Depuis le 20 avril et jusqu’au 24 novembre 2026, la Biennale de Venise accueille un pavillon du Qatar qui se distingue par une réflexion sur l’identité, l’hospitalité et les échanges culturels au sein du monde arabe et de ses diasporas. Selon Euronews FR, cette exposition temporaire, installée dans les Giardini, fait office de vitrine pour le futur pavillon permanent du Qatar tout en proposant une expérience immersive mêlant art, musique, cinéma et gastronomie.

Ce qu'il faut retenir

  • Une œuvre centrale, « Jerrican », réalisée par l’artiste koweïto-portoricaine Alia Farid, s’inspire des récipients traditionnels du Golfe, symboles d’hospitalité envers les voyageurs du désert.
  • L’exposition associe des artistes, musiciens et chefs originaires du Qatar, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d’autres pays de la région.
  • Le programme culinaire, conçu par le chef palestinien Fadi Kattan, met en lumière les échanges historiques entre le monde arabe et Venise, notamment à travers les épices.
  • Le pavillon se veut un espace de rassemblement où les visiteurs sont invités à s’attarder, à partager un repas ou une discussion plutôt qu’à simplement défiler devant les œuvres.

Une sculpture symbolique au cœur du pavillon

Dès l’entrée, les visiteurs sont accueillis par une imposante sculpture en forme de récipient à eau, intitulée « Jerrican ». Réalisée par Alia Farid, cette œuvre s’inspire des cruches traditionnelles utilisées dans le Golfe pour offrir de l’eau aux voyageurs traversant le désert. Pour l’artiste, cette pièce dépasse la simple évocation d’un objet : elle interroge la manière dont la modernité transforme les communautés et leurs rituels. « Je réfléchis à la façon dont la modernité reconfigure en quelque sorte la communauté et le rituel », explique-t-elle. « L’œuvre que je présente est liée à une tradition du Golfe qui consiste à offrir de l’eau aux voyageurs dans le désert. » Selon Euronews FR, cette installation marque ainsi l’entrée dans un espace où histoire et contemporanéité se rencontrent.

Un voyage culinaire à travers les saveurs du Moyen-Orient

Au-delà de l’art visuel, le pavillon du Qatar propose une expérience sensorielle grâce à un programme culinaire conçu par le chef palestinien Fadi Kattan. Celui-ci a rassemblé des chefs originaires du Qatar, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d’autres pays de la région pour créer des plats inspirés des saveurs du Moyen-Orient. « Du XIIIe au XVe siècle, toutes les épices qui arrivaient en Europe passaient par le monde arabe pour parvenir jusqu’à Venise », souligne Kattan. « Donc, mille ans plus tard, c’est un peu comme dire : “Bonjour, nous sommes toujours là.” »

Les boissons servies dans le pavillon reflètent également cette diversité culturelle. « Dans la boisson élaborée par l’équipe, il y a du sumac, du zaatar, du fenugrec, du mahlab », précise le chef. « En gros, chaque pays de la région y a contribué d’une manière ou d’une autre. C’est là que réside la force de l’art, de la cuisine et de la culture. » Une cheffe qatarie, Noof Al Marri, ajoute que la cuisine devient un vecteur de transmission des histoires entre générations et cultures : « Nous pouvons rassembler tout le monde autour d’une même table et partager, et tout le monde est heureux. Partager l’histoire. »

Un lieu conçu pour rassembler, et non pour défiler

Contrairement aux expositions classiques où les visiteurs déambulent rapidement, le pavillon du Qatar encourage les échanges. Les espaces sont aménagés pour que les convives puissent s’asseoir, discuter, déguster des jus ou des plats, écouter de la musique ou regarder des projections. « Les gens discutent, boivent des jus, mangent, écoutent de la musique, regardent le film et traînent ici », observe Ruba Katrib, co-commissaire de l’exposition. « Il s’agit donc vraiment d’un espace de rassemblement, d’un lieu où l’on se retrouve. »

Cette dynamique repose sur une volonté de transformer le pavillon en un lieu vivant, où l’interaction entre les œuvres et les visiteurs façonne constamment l’expérience. « Plutôt qu’une exposition statique, le pavillon se transforme en permanence par le son, le mouvement et l’interaction », explique Euronews FR. Les performances musicales et les projections cinématographiques ajoutent une dimension supplémentaire à cette ambiance immersive.

Et maintenant ?

L’exposition du Qatar à la Biennale de Venise 2026 s’inscrit dans une démarche plus large visant à ancrer le pays dans le paysage culturel international. Après la clôture prévue le 24 novembre, les organisateurs pourraient envisager des prolongements sous forme d’itinérance ou de collaborations avec d’autres institutions. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres pays du Golfe à suivre cette voie lors des prochaines éditions de la Biennale.

Cette immersion dans les traditions, l’histoire et les échanges culturels du monde arabe offre une perspective unique dans le cadre de la Biennale de Venise, où chaque pavillon national propose une vision distincte. Entre mémoire des routes commerciales médiévales et célébration des diasporas contemporaines, le pavillon du Qatar se positionne comme un pont entre les époques et les continents.