Une bombe artisanale, fixée sur un pousse-pousse, a explosé mardi dans un bazar très fréquenté du district de Lakki Marwat, situé dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, au nord-ouest du Pakistan. Selon les premiers bilans communiqués par les autorités locales, l'attaque a fait au moins neuf morts et plus de vingt blessés. Les forces de l'ordre évoquent une cible précise : des agents de la police routière, dont deux figuraient parmi les victimes.
Comme le rapporte Euronews FR, l'explosion s'est produite dans un contexte de tensions persistantes dans cette région frontalière avec l'Afghanistan. Les autorités pakistanaises n'ont pas tardé à évoquer la piste des talibans pakistanais, bien que ces derniers aient catégoriquement nié toute implication dans cet attentat.
Ce qu'il faut retenir
- Une bombe posée sur un pousse-pousse explose dans un bazar de Lakki Marwat, tuant 9 personnes et en blessant plus de 20 autres, selon la police.
- Deux agents de la police routière figurent parmi les blessés, suggérant une cible délibérée.
- L'attaque s'est déroulée dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, frontalière avec l'Afghanistan.
- L'attentat n'a pas été revendiqué, mais les talibans pakistanais sont suspectés sans preuve formelle.
- Le Premier ministre Shehbaz Sharif a condamné l'attaque et exigé une enquête rapide.
Un attentat ciblé dans une région sous haute tension
L'explosion a retenti mardi dans le bazar de Lakki Marwat, un district du nord-ouest du Pakistan situé en bordure de la frontière afghane. D'après les informations communiquées par les services de police, la bombe, dissimulée sous un pousse-pousse, aurait été actionnée à distance ou via un détonateur. Les victimes, majoritairement des civils, ont été prises au piège dans ce lieu de passage très animé. Deux policiers routiers figuraient parmi les blessés, ce qui laisse supposer que les assaillants visaient délibérément les forces de l'ordre.
Cette attaque s'inscrit dans un climat de violence récurrent dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. Depuis plusieurs années, cette région, frontalière avec l'Afghanistan, est le théâtre d'affrontements entre l'armée pakistanaise, des groupes militants et des factions talibanes. Les autorités locales pointent régulièrement du doigt les talibans pakistanais, affiliés à l'émirat islamique d'Afghanistan, bien que ces derniers aient démenti toute responsabilité dans cet attentat.
Des accusations croisées entre Islamabad et Kaboul
Les relations entre le Pakistan et l'Afghanistan restent tendues depuis des mois. Islamabad accuse régulièrement le gouvernement taliban afghan d'abriter des groupes militants opérant ensuite sur son sol. Ces accusations, niées par Kaboul, ont été réitérées après l'attentat de Lakki Marwat. Dans un communiqué officiel, les autorités afghanes ont réaffirmé qu'elles ne permettaient pas à des groupes armés d'utiliser leur territoire pour lancer des attaques contre d'autres pays.
Les tensions entre les deux pays se sont encore aggravées depuis la fin du mois de février, avec des combats transfrontaliers ayant déjà fait des centaines de morts. Début avril, des pourparlers de paix avaient été engagés sous l'égide de la Chine, mais les affrontements sporadiques ont persisté, même si leur intensité s'est réduite.
Le gouvernement pakistanais promet une réponse ferme
Face à cette nouvelle vague de violence, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a réagi avec fermeté. Dans une déclaration officielle, il a condamné sans réserve l'attentat de Lakki Marwat et présenté ses condoléances aux familles des victimes. « Le gouvernement et toutes les institutions concernées sont déterminés à éliminer le terrorisme et à empêcher les militants de nuire à la paix et au développement du pays », a-t-il souligné.
« Nous accélérerons l'enquête pour identifier les responsables et veiller à ce que les auteurs soient traduits en justice. Le Pakistan ne permettra pas que des groupes armés sapent sa stabilité. »
Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan
Shehbaz Sharif a également exigé des autorités qu'elles mènent une enquête rapide et exhaustive pour déterminer les circonstances exactes de l'attaque et les éventuels commanditaires. Cette position s'inscrit dans la continuité de la politique pakistanaise, qui mise sur une réponse sécuritaire renforcée pour endiguer la menace terroriste.
Pour l'heure, aucune arrestation n'a été annoncée, et l'identité des victimes n'a pas été officiellement communiquée. Les services médicaux locaux restent mobilisés pour prendre en charge les blessés, dont certains se trouvent dans un état critique.
Cette région du nord-ouest du Pakistan, frontalière avec l'Afghanistan, est un carrefour stratégique pour les mouvements militants. Elle abrite des groupes armés, dont certains sont affiliés aux talibans pakistanais ou afghans. Sa position géographique en fait aussi un point de transit pour les trafics et les infiltrations, ce qui en fait une zone de tension permanente entre les autorités pakistanaises et les factions rebelles.
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a demandé une enquête rapide pour identifier les responsables et les traduire en justice. Les autorités devraient renforcer les mesures de sécurité dans la province et maintenir la pression diplomatique sur Kaboul pour qu'il agisse contre les groupes militants présents sur son territoire. Une réunion de crise pourrait être organisée dans les prochains jours pour faire le point sur la situation.