Cinq ans après le lancement de l’expérimentation sur l’usage du cannabis médical en France, des centaines de patients attendent toujours sa généralisation. Selon Ouest France, cette phase pilote, qui devait initialement durer deux ans, a été prolongée à trois reprises, permettant à des patients souffrant de douleurs réfractaires de bénéficier d’un traitement de dernier recours. Pourtant, malgré des résultats jugés encourageants par les professionnels de santé, le cadre légal reste inchangé.
Ce qu'il faut retenir
- L’expérimentation sur le cannabis médical en France a débuté il y a cinq ans et a été prolongée à trois reprises.
- Des centaines de patients, atteints de douleurs chroniques sévères, ont pu bénéficier d’un traitement en dernière intention.
- Le cadre légal n’a pas évolué depuis le début de l’expérimentation, malgré des résultats jugés positifs par les acteurs médicaux.
- Les patients et leurs proches s’interrogent sur la suite à donner à ce dispositif.
Une expérimentation prolongée à cinq reprises
Lancée en mars 2021, l’expérimentation sur le cannabis médical avait pour objectif d’évaluer l’efficacité et la tolérance de ce traitement chez des patients atteints de maladies graves, comme l’épilepsie résistante, les douleurs neuropathiques ou les effets secondaires de la chimiothérapie. Initialement prévue pour durer deux ans, elle a été étendue à cinq reprises, jusqu’à l’été 2026. « Cette prolongation reflète l’intérêt des pouvoirs publics pour ce sujet, mais aussi la complexité à faire évoluer la législation », explique un médecin spécialisé cité par Ouest France.
Des centaines de patients concernés, mais pas de généralisation
Selon les dernières données disponibles, plus de 3 000 patients ont été inclus dans l’expérimentation depuis son lancement. Parmi eux, une majorité souffre de douleurs chroniques intenses, pour lesquelles les traitements conventionnels se révèlent inefficaces. « Pour ces patients, le cannabis médical représente une alternative crédible, mais son accès reste limité aux seuls participants à l’expérimentation », précise un pharmacien interrogé par le quotidien. Pourtant, les retours d’expérience des équipes soignantes sont globalement positifs, avec une amélioration notable de la qualité de vie pour une partie des patients.
Un cadre légal toujours figé malgré des résultats encourageants
Malgré les conclusions intermédiaires rendues publiques par les autorités sanitaires, confirmant l’absence de danger majeur et une efficacité variable selon les pathologies, le cannabis médical n’a toujours pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché en France. « Le processus réglementaire est long et semé d’embûches, notamment en raison des réticences persistantes au sein de certains cercles médicaux et politiques », souligne un membre de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). À ce jour, aucun calendrier n’a été annoncé pour une éventuelle généralisation, laissant les patients dans l’incertitude.
« Le cannabis médical n’est pas une solution miracle, mais pour certains patients, il représente la seule option viable. La question n’est plus de savoir s’il faut le légaliser, mais quand et comment. »
— Pr [Nom], chef du service de neurologie d’un CHU français
En attendant, les patients et leurs familles restent dans l’expectative. Certains optent pour des solutions alternatives à l’étranger, tandis que d’autres tentent de se procurer du cannabis médical via des circuits parallèles, malgré les risques juridiques encourus. Pour l’heure, seule une poignée de spécialistes, principalement en oncologie et en neurologie, est autorisée à prescrire ce traitement dans le cadre strict de l’expérimentation.
L’expérimentation porte principalement sur les douleurs chroniques réfractaires, l’épilepsie résistante aux traitements, les effets indésirables de la chimiothérapie (nausées, vomissements), ainsi que certaines formes de sclérose en plaques. Ces indications ont été validées par l’ANSM en 2021.
Non. En France, la prescription de cannabis médical est strictement encadrée et réservée aux patients inclus dans l’expérimentation. Toute autre utilisation, même à des fins thérapeutiques, reste illégale et passible de sanctions pénales.