Selon France 24, l’opposant camerounais Issa Tchiroma Bakary, candidat malheureux à la présidentielle de 2025, a déposé deux plaintes pénales auprès du tribunal judiciaire de Paris contre le président sortant Paul Biya. Exilé en Gambie depuis plusieurs mois, il conteste la réélection de Paul Biya et dénonce les violences répressives dont il affirme avoir été victime, ainsi que ses partisans, lors de la campagne électorale et après le scrutin. Ces procédures judiciaires en France s’ajoutent aux tensions persistantes autour du processus électoral camerounais, marqué par des accusations répétées d’irrégularités et de répression politique.

Ce qu’il faut retenir

  • Issa Tchiroma Bakary, candidat à la présidentielle camerounaise de 2025, a déposé deux plaintes pénales contre Paul Biya devant le tribunal judiciaire de Paris.
  • L’opposant, actuellement exilé en Gambie, conteste la légitimité de la réélection de Paul Biya et dénonce une répression à son encontre et à celle de ses soutiens.
  • Les plaintes visent à obtenir réparation pour les violences présumées subies lors de la campagne électorale et dans son aftermath.

Un opposant en exil face à un régime contesté

Issa Tchiroma Bakary, figure historique de l’opposition camerounaise, s’est présenté comme candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2025, face au président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Selon les résultats officiels, Paul Biya aurait été réélu pour un huitième mandat, un scrutin largement contesté par l’opposition et plusieurs observateurs internationaux. Depuis son départ du Cameroun, Tchiroma Bakary multiplie les prises de parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « hold-up électoral » et de « répression systématique » contre les voix dissidentes.

Dans un entretien accordé à France 24, Marcel Amoko, correspondant du média à Yaoundé, a précisé que les deux plaintes déposées par l’opposant portent sur des chefs d’accusation liés à la répression politique et aux violences commises contre ses partisans. Les détails précis des infractions invoquées n’ont pas encore été rendus publics, mais Tchiroma Bakary évoque notamment des arrestations arbitraires, des intimidations et des exactions attribuées aux forces de l’ordre camerounaises.

Une procédure judiciaire en France, un symbole de la contestation internationale

Le dépôt de ces plaintes en France n’est pas anodin. Le Cameroun et la France entretiennent des relations diplomatiques et économiques étroites, mais Paris reste régulièrement saisi de dossiers concernant des violations des droits humains commises dans des pays africains. La Gambie, où réside Tchiroma Bakary, est un pays anglophone limitrophe du Sénégal, souvent perçu comme un havre pour les opposants en exil en raison de sa relative stabilité politique.

Pour l’opposant, cette démarche judiciaire en France vise à « faire entendre sa voix » sur la scène internationale et à mettre en lumière, selon ses termes, « les crimes du régime Biya ». Dans un communiqué relayé par France 24, il a indiqué : « Nous ne pouvons pas accepter que des élections truquées et une répression sanglante restent impunies. La justice française doit jouer son rôle. » Cette initiative pourrait également servir de levier pour mobiliser l’opinion publique internationale et les instances judiciaires européennes, comme la Cour pénale internationale (CPI), déjà saisie à plusieurs reprises pour des affaires liées au Cameroun.

Et maintenant ?

Le tribunal judiciaire de Paris va désormais examiner la recevabilité des deux plaintes déposées par Issa Tchiroma Bakary. Une première audience pourrait se tenir d’ici quelques semaines, bien que la procédure puisse s’étendre sur plusieurs mois, voire années, en fonction des recours éventuels de la défense. Si les plaintes sont jugées recevables, une enquête pourrait être ouverte, ce qui placerait la France dans une position délicate vis-à-vis de son partenaire camerounais. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer les débats sur la compétence universelle en matière de crimes internationaux, un sujet déjà controversé en Europe.

Au Cameroun, la nouvelle de ces plaintes en France risque d’alimenter les tensions politiques, déjà vives depuis la réélection contestée de Paul Biya. Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi officiellement à cette initiative judiciaire, mais leur silence pourrait être interprété comme une volonté de ne pas envenimer les relations avec Paris. Dans l’immédiat, l’enjeu pour Tchiroma Bakary reste de convaincre les instances judiciaires françaises de la légitimité de ses revendications, tout en maintenant la pression sur le régime camerounais.

Les détails exacts des chefs d’accusation n’ont pas encore été rendus publics par l’avocat de Tchiroma Bakary ou par le tribunal judiciaire de Paris. Cependant, d’après les déclarations de l’opposant, les plaintes concerneraient des faits de répression politique, d’arrestations arbitraires et de violences commises contre ses partisans lors de la campagne électorale et après l’élection de 2025. Une fois les plaintes officiellement enregistrées, le parquet français pourra décider de la suite à donner, notamment en ouvrant une enquête ou en classant le dossier sans suite.