Le Trésor américain a annoncé, ce 21 mai 2026, l’ajout d’individus et d’adresses de cryptomonnaies à sa liste de sanctions. Ces mesures visent des membres présumés du cartel de Sinaloa, l’un des réseaux criminels les plus puissants d’Amérique du Sud. Selon Cryptoast, ces trafiquants auraient utilisé Ethereum (ETH) et des stablecoins comme l’USDT et l’USDC pour blanchir les revenus issus du trafic de drogues aux États-Unis, notamment du fentanyl, de la cocaïne et de la méthamphétamine.

Ce qu'il faut retenir

  • 6 adresses Ethereum ont été sanctionnées, dont 5 liées à Armando de Jesus Ojeda Aviles, identifié comme la tête du réseau de blanchiment.
  • Les fonds étaient convertis en cryptomonnaies après avoir été récoltés via la vente de fentanyl aux États-Unis, avant d’être transférés au cartel.
  • En 2025, les autorités américaines avaient déjà saisi 10 millions de dollars en cryptos liées à ce même réseau, démontrant la traçabilité de ces actifs.
  • Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a réaffirmé la volonté des États-Unis de cibler « les cartels terroristes et leurs réseaux de trafic de fentanyl ».
  • Malgré ces sanctions, 62 milliards de dollars sont blanchis chaque année via le système bancaire traditionnel, selon un rapport de 2025.

Des sanctions ciblant les infrastructures de blanchiment du cartel de Sinaloa

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dépendant du Trésor américain, a publié une liste actualisée de sanctions incluant des individus et des réseaux de paiement associés au cartel de Sinaloa. Parmi eux figure Armando de Jesus Ojeda Aviles, accusé d’avoir orchestré le blanchiment des profits issus de la vente de fentanyl aux États-Unis. Cryptoast précise que ces fonds étaient ensuite convertis en cryptomonnaies via plusieurs adresses Ethereum, puis réinjectés dans les circuits financiers du cartel.

Ojeda Aviles n’est pas seulement impliqué dans le blanchiment : il supervise également les envois de stupéfiants vers les États-Unis, incluant des drogues comme le fentanyl, la cocaïne ou encore la méthamphétamine. Ces révélations s’inscrivent dans une stratégie plus large des autorités américaines pour démanteler les réseaux criminels utilisant les cryptomonnaies pour financer leurs activités.

Ethereum et les stablecoins au cœur des transactions illicites

Sur les six adresses Ethereum sanctionnées, cinq sont directement liées à Ojeda Aviles. La majorité de ces adresses sont inactives depuis plusieurs années, à l’exception d’une qui a effectué un transfert récent en USDT (Tether). Une autre adresse montre une activité soutenue en USDC (stablecoin émis par Circle), tandis que les transactions en USDT dominent largement le reste des opérations. Cryptoast souligne que ces stablecoins, bien que conçus pour éviter la volatilité, restent traçables grâce à la blockchain, permettant aux autorités de les pister et, le cas échéant, de les geler.

Cette utilisation des cryptomonnaies par les cartels n’est pas un cas isolé. En avril 2025, les autorités américaines avaient déjà saisi 10 millions de dollars en cryptos appartenant à ce même réseau. Une preuve, selon les experts, que ces actifs numériques, souvent perçus comme anonymes, laissent en réalité une trace numérique exploitable par les enquêteurs.

Les cryptomonnaies, un outil de blanchiment moins répandu que le système bancaire traditionnel

Si les cartels exploitent les cryptomonnaies pour faciliter leurs transactions, le blanchiment d’argent via le système bancaire traditionnel reste bien plus massif. Un rapport publié en 2025 par une agence onusienne estimait que 62 milliards de dollars étaient blanchis chaque année par les réseaux bancaires classiques. Ces chiffres illustrent la difficulté pour les autorités à endiguer totalement ces flux illicites, malgré les avancées technologiques.

Pourtant, les cryptomonnaies offrent une traçabilité que les espèces ne permettent pas. Les autorités peuvent ainsi remonter les transactions, identifier les adresses et, comme dans le cas présent, sanctionner les acteurs impliqués. Cryptoast rappelle que cette traçabilité a déjà permis à plusieurs reprises de geler des fonds ou de démanteler des réseaux criminels, limitant ainsi leurs capacités opérationnelles.

« Cette Administration ne permettra pas aux narco-terroristes d’inonder nos frontières de poison. Le Trésor continuera de cibler les cartels terroristes et leurs réseaux de trafic de fentanyl afin de protéger nos communautés et de garder l’Amérique en sécurité. »
Scott Bessent, secrétaire du Trésor américain

Un précédent qui confirme la traçabilité des cryptomonnaies

Il y a un mois seulement, un autre réseau de trafic de fentanyl avait été démantelé aux États-Unis, avec des transactions en cryptomonnaies utilisées pour masquer les flux financiers. Ces affaires récentes démontrent que les cartels adaptent leurs méthodes, mais que les autorités parviennent, dans certains cas, à les contrer. Cryptoast note que si les cryptos sont de plus en plus surveillées, leur utilisation par les réseaux criminels reste marginale comparée aux méthodes traditionnelles de blanchiment.

Les sanctions annoncées aujourd’hui s’ajoutent à une série de mesures prises par Washington pour lutter contre le trafic de drogue. Elles visent non seulement à frapper les individus directement impliqués, mais aussi à dissuader d’autres acteurs de recourir aux cryptomonnaies pour financer des activités illicites. La traçabilité des blockchains, couplée à une coopération internationale renforcée, semble ainsi devenir un outil clé dans la lutte contre les cartels.

Et maintenant ?

Ces sanctions pourraient inciter d’autres cartels à revoir leurs stratégies de blanchiment, en se tournant vers des méthodes moins traçables ou en utilisant des cryptomonnaies moins surveillées. Les autorités américaines devraient renforcer leurs outils d’analyse blockchain pour anticiper ces évolutions. Une prochaine évaluation des flux de cryptos liés au trafic de drogue est prévue d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier.

Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a réaffirmé la volonté des États-Unis de poursuivre ses actions ciblées contre les cartels. Pour l’heure, aucune nouvelle saisie de grande ampleur n’a été annoncée, mais les enquêteurs continuent de surveiller les adresses sanctionnées. L’efficacité de ces mesures dépendra en partie de la capacité des autorités à adapter leurs outils aux innovations technologiques des trafiquants.

Les cryptomonnaies offrent une relative anonymat et une rapidité de transaction que les systèmes bancaires traditionnels ne permettent pas toujours. Cependant, leur traçabilité via la blockchain rend ces flux plus vulnérables à la surveillance des autorités, comme en témoignent les sanctions récentes.

Selon un rapport de 2025, la majorité du blanchiment d’argent des cartels passe encore par le système bancaire traditionnel (62 milliards de dollars par an), contre une fraction bien moindre pour les cryptomonnaies. Ces dernières restent un outil parmi d’autres, mais leur traçabilité croissante en fait une cible privilégiée pour les autorités.