Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dévoilé ce mardi 19 mai 2026 de nouvelles mesures pour le baccalauréat, visant à renforcer l’exigence académique et à lutter contre la fraude. Lors d’une conférence de presse organisée à Arcueil, dans le Val-de-Marne, il a rappelé que « le bac doit attester d’un certain niveau de maîtrise de la langue », selon le Figaro.

Ce qu’il faut retenir

  • Orthographe non négociable : toute copie insuffisante en orthographe, syntaxe ou grammaire ne pourra pas obtenir la moyenne au baccalauréat.
  • Lutte contre la fraude renforcée : hausse de 30 % des cas suspects en 2025, avec 1 208 signalements sur 1,2 million de candidats.
  • Âge minimum envisagé : le ministre souhaite instaurer un seuil d’âge pour se présenter au bac, après avoir évoqué des candidats aussi jeunes que huit ans en 2025.
  • Baccalauréat professionnel concerné en 2027 : les exigences rédactionnelles accrues ne s’appliqueront qu’à partir de cette date pour cette filière.
  • Calendrier des épreuves : les sessions débuteront le 15 juin pour la philosophie, les 11 et 12 juin pour les épreuves anticipées.

Des consignes nationales pour une évaluation homogène

Édouard Geffray a mis fin aux disparités entre jurys en annonçant des consignes unifiées pour l’orthographe et la rédaction dans toutes les disciplines. Pour la session 2026, des commissions d’entente nationales et académiques seront chargées d’harmoniser les pratiques. « On ne raisonne pas en termes de points mécaniques, mais en qualité globale de la copie », a-t-il précisé. Le ministre a également rappelé que « toute copie mal rédigée ne peut pas avoir la moyenne », une position qu’il avait déjà défendue début mai. « Ce serait mentir sur leur niveau aux élèves », avait-il alors affirmé.

Ces nouvelles règles s’appliqueront à l’ensemble des filières, sauf pour le baccalauréat professionnel, où l’exigence rédactionnelle renforcée entrera en vigueur seulement en 2027. Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels, a confirmé cette dérogation.

Fraude en hausse : des moyens accrus pour y faire face

Avec une augmentation de 30 % des cas de fraude détectés en 2025, le gouvernement durcit le dispositif. Parmi les mesures annoncées : l’installation aléatoire de détecteurs de smartphones et de montres connectées dans les centres d’examen. En outre, les autorités pourront désormais annuler une épreuve, un groupe d’épreuves, voire l’intégralité de la session pour un candidat reconnu coupable de tricherie. En 2025, 1 208 cas suspects avaient été recensés sur 1,2 million de candidats, toutes filières confondues.

Ces dispositifs s’ajoutent à une volonté affichée de transparence. « On ne peut pas tolérer que des candidats profitent d’un système pour obtenir un diplôme qui ne reflète pas leurs compétences », a souligné Édouard Geffray.

Un âge minimum pour se présenter au bac ?

Le cas d’un candidat de huit ans en 2025 a poussé le ministre à envisager un âge « plancher » pour s’inscrire au baccalauréat. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d’inscrire son enfant au bac à 8, 9 ou 10 ans. Je ne suis pas sûr que ça lui rende service », a-t-il déclaré. En 2025, la plus jeune candidate n’avait que huit ans. Édouard Geffray a demandé à ses services d’expertiser la faisabilité juridique et pédagogique d’une telle mesure, rappelant qu’aucune règle n’encadre actuellement les inscriptions au baccalauréat.

Cette proposition s’inscrit dans une logique plus large de revalorisation du diplôme. « Avoir le bac doit avoir du sens. Si un élève est trop jeune pour maîtriser les fondamentaux, il est préférable de le lui faire savoir », a-t-il ajouté.

Réactions syndicales et défis pédagogiques

Les annonces du ministre ont suscité des réactions contrastées. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, a critiqué l’absence de moyens concrets pour améliorer l’orthographe des élèves. « La véritable exigence, c’est de leur donner les moyens de progresser avant le bac. Mais cela demande des moyens et c’est sans doute plus difficile à obtenir qu’un effet de com’ », a-t-elle ironisé auprès de l’AFP.

De son côté, le syndicat Snalc a pointé du doigt les conditions d’enseignement. « L’accumulation de missions, le nombre d’élèves par classe et des modes pédagogiques ayant affaibli l’enseignement structuré de la grammaire dans les années 1990 et 2000 sont bien plus responsables de la situation actuelle que la façon de corriger le bac », a-t-il estimé.

Pour Édouard Geffray, une baisse mécanique du taux de réussite — qui avait atteint 91,8 % en 2025 — ne serait que le reflet de la « vérité des niveaux ». Il a également rappelé qu’aucun repêchage ne serait désormais possible en dessous de 8/20. Une position jugée « de la poudre aux yeux » par Sophie Vénétitay, qui rappelle que les élèves en difficulté n’ont souvent pas bénéficié d’un accompagnement suffisant en amont.

Et maintenant ?

Les nouvelles consignes entreront en vigueur dès la session 2026 pour le baccalauréat général et technologique, avec des commissions d’harmonisation chargées de veiller à leur application. Pour le baccalauréat professionnel, les changements seront reportés à 2027. La question de l’âge minimum, quant à elle, devra faire l’objet d’une expertise approfondie avant toute décision. Les associations de parents d’élèves et les syndicats enseignants pourraient être consultés dans les prochains mois pour affiner ces mesures.

Avec 727 327 candidats inscrits au baccalauréat en 2026 et 529 876 aux épreuves anticipées, les enjeux sont de taille. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces réformes sur les pratiques d’enseignement et les résultats des élèves.

Les épreuves anticipées de français et de mathématiques pour les élèves de première auront lieu les 11 et 12 juin 2026, selon le calendrier officiel du ministère de l’Éducation nationale.

Le ministre Édouard Geffray souhaite éviter que des enfants trop jeunes ne se présentent à un examen censé valider un niveau de compétences équivalent à la fin du lycée, alors qu’ils n’ont pas encore acquis les bases nécessaires en orthographe et en rédaction.