Le cinéaste français Boris Lojkine, réalisateur notamment du film « L’Histoire de Souleymane », a réagi publiquement à la décision du groupe Canal+ d’arrêter de financer les critiques de Vincent Bolloré, milliardaire et actionnaire historique du groupe. Une mesure perçue comme une forme de censure par plusieurs personnalités du monde culturel, dont Lojkine, qui a co-signé la pétition « Zapper Bolloré ». Selon Libération, cette initiative vise à protester contre l’influence croissante du milliardaire sur les contenus éditoriaux du groupe audiovisuel. Lojkine, qui a collaboré à plusieurs reprises avec Canal+, s’est dit « surpris et inquiet » par cette décision. « Comment ne pas manifester son inquiétude ? » a-t-il déclaré, soulignant que cette mesure pourrait restreindre la liberté éditoriale du groupe et affaiblir le pluralisme des voix critiques dans les médias.
Ce qu'il faut retenir
- Canal+ a décidé de cesser de financer les critiques du milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire historique du groupe.
- Cette décision a été prise après la signature d’une pétition intitulée « Zapper Bolloré », portée par plusieurs personnalités culturelles.
- Le réalisateur Boris Lojkine, signataire de la pétition, s’est exprimé publiquement sur le sujet, évoquant une « inquiétude » légitime.
- Lojkine a travaillé à plusieurs reprises avec Canal+, ce qui renforce l’impact de sa prise de position.
Une pétition pour protester contre l’influence de Bolloré
La pétition « Zapper Bolloré » a été lancée pour dénoncer l’emprise croissante du milliardaire sur les contenus diffusés par Canal+. Selon Libération, cette initiative a recueilli des centaines de signatures parmi des artistes, journalistes et intellectuels. Le groupe audiovisuel, historiquement lié à Bolloré, est désormais perçu par certains comme un outil de contrôle éditorial au service des intérêts du milliardaire. Pour ses défenseurs, cette pétition vise à préserver l’indépendance des médias et à éviter que des intérêts privés ne dictent les orientations éditoriales. Plusieurs signataires, comme Lojkine, estiment que la décision de Canal+ de suspendre le financement des critiques de Bolloré est une réponse directe à cette mobilisation.
Boris Lojkine : « Rester les bras croisés n’est pas une option »
Dans un entretien accordé à Libération, Boris Lojkine a expliqué les raisons de son engagement. « On ne peut pas rester les bras croisés face à une telle situation », a-t-il affirmé. Le réalisateur, dont le film « L’Histoire de Souleymane » a été soutenu par Canal+, juge cette décision « symptomatique d’un problème plus large » : celui de la concentration des pouvoirs médiatiques entre les mains de quelques milliardaires. Lojkine a également rappelé que la liberté de la presse et la diversité des opinions étaient des piliers essentiels de la démocratie. « Quand un groupe comme Canal+ se soumet à des logiques de contrôle externe, c’est toute la société qui en pâtit », a-t-il ajouté. Sa prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large de défense des médias indépendants, déjà fragilisés par les rachats successifs dans le secteur audiovisuel.
« Comment ne pas manifester son inquiétude ? Quand un groupe comme Canal+ se soumet à des logiques de contrôle externe, c’est toute la société qui en pâtit. »
— Boris Lojkine, réalisateur et signataire de la pétition « Zapper Bolloré »
Il s’agit d’une pétition lancée pour protester contre l’influence du milliardaire Vincent Bolloré sur les contenus éditoriaux de Canal+. Elle dénonce une forme de censure et demande la fin de son contrôle sur les orientations du groupe.