Le candidat d’Horizons, Édouard Philippe, a présenté son plan d’action pour ses premiers mois à la présidence de la République, s’il venait à remporter l’élection de 2027. Selon Le Figaro – Politique, celui qui se positionne comme un rassembleur de la droite et du centre compte agir rapidement, en combinant dissolution de l’Assemblée nationale et référendums constitutionnels.
Ce qu'il faut retenir
- Trois référendums sont envisagés en parallèle des élections législatives anticipées : un sur la réforme des retraites, un second sur l’inscription d’une « règle d’or » budgétaire dans la Constitution, et un troisième sur la gouvernance par ordonnances.
- La dissolution de l’Assemblée nationale est programmée dès son arrivée à l’Élysée, avec un objectif affiché : obtenir une majorité absolue pour gouverner.
- Les consultations référendaires pourraient se tenir durant les deux tours des législatives en juin 2027, ou à défaut dans les semaines suivantes.
- Édouard Philippe mise sur une alliance nouvelle, ouverte et explicitement ancrée à droite et au centre pour dépasser les clivages traditionnels.
Une stratégie en trois volets pour briser l’« impuissance publique »
Dans son discours de Reims, prononcé le 10 mai 2026, Édouard Philippe a détaillé sa feuille de route pour ses premiers mois à l’Élysée. Il entend rompre avec ce qu’il qualifie d’« impuissance publique », un terme devenu récurrent dans son vocabulaire politique. Son objectif ? Retrouver une majorité absolue à l’Assemblée nationale en dissolvant immédiatement l’hémicycle, puis de valider par référendum plusieurs réformes structurelles.
Le premier scrutin porterait sur la réforme des retraites, un sujet déjà au cœur des débats politiques ces dernières années. Le second, plus inédit, concernerait l’inscription d’une « règle d’or » budgétaire dans la Constitution. Cette dernière, inspirée de modèles européens comme celui de l’Allemagne, imposerait une discipline financière stricte aux gouvernements futurs. Enfin, un troisième référendum pourrait être organisé pour autoriser le recours aux ordonnances dans des domaines clés, une méthode permettant d’accélérer la mise en œuvre de réformes sans passer par le Parlement.
Un calendrier électoral sous haute tension
Le timing envisagé par le candidat d’Horizons est particulièrement serré. Il souhaite organiser ces trois référendums en même temps que les élections législatives anticipées, prévues initialement en juin 2027. Selon Le Figaro – Politique, il n’exclut pas de repousser légèrement la date si les consultations nécessitent plus de préparation.
Cette simultanéité entre législatives et référendums présente un double avantage stratégique. D’une part, elle permettrait de mobiliser les électeurs sur des enjeux concrets et immédiats. D’autre part, elle garantirait une légitimité démocratique renforcée aux réformes adoptées, celles-ci étant soumises directement au vote populaire. Édouard Philippe mise ainsi sur un effet de levier électoral : une victoire aux législatives lui offrirait une majorité stable pour gouverner, tandis que les référendums lui donneraient les outils constitutionnels pour agir sans entrave.
Une majorité « nouvelle et rassemblée » : la clé de voûte du projet
Au cœur de sa stratégie, Édouard Philippe place la reconstitution d’une majorité parlementaire « nouvelle, ouverte, rassemblant explicitement la droite et le centre ». Une ambition qui s’inscrit en opposition frontale avec les logiques de blocs qui ont marqué la vie politique française ces dernières années.
Lors de son intervention à Reims, il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages traditionnels pour « agir vite ». Cette volonté de dépassement s’accompagne d’un appel à la responsabilité collective, notamment auprès des électeurs. « Nous devons sortir de l’immobilisme qui paralyse notre pays », a-t-il affirmé, sans pour autant préciser les modalités concrètes de cette alliance inédite. Pour autant, cette approche suppose une capacité à fédérer au-delà des frontières partisanes, un pari risqué dans un paysage politique aussi fragmenté.
Dans un contexte où l’abstention atteint des niveaux records et où la défiance envers les institutions reste forte, cette stratégie pourrait aussi bien être perçue comme une tentative de renouvellement démocratique… ou comme une prise de risque majeure. Une chose est sûre : si elle aboutit, elle redéfinirait en profondeur l’équilibre des pouvoirs en France.
Il s’agit d’un mécanisme constitutionnel visant à encadrer strictement les dépenses publiques. Inspirée de modèles étrangers comme celui de l’Allemagne, cette règle interdirait aux gouvernements de présenter des budgets en déficit structurel, sauf circonstances exceptionnelles. En France, une version similaire avait été envisagée sous Nicolas Sarkozy, mais jamais inscrite dans la Constitution.