L’ex-candidat à la présidentielle camerounaise Issa Tchiroma Bakary a annoncé, vendredi 13 juin 2026, avoir déposé deux plaintes au tribunal judiciaire de Paris contre le président Paul Biya. Selon RFI, ces recours s’appuient sur le principe de compétence universelle, invoqué pour dénoncer la répression des manifestations consécutives à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Ancien ministre et figure de l’opposition, Issa Tchiroma Bakary, actuellement en exil en Gambie, accuse les autorités camerounaises d’avoir maintenu plusieurs milliers de personnes en détention dans des conditions qu’il qualifie d’« illégales » et contraires aux droits fondamentaux. Ces allégations visent directement le régime en place, déjà critiqué par plusieurs organisations internationales pour ses méthodes répressives.
Ce qu'il faut retenir
- Issa Tchiroma Bakary, ex-candidat à la présidentielle camerounaise, a déposé deux plaintes au tribunal judiciaire de Paris contre Paul Biya le 13 juin 2026.
- Ces recours reposent sur le principe de compétence universelle, permettant de poursuivre des crimes internationaux commis hors de France.
- Les plaintes visent la répression des manifestations ayant suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
- L’opposant dénonce la détention de « plusieurs milliers » de Camerounais dans des conditions « illégales » et contraires aux droits humains.
- Issa Tchiroma Bakary réside actuellement en exil en Gambie depuis son départ du Cameroun.
Des plaintes fondées sur la compétence universelle
Issa Tchiroma Bakary a justifié ses actions en invoquant le principe de compétence universelle, un mécanisme juridique permettant à la justice française de se saisir de crimes graves, même commis à l’étranger. Selon RFI, ces plaintes ciblent spécifiquement les autorités camerounaises, accusées d’avoir orchestré une répression systématique des opposants et manifestants après le scrutin d’octobre 2025. Cette élection, entachée de controverses sur sa transparence, avait été marquée par une forte mobilisation de l’opposition et des tensions récurrentes.
Le recours à ce principe juridique rare illustre la volonté de l’ex-opposant de contourner l’impunité dont bénéficierait, selon lui, le pouvoir camerounais. Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch, avaient déjà alerté sur la détérioration des conditions carcérales et les arrestations arbitraires au Cameroun après le scrutin. Ces plaintes pourraient, si elles aboutissent, ouvrir la voie à des poursuites contre des responsables politiques ou sécuritaires camerounais.
Des milliers de détenus dans des conditions dénoncées comme « illégales »
Dans ses plaintes, Issa Tchiroma Bakary évoque la détention de « plusieurs milliers » de Camerounais, toujours incarcérés dans des prisons du pays. Il décrit des conditions de détention « illégales », en violation flagrante des conventions internationales ratifiées par le Cameroun. Ces allégations s’ajoutent aux rapports accablants publiés par des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent régulièrement des cas de torture, des procès inéquitables et des traitements dégradants en milieu carcéral.
L’opposant, qui fut lui-même ministre sous le régime de Paul Biya avant de basculer dans l’opposition, a souligné que ces détentions prolongées et ces conditions s’inscrivaient dans une stratégie délibérée de musellement de la dissidence. « Ces pratiques sont contraires aux droits fondamentaux et doivent être condamnées sans ambiguïté », a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par ses avocats. Ces accusations pourraient renforcer les pressions internationales sur le régime de Yaoundé, déjà fragilisé par des sanctions ciblées imposées par l’Union européenne et les États-Unis.
Ces développements surviennent alors que la situation politique au Cameroun reste tendue, avec des élections locales prévues en 2027 qui pourraient à nouveau cristalliser les tensions. La communauté internationale, notamment la France et l’UE, sera attentive aux suites données à ces plaintes, dans un contexte où les questions de droits humains et de gouvernance démocratique occupent une place croissante dans les relations diplomatiques.