Le leader autochtone brésilien Raoni Metuktire, figure emblématique de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne, se trouve actuellement en soins intensifs à São Paulo, moins de 48 heures après une intervention chirurgicale d’urgence. Selon Le Figaro, l’opération, réalisée samedi pour lever une occlusion intestinale, s’est déroulée « sans complication », mais son état de santé reste préoccupant. À 94 ans, le cacique Kayapo, dont la santé était déjà fragile, avait été hospitalisé en urgence dimanche dernier dans la ville de Sinop, située dans l’État du Mato Grosso, au cœur de l’Amazonie.

Ce qu'il faut retenir

  • Raoni Metuktire, 94 ans, a subi samedi une opération chirurgicale mini-invasive pour une occlusion intestinale à l’hôpital de São Paulo.
  • Il avait été hospitalisé en urgence dimanche à Sinop (Mato Grosso) après des vomissements, des douleurs abdominales et des crachats de sang, avant d’être transféré à São Paulo vendredi.
  • L’intervention s’est déroulée sans complication, mais il reçoit désormais des antibiotiques et des soins de support en soins intensifs.
  • Ce défenseur de l’Amazonie, connu pour ses rencontres avec des chefs d’État et des religieux, avait déjà été hospitalisé deux fois en mai pour une hernie, des problèmes respiratoires et cardiaques.
  • L’Amazonie, plus grande forêt tropicale du monde, est menacée par la déforestation, la pollution et le changement climatique.

Une hospitalisation en urgence dans l’État du Mato Grosso

L’hospitalisation de Raoni Metuktire a débuté dimanche 15 juin dans un hôpital de Sinop, une ville de l’État du Mato Grosso située en plein cœur de l’Amazonie. Selon les informations rapportées par Le Figaro, son état s’était rapidement dégradé au fil de la journée, avec l’apparition de vomissements répétés, de douleurs abdominales intenses et de crachats de sang. Ces symptômes, associés à une déshydratation avancée, ont conduit les médecins à le placer en soins intensifs dès son admission. « Il présentait un état grave, mais stable » avait alors précisé l’équipe médicale dans un communiqué diffusé vendredi 20 juin.

Transféré d’urgence vendredi à l’hôpital de São Paulo, Raoni Metuktire a bénéficié d’une prise en charge spécialisée en raison de la gravité de son occlusion intestinale. Les examens réalisés ont confirmé une obstruction partielle de son intestin, nécessitant une intervention chirurgicale rapide pour rétablir son transit. L’hôpital a indiqué que l’opération, réalisée selon une technique mini-invasive, s’est déroulée sans incident, mais n’a pas précisé la durée de l’intervention ni les détails de l’anesthésie.

Une santé déclinante pour le symbole de la lutte pour l’Amazonie

Raoni Metuktire, dont le nom complet est Raoni Metuktire Kayapo, est bien plus qu’un leader autochtone : il incarne depuis des décennies la résistance des peuples indigènes contre la destruction de l’Amazonie. À 94 ans, il a sillonné la planète pour alerter sur les dangers pesant sur la plus grande forêt tropicale du monde, menacée par la déforestation, la pollution des rivières et le changement climatique. Comme le rappelle Le Figaro, il a rencontré à plusieurs reprises des présidents, des monarques et même le pape François pour plaider sa cause, devenant une figure internationale de la défense de l’environnement.

Cette hospitalisation n’est malheureusement pas une première pour le cacique. En mai 2026, il avait déjà été admis à deux reprises dans un établissement médical : d’abord pour une hernie, puis pour des complications respiratoires et cardiaques. Ces épisodes successifs soulignent la fragilité croissante de sa santé, alors que son rôle symbolique reste plus que jamais essentiel dans un contexte où la pression sur l’Amazonie ne faiblit pas. En 2025, la forêt amazonienne a d’ailleurs perdu son statut de « poumon de la planète », rejetant désormais plus de 100 millions de tonnes de carbone par an, selon des études scientifiques citées par plusieurs médias.

Une prise en charge médicale sous haute surveillance

Depuis son admission en soins intensifs à São Paulo, Raoni Metuktire reçoit un traitement antibiotique et des soins de support pour favoriser sa récupération. L’hôpital a précisé qu’il était placé sous surveillance médicale constante, avec un suivi régulier de ses constantes vitales et de son état général. « Il reçoit actuellement des antibiotiques et bénéficie de soins adaptés à son état » a confirmé l’établissement dans un nouveau bulletin médical publié dimanche 21 juin. Aucune information n’a en revanche été communiquée sur la durée prévisible de son hospitalisation ni sur l’évolution de son occlusion intestinale.

Les proches du leader autochtone, ainsi que les associations de défense de l’Amazonie, ont été tenus informés de la situation. Aucune déclaration officielle n’a été publiée par la famille ou par l’APIB (Articulation des Peuples Indigènes du Brésil), mais plusieurs organisations environnementales ont exprimé leur inquiétude quant à l’état de santé de Raoni. Contacté par Le Figaro, un porte-parole de l’association « Raoni.com » a indiqué que « toute la communauté autochtone suit la situation avec attention et envoie des pensées positives à Raoni ».

Et maintenant ?

La priorité immédiate reste la stabilisation de l’état de santé de Raoni Metuktire, dont les jours ne sont pas encore hors de danger malgré l’opération réussie. Les prochaines 48 à 72 heures seront cruciales pour évaluer sa capacité à récupérer et déterminer si d’autres interventions seront nécessaires. D’ici la fin de la semaine, les médecins devraient pouvoir communiquer une première évaluation plus précise de son pronostic. Côté amazonien, la disparition de Raoni, s’il venait à survenir, laisserait un vide symbolique immense dans la lutte pour la préservation de la forêt, alors que le Brésil reste sous haute surveillance internationale pour sa politique environnementale.

En attendant, la question de la succession se pose déjà pour les peuples Kayapo, dont Raoni est l’un des plus illustres représentants. Son neveu, Megaron Txucarramãe, avait déjà été pressenti comme son successeur potentiel il y a quelques années. Cependant, aucune annonce officielle n’a été faite à ce jour concernant une éventuelle transmission de son rôle de porte-parole. Autant dire que la communauté autochtone, comme les défenseurs de l’environnement, surveillent de près l’évolution de la situation.

Raoni Metuktire Kayapo est un chef autochtone brésilien, membre du peuple Kayapo, né vers 1932. Il est devenu une figure internationale dans les années 1980 après avoir rencontré des personnalités comme le roi Charles III (alors prince de Galles) ou le pape Jean-Paul II pour dénoncer la déforestation en Amazonie. Il a cofondé en 1989 la « Fondation Raoni », dédiée à la protection des territoires indigènes et de la forêt amazonienne.

L’Amazonie fait face à plusieurs dangers majeurs : la déforestation accrue pour l’agriculture (notamment le soja et l’élevage), l’exploitation minière illégale, la construction de barrages hydroélectriques, la pollution des rivières par les pesticides, et les effets du changement climatique (sécheresses, incendies). Selon des études récentes, la forêt a perdu son rôle de puits de carbone et émet désormais plus de CO₂ qu’elle n’en absorbe.