Depuis trois semaines, le monde de l’enseignement en Belgique francophone est paralysé par un mouvement de grève inédit. Les professeurs et les élèves dénoncent le décret-programme 2, un ensemble de mesures d’austérité qui restreint les moyens alloués aux établissements scolaires et universitaires, selon Courrier International. Des manifestations, des cessations de travail et des actions symboliques se multiplient depuis septembre 2025, mais l’adoption définitive du décret le 4 juin 2026 a radicalisé le conflit.
Ce qu'il faut retenir
- Hausse des frais d’inscription à l’université et réduction des aides pour les repas et fournitures scolaires.
- 1 300 emplois menacés dans l’enseignement secondaire, notamment via l’augmentation de 10 % des heures de travail pour les enseignants des trois dernières années de lycée, sans compensation salariale.
- Des milliers de manifestants dans les rues de Bruxelles depuis le 4 juin, avec des affrontements violents entre policiers et grévistes.
- Un enseignant de géographie dénonce « un mépris total du gouvernement » envers les revendications du secteur.
Un décret contesté depuis près d’un an
Le conflit oppose les acteurs de l’éducation à la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui justifie ces mesures par la nécessité de réduire les dépenses publiques. Le décret-programme 2 prévoit notamment une hausse substantielle des frais d’inscription à l’université, une réduction des moyens alloués pour la gratuité des repas et des fournitures, ainsi que des restrictions pour les enseignants concernant l’aménagement de leur fin de carrière et leurs arrêts maladie.
Parmi les mesures les plus controversées figure l’obligation pour les professeurs des trois dernières années du lycée de travailler 10 % d’heures supplémentaires à salaire constant. Cette disposition, selon Le Soir, permettrait de supprimer 1 300 postes dans l’enseignement secondaire, un chiffre qui alimente la colère des syndicats. Depuis le début du mouvement, les mobilisations ont pris une tournure plus radicale, avec des blocages et des affrontements avec les forces de l’ordre.
Bruxelles sous tension : gaz lacrymogènes et slogans à la craie
Le 8 juin 2026, une manifestation à Bruxelles a tourné à l’affrontement. Des images diffusées par les médias montrent des manifestants fuyant une zone envahie par les gaz lacrymogènes lancés par la police. « On ressent tellement de mépris de la part du gouvernement », a déclaré un enseignant de géographie au Standaard. « Les actions symboliques, ils s’en fichent. Quand on écrit des slogans à la craie dans les rues, c’est sympa, mais ça ne les dérange pas. Ils ont voulu que ça vire au bras de fer, et c’est ce qu’ils ont obtenu. »
Les échauffourées ont marqué un tournant dans le mouvement, qui jusqu’ici reposait principalement sur des grèves et des rassemblements pacifiques. Les autorités ont justifié leur intervention par la nécessité de maintenir l’ordre public, tandis que les syndicats dénoncent une « répression disproportionnée ».
Un secteur en crise, des revendications qui s’amplifient
Les enseignants et les élèves pointent du doigt un « déni de réalité » de la part des responsables politiques. « Les mesures actuelles ignorent les réalités du terrain », a rappelé un représentant syndical. « Comment demander aux professeurs de faire plus avec moins, alors que les classes sont déjà surchargées et que les moyens manquent pour les élèves les plus défavorisés ? »
Le mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales en Belgique, où les politiques d’austérité alimentent le mécontentement. Les syndicats de l’éducation appellent à une mobilisation durable, tandis que le gouvernement campe sur ses positions, refusant toute renégociation du décret-programme 2.
Dans l’immédiat, la situation à Bruxelles reste tendue. Les autorités ont renforcé les dispositifs policiers dans les rues, tandis que les organisateurs des manifestations appellent à la prudence pour éviter de nouveaux débordements. Le mouvement, qui a déjà dépassé les trois semaines, pourrait s’étendre si aucun compromis n’est trouvé.
Le décret-programme 2 prévoit une hausse des frais d’inscription à l’université, une réduction des aides pour les repas et fournitures scolaires, ainsi que des restrictions pour les enseignants concernant l’aménagement de leur fin de carrière et leurs arrêts maladie. La mesure la plus controversée impose aux professeurs des trois dernières années du lycée de travailler 10 % d’heures supplémentaires à salaire constant, ce qui permettrait de supprimer 1 300 postes.