En 2022, le groupe Touriste, connu pour ses établissements parisiens, franchit le pas du camping en lançant sa marque Campings Liberté. Quatre sites ont depuis été acquis, dont trois en métropole et un quatrième en cours d’inauguration. Avec une ambition claire : atteindre dix à quinze campings d’ici trois à quatre ans, comme l’a annoncé Adrien Gloaguen, PDG du groupe. « On vise 10 à 15 campings d'ici trois ou quatre ans », précise-t-il. Une stratégie qui s’inscrit dans un secteur porteur, où l’hôtellerie de plein air résiste mieux que le tourisme global, avec une hausse de 0,9 % en 2025, selon les données de l’Insee-Le Monde citées par Capital.

Ce qu’il faut retenir

  • Le groupe Touriste, spécialisé dans l’hôtellerie parisienne, a lancé la marque Campings Liberté en 2022, avec l’ambition d’atteindre 10 à 15 sites d’ici 2029-2030.
  • Quatre campings sont déjà opérationnels : sur la Côte de Granit rose (Bretagne), à Lacanau (Gironde), dans les gorges du Verdon et à Anduze (Cévennes).
  • Les sites misent sur une ambiance rétro et familiale, avec des infrastructures minimalistes et des espaces sécurisés pour les enfants.
  • Les équipements, comme les mobil-homes en matériaux biosourcés ou les emplacements avec Sanilodge, allient confort et durabilité.
  • Le groupe privilégie la rénovation plutôt que la construction neuve, afin de préserver les paysages et limiter l’artificialisation des sols.

Pour répondre à la question « Pourquoi Liberté ? », Julie Revuz et Adrien Gloaguen, cofondateurs de la marque, expliquent : « Parce que, à peine est-on arrivé, les enfants disparaissent. Ils savent où aller et on ne voit plus personne… c’est la liberté pour tout le monde ». Le concept repose sur un équilibre entre services organisés et autonomie, avec des animateurs présents par demi-journée, des tournois pour adolescents et des soirées dansantes réservées aux jeunes. Chaque site est conçu comme un espace fermé et sécurisé, où les parents peuvent souffler tandis que les enfants profitent d’activités adaptées.

La philosophie de Campings Liberté s’inspire directement de l’ADN du groupe Touriste. Exit les animations bruyantes ou les infrastructures tape-à-l’œil. On privilégie un style « club de vacances rétro », avec des couleurs primaires, des tentes lodges et une décoration chinée. « On n’avait pas d’architecte, on a tout fait nous-mêmes et avons adapté les thématiques selon les régions », confie Julie Revuz. Le résultat ? Une ambiance bon enfant, presque néocoloniale, qui séduit autant les habitués que les nouveaux venus. « Les gens vont autant qu’avant, si ce n’est plus, au camping », estime Adrien Gloaguen. « Ce sont les vacances disposant du meilleur rapport qualité-prix. »

Cette mixité entre clients historiques et néophytes crée une dynamique sociale particulière. Certains campeurs reviennent depuis trente ans, tandis que d’autres, souvent des urbains séduits par les services proposés, découvrent l’expérience pour la première fois. « Ça crée une mixité sociale et plus de convivialité », souligne l’entrepreneur, qui n’hésite pas à s’asseoir à la table des campeurs lors de ses visites sur site. Pour le groupe, l’enjeu est clair : incarner une présence humaine, là où l’hôtel peut parfois rester anonyme.

Le groupe Touriste applique ici son expertise hôtelière à l’univers du camping. Les literies, par exemple, sont identiques à celles de ses sept établissements parisiens, avec de vraies couettes et des matelas de qualité. Les mobil-homes, quant à eux, disposent tous d’une douche individuelle. Pour ceux qui préfèrent un emplacement nu, il est désormais possible d’ajouter un Sanilodge – comprenant douche, cuisine et toilettes individuelles – pour un supplément de 30 à 40 euros. Une option qui répond à une demande croissante de confort, sans pour autant sacrifier l’esprit « plein air ».

Côté durabilité, Campings Liberté mise sur des matériaux écoresponsables. Les mobil-homes abandonnent le PVC blanc au profit de bois brûlé, de toile de coton épaisse et de matériaux biosourcés. Les sites intègrent aussi des jardins aromatiques pour les campeurs, un système de tri des déchets et une gestion antigaspi pour les produits non entamés. « Plutôt que de construire du neuf, on rachète et on transforme », explique Adrien Gloaguen. L’objectif ? Révéler le potentiel d’un lieu en y touchant le moins possible, tout en évitant la bétonisation des sols. Une approche qui séduit une clientèle de plus en plus sensible à l’impact environnemental de ses vacances.

Et maintenant ?

Le groupe Touriste devrait annoncer prochainement le prochain site à intégrer son réseau, probablement dans une région encore non représentée comme les Pyrénées ou la Normandie. L’objectif reste d’atteindre 10 à 15 campings d’ici 2029, mais la sélection des emplacements devra concilier demande touristique, accessibilité et respect des écosystèmes locaux. Par ailleurs, la marque envisage d’étendre son offre de services, comme des partenariats avec des producteurs locaux pour les repas, afin de renforcer son positionnement haut de gamme.

Avec un secteur du camping en croissance malgré un contexte économique incertain, Campings Liberté mise sur un modèle équilibré : assez premium pour attirer une clientèle urbaine, mais assez accessible pour conserver son âme populaire. Reste à voir si cette formule parviendra à fidéliser ses nouveaux clients sur le long terme, ou si certains reviendront vers les campings traditionnels, moins chers mais aussi moins équipés.

Les réservations s’effectuent directement sur le site officiel de la marque, www.campingsliberte.fr. Il est possible de choisir entre des emplacements nus, des mobil-homes ou des tentes lodges, selon les disponibilités et la saison. Les prix varient en fonction du type d’hébergement et de la durée du séjour.