La Caisse des Dépôts (CDC) présente un plan d’envergure pour positionner les collectivités locales comme des acteurs majeurs de l’intelligence artificielle en France, selon BFM Business. Ce projet, dévoilé le 15 juin 2026, vise à structurer une offre de services adaptés aux besoins des territoires, tout en répondant aux enjeux de souveraineté technologique et d’efficacité administrative.

Ce qu'il faut retenir

  • La CDC lance un plan dédié à l’IA pour les collectivités, avec des outils conçus pour simplifier la gestion publique et améliorer les services aux citoyens.
  • Le dispositif s’articule autour de trois axes : formation des agents, financement de projets et cadre éthique pour encadrer l’utilisation de l’IA.
  • Une enveloppe de 500 millions d’euros a été allouée pour soutenir les initiatives locales sur les trois prochaines années.
  • Le plan s’inscrit dans la continuité des recommandations du Comité IA publique, créé en 2024 pour accompagner la transition numérique des administrations.
  • Les premières collectivités pilotes, dont Grand Paris Sud et Lyon Métropole, devraient tester les solutions dès septembre 2026.

Un cadre stratégique pour encadrer l’innovation

Le plan de la CDC ne se limite pas à une simple promotion de l’IA. Il inclut un volet juridique pour garantir la conformité des outils avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD). « L’enjeu est double : accélérer l’innovation tout en protégeant les droits des citoyens », a indiqué un porte-parole de l’institution. Autant dire que la priorité est donnée à la transparence et à la maîtrise des algorithmes utilisés par les collectivités.

Parmi les mesures phares, la CDC prévoit la création d’un référentiel national pour évaluer les solutions d’IA destinées au secteur public. Ce cadre permettra aux communes et intercommunalités de sélectionner des outils fiables, en évitant les solutions « boîte noire » dont les décisions ne sont pas explicables. Une initiative saluée par les associations d’élus, comme l’Association des maires de France (AMF), qui appelle à une généralisation rapide.

Financement et accompagnement : les leviers d’action

Pour concrétiser ce projet, la CDC a mobilisé une enveloppe de 500 millions d’euros, répartis entre subventions directes et prêts à taux zéro. Les collectivités pourront ainsi financer des projets allant de l’automatisation des démarches administratives à l’analyse prédictive des besoins sociaux. « Notre objectif est de réduire les inégalités territoriales en matière d’accès à la technologie », a précisé un haut responsable de la CDC.

Un volet formation est également prévu, avec des modules en ligne et en présentiel pour familiariser les agents publics avec les outils d’IA. Les sessions, développées en partenariat avec des acteurs comme l’Institut national du service public (INSP), devraient toucher plus de 10 000 agents d’ici fin 2027. « Il ne s’agit pas seulement d’acheter des logiciels, mais de former des utilisateurs capables de les maîtriser », souligne un expert du secteur.

Les premières collectivités pilotes prêtes à démarrer

Dès septembre 2026, deux métropoles, Grand Paris Sud et Lyon Métropole, testeront des solutions d’IA pour optimiser la gestion des déchets et des transports. À Grand Paris Sud, l’objectif est de réduire de 20 % les coûts de collecte des ordures grâce à une modélisation prédictive des flux. « Nous voulons montrer que l’IA peut être un levier d’efficacité sans sacrifier la qualité du service public », explique un responsable de l’agglomération.

Côté Lyon, l’accent sera mis sur la maintenance prédictive des infrastructures, avec l’installation de capteurs connectés pour anticiper les pannes sur le réseau de chauffage urbain. « Cette approche pourrait inspirer d’autres collectivités, notamment dans les zones rurales où les budgets sont souvent plus serrés », ajoute le même responsable.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des retours des collectivités pilotes. Si les résultats sont concluants, la CDC pourrait étendre le dispositif à l’ensemble des territoires d’ici 2028. Par ailleurs, une évaluation intermédiaire est prévue pour décembre 2026, afin d’ajuster les financements et les formations en fonction des besoins identifiés. Reste à voir si les collectivités les plus modestes parviendront à suivre le rythme, malgré les aides proposées.

Pour l’heure, les acteurs du secteur public et privé attendent avec intérêt le premier bilan de cette initiative. Une chose est sûre : l’IA dans les collectivités n’est plus une option, mais une nécessité pour moderniser un service public de plus en plus sollicité.

La CDC prévoit de financer des projets variés, allant de l’automatisation des démarches administratives (comme les demandes de subventions ou les inscriptions scolaires) à l’analyse prédictive pour anticiper les besoins sociaux (ex : gestion des crèches, prévention de l’isolement des personnes âgées). Les collectivités pourront aussi bénéficier de subventions pour l’achat de logiciels d’IA, sous réserve de respecter le référentiel national élaboré par la CDC.