Une ombre historique a plané sur la Croisette, ce mercredi 20 mai, à l’occasion du 79e Festival de Cannes. « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer », première fresque cinématographique de grande envergure consacrée au général de Gaulle, était présenté hors compétition. Selon Franceinfo - Culture, ce film s’inscrit dans un projet ambitieux, mêlant reconstitution historique et enjeux artistiques.
Ce qu'il faut retenir
- Présentation hors compétition à Cannes de « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer », premier volet d’un diptyque historique
- Un budget colossal de 70 millions d’euros et une distribution de 150 acteurs pour cette fresque
- Simon Abkarian incarne le général de Gaulle, après un travail de préparation méticuleux
- Le réalisateur Antonin Baudry, ancien diplomate et auteur de BD, signe cette réalisation atypique
- Un groupe d’enfants acteurs, âgés de 6 à 8 ans, a marqué le festival par leur énergie et leur rôle dans « Les Roches rouges » de Bruno Dumont
Un projet historique entre ambition et défi
Avec un budget avoisinant les 70 millions d’euros et une distribution comptant 150 acteurs, « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer » ambitionne de restituer l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire française : la défaite de juin 1940 et le refus de capituler incarné par Charles de Gaulle. Réalisé par Antonin Baudry, ce film marque une nouvelle étape dans une carrière déjà éclectique. Ancien diplomate, auteur de bandes dessinées à succès et scénariste confirmé, Baudry s’est attelé à un personnage aussi complexe que charismatique. Dans une interview rapportée par Franceinfo - Culture, il a rappelé l’échec d’une tentative similaire dans les années 1940 : « Pour la petite histoire, à un moment donné, Roosevelt avait voulu faire un film sur De Gaulle. C’était tombé sur les épaules de William Faulkner, jeune écrivain à l’époque. Au bout de la troisième version, il écrit une lettre au producteur en lui disant : *‘Je crois qu’on devrait abandonner le personnage de De Gaulle, parce qu’on ne trouvera jamais un acteur capable de l’incarner.’* »
Face à ce défi, Antonin Baudry a choisi Simon Abkarian pour endosser le rôle-titre. Le comédien, visiblement investi, a détaillé le processus de préparation : « J’étais très enthousiaste. J’ai lu le scénario et je commençais à trembler. J’ai travaillé un mois, un mois et demi, à regarder non-stop des archives. Ensuite, scénario, apprentissage de texte, souligner, revoir, revenir… J’ai fait au-delà de mon mieux. » Son interprétation a visiblement marqué les esprits sur la Croisette.
Des acteurs en herbe sous les projecteurs
Si l’histoire a retenu l’attention des festivaliers, une autre performance a marqué la journée : celle d’un groupe d’enfants âgés de 6 à 8 ans. Ces jeunes talents, qui feront leurs débuts à l’écran dans « Les Roches rouges », le prochain film de Bruno Dumont, ont apporté une bouffée d’énergie rafraîchissante. Lors de leur passage sur la Croisette, ils n’ont retenu qu’un seul détail de leur tournage : « On sautait des rochers », ont-ils confié à l’unisson. Une anecdote qui résume à elle seule l’innocence et l’enthousiasme de ces acteurs en herbe, déjà habitués à l’exercice des médias.
Leur présence à Cannes s’inscrit dans une tradition du festival où les nouveaux talents côtoient les stars confirmées. Entre les photocalls sous haute tension et les séances photo interminables, ces jeunes comédiens ont découvert les réalités du métier — parfois brutales, souvent excitantes. Leur énergie contraste avec le professionnalisme affiché par les autres invités, rappelant que le cinéma reste, avant tout, un art accessible et universel.
Antonin Baudry, un réalisateur aux multiples facettes
Derrière la caméra, Antonin Baudry incarne une figure atypique du cinéma français. Après avoir exercé comme diplomate, il s’est tourné vers l’écriture, notamment avec la bande dessinée « Le Chant du cygne », avant de passer à la réalisation. Son parcours reflète une curiosité intellectuelle rare, qui se retrouve dans « La Bataille de Gaulle : L’âge de fer ». Le cinéaste a expliqué son approche : « Travailler sur un personnage comme de Gaulle, c’est accepter de plonger dans une complexité humaine et historique. Chaque détail compte, chaque réplique doit sonner juste. »
Son ambition ne se limite pas à une simple reconstitution. En s’attaquant à l’un des personnages les plus marquants du XXe siècle, Baudry vise à offrir une relecture accessible et immersive d’une période clé. Le film, tourné avec un soin particulier porté aux décors et aux costumes, promet une immersion dans l’atmosphère de l’époque, entre tensions politiques et drames humains.
Avec ce double hommage — à de Gaulle et aux acteurs de demain — le Festival de Cannes 2026 confirme une fois de plus son rôle de vitrine du cinéma, entre mémoire et création.
Selon Franceinfo - Culture, le budget du film s’élève à 70 millions d’euros, un montant colossal reflétant l’ambition du projet.