La région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez, confirme sa volonté de réorienter sa politique culturelle en matière de danse. Selon Libération, les aides publiques allouées aux centres chorégraphiques nationaux (CCN) vont être drastiquement réduites, au profit d’un soutien accru aux compagnies indépendantes, jugées plus à même de toucher un public large.
Ce qu'il faut retenir
- La région Auvergne-Rhône-Alpes réduit ses financements aux centres chorégraphiques nationaux pour privilégier les compagnies locales.
- Cette décision s’inscrit dans une stratégie de « diffusion auprès du plus grand nombre », selon les termes de Laurent Wauquiez.
- Les CCN, qui bénéficiaient jusqu’alors de subventions régionales, voient leur enveloppe diminuer ou disparaître.
Cette réorientation s’explique par une philosophie affichée : mettre la culture à la portée de tous, comme l’a souligné Laurent Wauquiez dans plusieurs déclarations. Plutôt que de financer des structures nationales aux budgets déjà sécurisés, la collectivité mise sur des projets artistiques plus accessibles, souvent portés par des artistes émergents ou des compagnies en tournée. « Nous voulons soutenir une danse qui circule, qui rencontre le public là où il se trouve, et pas seulement dans les grandes salles », a-t-il indiqué.
Parmi les établissements concernés, le Centre chorégraphique national de Lyon — l’un des plus emblématiques de la région — pourrait voir son financement régional réduit de moitié, voire supprimé. D’autres structures, comme celles de Grenoble ou Saint-Étienne, seraient également touchées. Ces centres, labellisés par le ministère de la Culture, jouent pourtant un rôle clé dans la formation des danseurs et la production d’œuvres contemporaines. Leur directeur artistique, Emmanuel Gat, a rappelé dans Libération que « ces lieux sont des piliers de la création en France, et leur affaiblissement pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du secteur ».
Côté région, on assume ce virage. « La danse, oui, mais pas n’importe comment. Nous voulons une offre culturelle qui parle aux habitants, pas seulement à une élite », a déclaré un conseiller en charge de la culture, sous couvert d’anonymat. Cette position tranche avec les orientations passées, où les CCN bénéficiaient d’un soutien automatique. Désormais, les dossiers de financement seront étudiés au cas par cas, avec une priorité donnée aux projets « innovants » et « décentralisés ».
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de tension entre les collectivités et les institutions culturelles nationales. Plusieurs régions, à l’image de l’Île-de-France ou de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ont déjà réduit leurs aides aux CCN ces dernières années. Quant à l’État, il maintient son soutien aux centres labellisés, mais sans compenser les éventuelles pertes régionales. « Le risque, c’est que ces structures deviennent des coquilles vides, privées de moyens pour produire et rayonner », s’inquiète un observateur du secteur, cité par Libération.
Bref, la danse en Auvergne-Rhône-Alpes entre dans une nouvelle ère. Une ère où l’argent public sera moins automatique, plus sélectif, et où la question de l’accès à la culture se pose en termes de rentabilité sociale autant que de qualité artistique. Pour les artistes et les spectateurs, l’enjeu est de taille : préserver l’équilibre entre innovation et tradition dans un paysage culturel en pleine recomposition.