La consommation mondiale d’alcool devrait reculer d’ici une décennie, avec une baisse de 1 % des volumes globaux d’ici 2035, malgré une hausse de 9 % du nombre de consommateurs en âge légal. Autant dire que chaque personne boira l’équivalent d’une caisse de vin ou de deux bouteilles de spiritueux de moins par an d’ici cette date. C’est ce que révèle une étude du cabinet d’études de marché IWSR, comme le rapporte BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Baisse de 1 % de la consommation mondiale d’alcool d’ici 2035, malgré une hausse de 9 % du nombre de consommateurs légaux.
  • L’Inde devrait devenir le deuxième marché mondial de l’alcool d’ici 2032, devançant les États-Unis, derrière la Chine.
  • La consommation annuelle par habitant reculera de l’équivalent d’une caisse de vin ou de deux bouteilles de spiritueux.
  • Les spiritueux, bières et vins devraient reculer de plus de 18 % sur les principaux marchés, comme les États-Unis et la Chine.
  • Les ventes du secteur, dont Johnnie Walker (Diageo) et Corona (Anheuser-Busch InBev), se contractent depuis 2023.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte de flambée du coût de la vie, de modifications des habitudes de consommation et de préoccupations sanitaires croissantes. Après un rebond post-pandémie, les fabricants de boissons alcoolisées font face à une demande en berne, liée notamment à l’essor des médicaments amaigrissants, qui pourraient réduire la consommation d’alcool. Les valorisations boursières des grands groupes du secteur, comme Diageo ou Anheuser-Busch InBev, reflètent déjà cette contraction depuis 2023.

L’Inde surpasse les États-Unis pour devenir le deuxième marché mondial

Parmi les enseignements majeurs de l’étude, la montée en puissance de l’Inde se distingue. Le pays devrait dépasser les États-Unis d’ici 2032 pour devenir le deuxième marché mondial de l’alcool, derrière la Chine. Cette progression s’accompagne d’une croissance soutenue dans d’autres régions, comme le Mexique (+13 %), le Vietnam (+15 %) ou encore la Colombie (+26 %). Ces chiffres illustrent une redistribution des cartes à l’échelle mondiale, où les pays émergents prennent une place prépondérante.

À l’inverse, les grands marchés traditionnels comme les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Japon ou le Royaume-Uni devraient enregistrer une baisse de plus de 18 % de leur consommation d’alcool d’ici 2035. Cette divergence reflète à la fois des évolutions démographiques et des changements culturels profonds, où la sobriété et les préoccupations de santé gagnent du terrain.

De nouvelles boissons s’imposent face au déclin des spiritueux, bières et vins

Les prévisions de l’IWSR indiquent que les volumes de spiritueux, de bière et de vin devraient globalement reculer d’ici 2035. Cependant, certaines catégories émergent et prennent le relais. Les cocktails en canette, par exemple, devraient s’imposer progressivement sur le marché, portés par des habitudes de consommation plus pratiques et individualisées. Ce glissement vers des produits plus diversifiés et moins traditionnels pourrait redéfinir les stratégies des acteurs du secteur.

Marten Lodewijks, président et directeur général d’IWSR, souligne que « l’évolution des goûts des consommateurs constitue un défi majeur ». Pour lui, les entreprises doivent s’adapter plutôt que de « s’appuyer sur les succès passés ». Cette remise en question s’impose alors que les volumes globaux stagnent, voire reculent, dans de nombreuses régions du monde.

Un recul qui s’inscrit dans une décennie de transformations

Selon l’IWSR, le recul des volumes de consommation d’alcool ne devrait pas s’arrêter avant 2031. Même en 2035, les niveaux resteront inférieurs de 1 % à ceux enregistrés en 2025. Cette trajectoire contraste avec la hausse de 9 % du nombre de consommateurs en âge légal, qui reflète une démographie mondiale en expansion. Autrement dit, malgré un vivier potentiel plus large, la quantité d’alcool consommée par personne diminue.

Les causes de ce phénomène sont multiples. Outre l’impact économique lié à la hausse du coût de la vie, les préoccupations sanitaires jouent un rôle clé. Les médicaments amaigrissants, par exemple, peuvent influencer les comportements en réduisant les envies de consommation d’alcool. Les fabricants, eux, tentent de s’adapter en diversifiant leurs offres et en ciblant de nouvelles tendances, comme les boissons sans alcool ou les alternatives plus saines.

Et maintenant ?

Les acteurs du secteur devront poursuivre leur adaptation face à un marché en mutation. D’ici 2032, l’Inde pourrait devenir le deuxième marché mondial, ce qui imposera aux entreprises de repenser leur stratégie pour ce pays. Les prochaines années seront également déterminantes pour évaluer l’impact des nouvelles réglementations sanitaires et des tendances de consommation sur les ventes globales. Reste à voir si les cocktails en canette ou d’autres innovations parviendront à compenser le déclin des catégories traditionnelles.

Cette évolution soulève une question centrale : comment les géants de l’alcool, comme Diageo ou Anheuser-Busch InBev, parviendront-ils à concilier adaptation et rentabilité dans un contexte de demande en berne ? Les prochaines années diront si ces groupes sauront transformer cette période de transition en opportunité.

Les États-Unis et la Chine, suivis par l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni, devraient enregistrer une baisse de plus de 18 % de leur consommation d’alcool d’ici 2035, selon les projections de l’IWSR.

L’Inde connaît une croissance démographique et économique rapide, couplée à une évolution des habitudes de consommation. D’ici 2032, elle devrait dépasser les États-Unis pour devenir le deuxième marché mondial, derrière la Chine, selon les prévisions de l’IWSR.