Un ouvrage d’enquête consacré à Bernard Arnault, président-directeur général du groupe LVMH, a été retiré des points de vente Relay contrôlés par le groupe Bolloré. C’est ce qu’indique Libération, qui souligne que cette décision intervient alors que l’historienne Audrey Millet publiait un livre critique sur l’empereur du luxe français. « Un service rendu à Bernard Arnault », écrit le quotidien, alors que le milliardaire cherchait à limiter la visibilité de l’ouvrage. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la manœuvre a échoué.
Ce qu'il faut retenir
- Un livre de l’historienne Audrey Millet sur Bernard Arnault a été banni des Relay, contrôlés par le groupe Bolloré.
- L’ouvrage, intitulé « Bernard Arnault, l’empereur des marques », fait l’objet d’une enquête critique sur le PDG de LVMH.
- Bernard Arnault aurait fait pression pour limiter la diffusion de l’ouvrage, selon Libération.
- Le groupe Bolloré, via ses Relay, a retiré le livre de la vente, empêchant sa diffusion dans ces points de vente.
- Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre médias et grands groupes industriels en France.
Un livre critique sur Bernard Arnault retiré des Relay
L’historienne Audrey Millet a publié un ouvrage intitulé « Bernard Arnault, l’empereur des marques », une enquête approfondie sur le parcours et l’influence du PDG de LVMH. Selon Libération, ce livre aurait suscité des réticences du côté du milliardaire, qui aurait cherché à en limiter la diffusion. L’autrice, spécialiste des questions économiques et culturelles, y analyse notamment les stratégies de pouvoir et les réseaux d’influence d’Arnault, l’un des hommes les plus riches du monde. L’ouvrage, salué par certains milieux intellectuels pour son approche rigoureuse, a rapidement attiré l’attention des médias.
Pourtant, le livre a disparu des étals des Relay, ces points de vente contrôlés par le groupe Bolloré, propriété de Vincent Bolloré. « C’est un précédent inquiétant pour notre démocratie », estime Libération, qui souligne que cette décision pourrait s’apparenter à une forme de censure déguisée. Les Relay, présents dans les gares, aéroports et centres-villes, représentent un réseau de distribution stratégique en France. Leur contrôle par un groupe industriel aussi puissant que Bolloré soulève des questions sur l’indépendance de la presse et la liberté d’expression.
Une pression exercée par Bernard Arnault ?
Selon les informations recueillies par Libération, Bernard Arnault aurait fait part de son mécontentement quant à la sortie de l’ouvrage, estimant que celui-ci nuisait à son image. Plusieurs sources citées par le quotidien évoquent des démarches discrètes, voire des pressions indirectes, exercées auprès des relais de diffusion pour éviter que le livre ne soit trop visible.
« Bernard Arnault voulait le moins de publicité possible autour de cet ouvrage », indique le journal. Pourtant, la manœuvre semble avoir eu l’effet inverse, en attirant l’attention sur le livre et sur les méthodes utilisées pour le faire taire.
Contacté par Libération, le groupe Bolloré n’a pas immédiatement réagi. De son côté, LVMH n’a pas répondu aux sollicitations du quotidien. Quant à Audrey Millet, elle a déclaré que cette censure était « symptomatique d’un système où l’argent et le pouvoir étouffent le débat public ». Son éditeur, les éditions du Seuil, a confirmé que l’ouvrage était toujours disponible en librairie, mais que sa diffusion dans les Relay avait été bloquée sans explication formelle.
Un précédent pour la liberté de la presse ?
Cette affaire rappelle d’autres cas de retrait de livres ou d’ouvrages critiques dans des réseaux de distribution contrôlés par des grands groupes. Pour les défenseurs de la liberté de la presse, cette censure indirecte pose un problème de taille : elle montre que les acteurs économiques peuvent influencer la visibilité des idées, y compris par des moyens détournés. Libération souligne que cette situation intervient dans un contexte où les médias indépendants sont de plus en plus sous pression, que ce soit par des rachats ou par des pressions économiques.
Pourtant, cette affaire pourrait aussi avoir un effet contre-productif. En voulant faire disparaître le livre des Relay, Bernard Arnault et Vincent Bolloré ont attiré l’attention sur son existence. Les ventes en ligne et dans les librairies traditionnelles ont d’ailleurs connu une hausse significative depuis l’annonce du retrait, selon plusieurs libraires contactés par Libération. Autant dire que la stratégie de discrétion a échoué.
Reste à voir si cette affaire déclenchera un débat plus large sur la concentration des médias et l’indépendance des réseaux de distribution. Une chose est sûre : le livre d’Audrey Millet, loin d’être étouffé, bénéficie désormais d’une publicité inattendue.
Selon Libération, cette décision aurait été prise sous la pression de Bernard Arnault, qui souhaitait limiter la visibilité d’un ouvrage critique à son égard. Aucune explication officielle n’a été donnée par le groupe Bolloré.