleste.

Actuellement, il n’existe aucun vol direct depuis l’Europe vers l’aéroport d’AlUla. Les voyageurs doivent transiter par des hubs régionaux comme Riyad, Djeddah, Doha ou Dubaï, où des liaisons intérieures relient ensuite AlUla.