Un Boris Johnson méconnaissable s’est produit début mars sur la chaîne d’information britannique GB News, selon Courrier International. Depuis qu’il a annoncé en octobre 2023 son arrivée dans cette structure comme présentateur, producteur et commentateur, avec pour mission de couvrir les élections, l’ancien Premier ministre a considérablement réduit sa présence médiatique. Pourtant, cette apparition, bien que discrète, marquait un tournant : Johnson s’exprimait depuis les États-Unis, loin de l’agitation politique britannique, pour promouvoir une initiative pédagogique. Dans une vidéo diffusée lors d’un événement lié à la Semaine de Shakespeare, il a présenté sa nouvelle fonction à l’université de Miami, où il enseigne désormais aux étudiants.

L’ancien locataire du 10 Downing Street, reconnaissable à sa tignasse hirsute et à son costume mal ajusté, a partagé avec enthousiasme une anecdote sur l’une de ses élèves. « Salut tout le monde ! Je suis ici pour enseigner à l’université de Miami. Hier, j’ai rencontré une étudiante et, incroyable mais vrai, elle s’appelle Sonnet ! » a-t-il lancé, avant de préciser que celle-ci venait de Californie, un État où les prénoms originaux ne surprendraient personne. Johnson a ensuite cité le Sonnet 18 de Shakespeare, « Te comparerai-je à un jour d’été ? », pour illustrer son engagement dans cette nouvelle voie académique.

Ce qu'il faut retenir

  • Boris Johnson a annoncé en octobre 2023 son arrivée chez GB News comme présentateur, producteur et commentateur, avec pour rôle de couvrir les élections.
  • Début mars 2026, il a réalisé une apparition discrète sur cette chaîne depuis les États-Unis, où il réside désormais.
  • Il enseigne désormais à l’université de Miami, où il a partagé une vidéo promouvant la Semaine de Shakespeare.
  • Johnson a cité le Sonnet 18 de Shakespeare pour illustrer son engagement dans cette nouvelle carrière professorale.

Une reconversion médiatique et académique après le Brexit

Cette transition vers une carrière universitaire aux États-Unis intervient alors que Johnson, figure centrale du référendum de 2016 ayant conduit à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, s’éloigne progressivement de la vie politique britannique. Son engagement chez GB News, chaîne de droite, avait suscité des interrogations, d’autant que son rôle initial prévoyait même l’animation d’une série mettant en avant « la puissance de la Grande-Bretagne à travers le monde ». Pourtant, ses apparitions se sont faites plus rares depuis son installation aux États-Unis, où il semble désormais se consacrer à l’enseignement et à des projets moins politiques.

Cette nouvelle vie professionnelle contraste avec son héritage politique, marqué par la promotion du Brexit, un sujet qui continue de diviser l’opinion publique britannique près de dix ans après le vote. Johnson, qui avait d’abord été un acteur majeur de cette campagne, s’est progressivement éloigné des débats sur l’Europe pour embrasser une carrière plus discrète, bien que toujours médiatisée.

Le Brexit, toujours au cœur de l’actualité médiatique britannique

Le Brexit reste un sujet de débat intense au Royaume-Uni, neuf ans après le référendum du 23 juin 2016. Selon The New World, un média fondé au lendemain du vote pour porter la voix des 48 % d’électeurs opposés à la sortie de l’UE, l’idéologie issue de cette période s’est répandue bien au-delà des frontières britanniques. Initialement prévu pour ne durer que quelques semaines à l’été 2016 sous le nom de The New European, le titre a poursuivi sa publication pendant 437 numéros avant de changer de nom au printemps 2025. Cette transformation visait à toucher de nouveaux lecteurs, qui ressentent aujourd’hui une forme de nostalgie pour la mobilisation contre le Brexit.

Édité par le groupe Archant, The New World revendique désormais 35 000 lecteurs par semaine. Le journal, qui reste à l’équilibre financier, aborde toujours l’actualité liée au Brexit, mais élargit son champ éditorial à l’Europe, à l’international, à la culture, au sport et à la défense. Parmi ses contributeurs réguliers figurent Alastair Campbell et Andrew Adonis, deux figures proches de l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair.

Une ligne éditoriale élargie pour répondre aux nouvelles attentes

Si le Brexit reste un thème central, The New World a diversifié ses sujets pour toucher un public plus large. Le titre se présente comme un espace de réflexion pour ceux qui partagent les valeurs des opposants de 2016, tout en explorant des thématiques contemporaines. Cette approche reflète une volonté de s’adresser à un lectorat en quête de sens dans un paysage politique et social en mutation.

Parmi les sujets traités, on retrouve des analyses sur l’impact du Brexit sur l’économie britannique, les relations avec l’Union européenne, ou encore les transformations sociétales au Royaume-Uni. Le journal mise sur des contributeurs aux profils variés, comme Campbell et Adonis, pour offrir des perspectives complémentaires sur ces enjeux.

Et maintenant ?

Alors que Boris Johnson poursuit sa carrière universitaire à Miami, la question de son rôle futur dans le débat public britannique reste ouverte. Son engagement chez GB News pourrait-il reprendre une dimension plus politique à l’approche d’échéances électorales ? Par ailleurs, The New World devra continuer à adapter sa ligne éditoriale pour maintenir son lectorat dans un paysage médiatique en constante évolution. Les prochaines années pourraient révéler si le titre parvient à s’imposer comme une référence pour les opposants au Brexit et, plus largement, pour ceux qui cherchent une analyse critique des transformations politiques en Europe.

Pour l’heure, Johnson semble se satisfaire de sa nouvelle vie professorale, loin des tumultes de la vie politique britannique. Quant à The New World, son équilibre financier et sa capacité à fidéliser ses lecteurs seront déterminants pour son avenir. Une chose est sûre : le Brexit, plus de neuf ans après le vote, continue de façonner l’actualité et les débats au Royaume-Uni et au-delà.