Alors que le gouvernement a instauré une aide exceptionnelle de 100 euros pour les travailleurs gros rouleurs afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants, une campagne massive de phishing cible désormais les automobilistes. Selon Capital, des milliers de Français ont reçu un email frauduleux se faisant passer pour une notification officielle de versement d’une aide carburant, pour un montant de 108,72 euros.
Ce mail, sobrement intitulé « AIDE CARBURANT », prétend provenir d’une administration publique et annonce à ses destinataires qu’ils sont éligibles à cette compensation financière. Le message précise : « Suite à la vérification de votre dossier, nous vous confirmons que vous êtes éligible à l’aide carburant pour un montant de 109,72 euros. » L’escroquerie repose ensuite sur une urgence factice : les victimes sont invitées à cliquer sur un lien sous prétexte que leur demande doit être finalisée sous cinq jours, sans quoi leur dossier sera suspendu.
Ce qu'il faut retenir
- Un email frauduleux circule en se faisant passer pour une notification d’aide carburant de 108,72 euros.
- Le montant annoncé diffère légèrement de l’aide réelle de 100 euros mise en place par l’État.
- Les victimes sont poussées à cliquer sur un lien sous 48 heures pour éviter la suspension de leur dossier.
- Le faux site imite à l’identique le portail officiel info.gouv.fr.
- L’objectif des escrocs est de récupérer des données personnelles et bancaires pour les revendre ou les utiliser dans d’autres fraudes.
- Aucune administration ne demande de coordonnées bancaires par email, rappelle Capital.
Une escroquerie qui exploite la précarité liée au prix des carburants
Depuis plusieurs mois, la hausse des prix à la pompe pèse sur le pouvoir d’achat des automobilistes, notamment pour ceux qui dépendent quotidiennement de leur véhicule pour se rendre au travail. Face à cette situation, l’État a mis en place une aide spécifique de 100 euros pour les gros rouleurs, accessible sous conditions de revenus. Cette mesure vise à compenser partiellement le coût du carburant, dont le prix moyen au litre reste élevé en 2026.
C’est dans ce contexte de sensibilisation aux aides publiques que les cybercriminels ont conçu leur stratagème. En exploitant la méconnaissance des démarches réelles par certains usagers, ils parviennent à tromper des milliers de personnes. Selon les données de Signal-Arnaques, la plateforme spécialisée dans la lutte contre les fraudes en ligne, cette campagne de phishing connaît une ampleur inédite ces dernières semaines.
Un site miroir pour soutirer les données personnelles
Dès qu’une victime clique sur le lien contenu dans le mail frauduleux, elle est redirigée vers une page web qui imite parfaitement le design du site officiel du gouvernement, info.gouv.fr. Fond blanc, logo de l’État, bandeau Marianne : tout est reproduit avec une précision troublante pour tromper les utilisateurs les moins attentifs. Une fois sur ce faux portail, l’internaute est invité à renseigner ses informations personnelles et bancaires : nom, prénom, date de naissance, numéro de carte d’identité et surtout, son RIB.
Si la victime se conforme à cette demande, ses données sont immédiatement récupérées par les escrocs. Ces dernières sont ensuite revendues sur des forums clandestins ou utilisées pour monter d’autres arnaques, comme des prélèvements frauduleux ou des ouvertures de comptes bancaires à l’insu de la victime. Quant à l’argent promis, il ne sera jamais versé. Autant dire que le temps de réaction est désormais compté pour éviter le pire.
« Une administration ne vous demandera jamais vos coordonnées bancaires par email. Méfiez-vous systématiquement des messages urgents et des liens cliquables dans les courriels non sollicités. »
— Signal-Arnaques
Comment reconnaître et éviter ce type d’arnaque ?
Plusieurs éléments peuvent permettre de déjouer cette tromperie avant même d’ouvrir le message. D’abord, le montant indiqué dans l’email — 109,72 euros — diffère de celui de l’aide officielle, fixée à 100 euros. Ensuite, l’adresse de l’expéditeur est souvent suspecte : elle ne provient pas d’un domaine gouvernemental reconnu. Mais le signe le plus flagrant reste l’url du lien vers lequel on vous invite à cliquer. Si elle ne se termine pas par « .gouv.fr », il s’agit forcément d’une tentative de phishing.
Pour rappel, toute demande liée à l’aide carburant doit obligatoirement être effectuée directement sur le site des impôts, impots.gouv.fr. Aucune administration n’utilise le mail pour collecter des informations bancaires ou personnelles. En cas de doute, la meilleure démarche consiste à se rendre sur le site officiel sans passer par le lien reçu, ou à contacter directement le service concerné par téléphone ou via le formulaire sécurisé du portail gouvernemental.
En cas de réception d’un tel message frauduleux, il est impératif de ne surtout pas cliquer sur le lien, de ne pas répondre et de supprimer immédiatement le mail. Il est également conseillé de signaler l’arnaque sur la plateforme Signal Spam, dédiée à la lutte contre les spams et les tentatives de phishing, afin d’aider les autorités à identifier et bloquer ces campagnes malveillantes.
Pour éviter de tomber dans ce genre de piège, les experts en cybersécurité recommandent d’activer les filtres anti-spam de sa messagerie et de toujours vérifier l’authenticité des expéditeurs avant toute action. Les services fiscaux ont d’ores et déjà indiqué qu’ils ne contacteraient jamais les contribuables par email pour leur demander des informations sensibles.
Face à la recrudescence des tentatives de fraude, les associations de consommateurs et les plateformes spécialisées continuent de sensibiliser le public. Leur objectif : limiter la propagation de ces arnaques qui, chaque année, privent des milliers de Français de leurs économies.
Un email officiel ne proviendra jamais d’une adresse personnelle ou suspecte. L’url du lien doit impérativement se terminer par .gouv.fr. Enfin, rendez-vous directement sur le site officiel impots.gouv.fr sans cliquer sur le lien du mail. Aucune administration ne demande vos coordonnées bancaires par email.
Contactez immédiatement votre banque pour faire opposition aux prélèvements suspects. Déposez plainte en ligne sur le site de la police ou de la gendarmerie. Changez tous vos mots de passe et signalez l’arnaque sur Signal Spam et Signal-Arnaques pour contribuer à l’enquête.