Le dossier judiciaire concernant l’assassinat de Mehdi Kessaci, et plus largement l’organisation criminelle de la DZ Mafia à Marseille, est au cœur de tensions persistantes entre le Parquet national antiterrorisme (PNAT) et le Parquet de Marseille, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO) a été créé pour centraliser les dossiers complexes, dont ceux liés à la DZ Mafia.
- L’enquête sur la mort de Mehdi Kessaci, dont Amine Oualane est l’un des principaux suspects, cristallise les divergences entre juridictions.
- Les rivalités entre le PNAT et le parquet marseillais portent sur la compétence et la stratégie d’enquête.
- Les dossiers sensibles liés au crime organisé marseillais sont au cœur des tensions depuis la réforme des parquets spécialisés.
- Les autorités judiciaires n’ont pas encore tranché sur le rattachement définitif des enquêtes en cours.
Depuis la mise en place du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), les enquêtes concernant les réseaux criminels marseillais, notamment la DZ Mafia, sont au centre de frictions entre les juridictions nationales et locales. Comme le rapporte Le Monde, le dossier de l’assassinat de Mehdi Kessaci, un entrepreneur marseillais dont la mort en 2024 a été attribuée à des règlements de comptes liés au crime organisé, illustre ces tensions. Amine Oualane, figure majeure de la DZ Mafia, est l’un des principaux suspects dans cette affaire, et son cas met en lumière les divergences sur la gestion des enquêtes.
Les rivalités entre le Parquet national antiterrorisme (PNAT) et le parquet de Marseille portent moins sur les faits eux-mêmes que sur leur traitement judiciaire. Le PNAT, compétent pour les affaires de criminalité organisée transnationale, revendique la centralisation des dossiers, tandis que le parquet marseillais insiste pour conserver une partie des investigations sur son territoire. Cette opposition reflète une difficulté plus large : l’articulation entre les parquets spécialisés, créés pour éviter la dispersion des enquêtes, et les juridictions locales, qui disposent d’une connaissance fine des terrains.
Selon des sources judiciaires citées par Le Monde, les désaccords portent notamment sur la stratégie à adopter face à des réseaux comme la DZ Mafia, dont l’influence s’étend bien au-delà de Marseille. Certains magistrats du PNAT estiment que la concentration des moyens permettrait une meilleure efficacité, tandis que d’autres craignent que cela ne dilue la réactivité des parquets locaux. Ces tensions ne sont pas nouvelles, mais elles se sont intensifiées avec la montée en puissance du PNACO, créé pour répondre à la complexité croissante des dossiers de criminalité organisée.
Les dossiers liés à la DZ Mafia sont particulièrement sensibles, car ils mêlent trafics de stupéfiants, blanchiment d’argent et violences ciblées, comme celle ayant coûté la vie à Mehdi Kessaci. Le procureur de Marseille, contacté par Le Monde, a confirmé l’existence de ces divergences, tout en soulignant que « les échanges restent constructifs, même si des points de désaccord persistent ». De son côté, le PNAT a rappelé que « l’objectif est d’éviter que les enquêtes ne s’éparpillent entre plusieurs juridictions », une déclaration rapportée dans les colonnes du quotidien.
Ces tensions révèlent une réalité plus large : celle d’une justice française en quête d’équilibre entre spécialisation et proximité territoriale. Les dossiers de criminalité organisée, souvent labyrinthiques, nécessitent à la fois une expertise centralisée et une connaissance fine des réseaux locaux. Pour l’heure, ni le PNAT ni le parquet de Marseille n’ont cédé, et les dossiers comme celui de Mehdi Kessaci restent suspendus à une décision qui tarde à venir.
Les désaccords portent principalement sur la compétence à traiter les dossiers liés à la DZ Mafia. Le PNAT souhaite centraliser les enquêtes pour une meilleure efficacité, tandis que le parquet de Marseille défend son ancrage local, arguant d’une meilleure connaissance des terrains.