Les assureurs français pourraient-ils bientôt refuser de couvrir certains risques climatiques ? Un nouvel observatoire, révélé par Reporterre, apporte les premières données sur ce sujet sensible. Selon les premières analyses, les compagnies d’assurance maintiennent leur engagement... à condition que les catastrophes naturelles ne se multiplient pas de manière exponentielle.
Ce qu'il faut retenir
- Un observatoire dédié aux impacts du changement climatique sur les assurances a été lancé pour évaluer la résilience du secteur face aux événements extrêmes.
- Les assureurs restent engagés, mais leur capacité à couvrir les risques dépend de la fréquence des inondations, sécheresses et autres catastrophes.
- Le modèle actuel des assurances, basé sur la mutualisation des risques, est remis en cause par l’aggravation des phénomènes climatiques.
- La question de l’assurabilité à long terme des biens immobiliers et économiques devient centrale dans le débat sur l’adaptation au réchauffement climatique.
Un dispositif inédit pour évaluer la résilience des assureurs
Face à l’augmentation des sinistres liés au climat, un observatoire spécifique a été mis en place pour analyser la réaction des assureurs. Reporterre révèle que ce dispositif, encore expérimental, s’appuie sur des données collectées auprès des principaux acteurs du secteur. Son objectif ? Anticiper les risques de déstabilisation du marché face à la hausse des coûts des catastrophes naturelles.
Pour l’instant, les assureurs maintiennent leur couverture, mais des signaux d’alerte se multiplient. Les épisodes de sécheresse prolongée, comme ceux observés en 2022 et 2023, ou les inondations répétées dans certaines régions, ont déjà entraîné une hausse des primes pour certains contrats. Autant dire que le modèle traditionnel de mutualisation des risques montre des signes d’essoufflement.
Des limites financières et géographiques qui se précisent
Les premières conclusions de l’observatoire soulignent que les assureurs pourraient être contraints de revoir leur politique de couverture. Selon les données partagées par Reporterre, certaines zones, déjà fortement exposées aux inondations ou aux glissements de terrain, pourraient voir leurs contrats résiliés ou renchéris de manière drastique. Bref, les ménages et entreprises installés dans ces secteurs risquent de se retrouver sans protection.
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Nous sommes dans une phase de transition où le système actuel n’est plus adapté à l’ampleur des risques climatiques. Les assureurs doivent désormais arbitrer entre maintenir une couverture large et limiter leurs pertes financières», a expliqué un expert du secteur, cité par Reporterre. Une prise de conscience qui intervient alors que les modèles prédictifs annoncent une intensification des phénomènes extrêmes dans les décennies à venir.
Un débat qui dépasse le cadre assurantiel
La question de l’assurabilité des biens face au climat interroge plus largement les politiques publiques. Faut-il, par exemple, maintenir l’obligation légale de couverture des catastrophes naturelles, alors que le coût devient insoutenable pour les assureurs ? Ou bien faut-il repenser le système en intégrant davantage de solidarité nationale, comme le préconisent certains économistes ?
Le gouvernement n’a pas encore tranché, mais les discussions s’intensifient. En 2025, une mission parlementaire avait déjà alerté sur les risques de « désassurance » de certaines régions. Depuis, les pouvoirs publics étudient plusieurs pistes, dont un possible relèvement des franchises ou la création d’un fonds public de réassurance. Aucune décision n’a été actée à ce stade.
En attendant, les ménages et entreprises exposées aux risques climatiques sont invités à se renseigner sur les évolutions de leur contrat d’assurance. Les experts recommandent également de prendre en compte ces risques dans les projets d’investissement immobilier, surtout dans les zones déjà touchées par des événements extrêmes.
Un refus de couverture peut entraîner une hausse des primes, une exclusion partielle ou totale des garanties, ou encore une impossibilité d’obtenir un prêt immobilier. Dans certains cas, les propriétaires peuvent se tourner vers des assureurs spécialisés, mais à des tarifs souvent prohibitifs.
Oui, certaines solutions existent, comme la souscription à des assurances privées complémentaires, la mise en place de mesures de prévention (surélévation des habitations, drainage des sols), ou encore l’adhésion à des programmes de résilience portés par les collectivités locales.