Le roi Charles III s’apprête à rendre publique sa fiche d’impôts pour l’année fiscale 2024-2025, une démarche inédite pour un souverain britannique, selon Le Figaro. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affichée de transparence et d’adaptation aux nouvelles attentes institutionnelles, comme l’a confirmé un porte-parole de Buckingham Palace ce samedi.
Ce qu'il faut retenir
- Première publication des revenus fiscaux personnels d’un monarque britannique en exercice.
- Le roi Charles III met en avant une logique de « clarté et d’accessibilité » pour les finances royales.
- Les sources de revenus incluent les rendements du duché de Lancastre, des investissements et des résidences privées.
- Le « Privy Purse », revenu privé du souverain, s’élève à 26,8 millions de livres (30,9 millions d’euros) pour l’exercice 2024-2025.
- Charles III paie des impôts sur ses revenus personnels et ses plus-values, conformément à un mémorandum de 2023.
Cette annonce marque une rupture avec la tradition de discrétion fiscale qui caractérisait jusqu’ici la monarchie britannique. Selon Le Figaro, le souverain a pris cette décision de son propre chef, dans le cadre des adaptations constitutionnelles et médiatiques mises en œuvre depuis son accession au trône en septembre 2022. « Bien que ce soit la première fois qu'un monarque divulgue ces informations fiscales personnelles, vous vous souvenez peut-être que sa Majesté les avait déjà rendues publiques quand il était prince de Galles », a rappelé un porte-parole de Buckingham Palace, cité par l’agence Press Association.
Le détail de la fiche d’imposition pour 2024-2025 devrait être publié dans les prochains jours, comme l’a indiqué la même source. Charles III entend ainsi « expliquer tous les éléments des finances royales d’une façon qui améliore encore la clarté et l’accessibilité, tout en les plaçant dans un contexte historique et constitutionnel ». Une phrase résume l’esprit de cette démarche : « Nous continuons de nous moderniser et d’évoluer », a précisé le porte-parole, soulignant que l’objectif était de renforcer la confiance du public dans les institutions.
Un patrimoine diversifié et des revenus soumis à l’impôt
Les revenus personnels du roi Charles III proviennent de plusieurs sources, parmi lesquelles figurent les rendements des investissements et des actions, les loyers de ses résidences privées ainsi que les revenus de ses comptes bancaires. Parmi ces actifs, le duché de Lancastre occupe une place centrale. Ce domaine historique, qui appartient au souverain depuis des siècles, génère un revenu annuel privé baptisé « Privy Purse ». Pour l’exercice fiscal 2024-2025, ce revenu s’élève à 26,8 millions de livres sterling, soit l’équivalent de 30,9 millions d’euros, d’après les chiffres communiqués par la monarchie.
Ce « Privy Purse » a pour vocation de couvrir non seulement les dépenses officielles du roi, mais aussi ses dépenses personnelles, ainsi que celles des autres membres de la famille royale. « Il permet d’assurer l’autonomie financière de la Couronne et de financer les activités de la monarchie sans recourir aux fonds publics », explique un expert en finances royales. Par ailleurs, conformément à un mémorandum sur la taxation royale ratifié en 2023 et approuvé par le gouvernement britannique, Charles III s’acquitte d’impôts sur l’intégralité de ses revenus personnels, y compris les plus-values de ses actifs concernés.
Une transparence accrue, mais des limites subsistent
Si la publication de la fiche d’impôts du souverain représente une avancée significative en matière de transparence, elle ne concerne que ses revenus personnels. Ainsi, le prince William, héritier du trône, ne rend pas publiques ses propres déclarations fiscales, bien qu’il s’acquitte du niveau d’impôt sur le revenu le plus élevé au sein de la famille royale. Cette distinction s’explique par le fait que William, en tant que duc de Cambridge, ne perçoit pas de revenu direct comparable à celui du souverain, dont les ressources proviennent en grande partie du patrimoine de la Couronne.
La monarchie britannique, depuis des siècles, fonctionne selon un modèle où les dépenses publiques de la famille royale sont financées par le « Sovereign Grant », une dotation annuelle issue des profits des domaines immobiliers de la Couronne, notamment le parc immobilier de Regent Street à Londres. En revanche, les revenus privés du monarque, comme ceux issus du duché de Lancastre, échappent à ce système et sont soumis à l’impôt depuis 1993, lorsque la reine Elizabeth II avait accepté de payer des impôts sur ses revenus personnels. « Cette séparation entre les fonds publics et privés permet de garantir une certaine indépendance financière à la monarchie tout en maintenant une responsabilité fiscale », souligne un constitutionnaliste.
Un tournant dans la communication de la monarchie
La décision de Charles III s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’image de la monarchie britannique, amorcée depuis son accession au trône. Après des décennies où la discrétion et la réserve étaient de mise, le nouveau souverain a multiplié les gestes symboliques visant à rapprocher la Couronne des citoyens. Parmi ces initiatives, on peut citer l’ouverture progressive des résidences royales au public, l’utilisation des réseaux sociaux par les membres de la famille royale ou encore la participation active à des événements culturels et environnementaux.
« Pour le dire simplement : nous continuons de nous moderniser et d’évoluer », avait résumé le porte-parole de Buckingham Palace. Cette volonté de transparence répond également à un contexte sociétal marqué par une exigence accrue de responsabilité et de probité chez les responsables politiques et institutionnels. En publiant sa fiche d’impôts, Charles III envoie un signal fort : celui d’une monarchie prête à rendre des comptes, tout en assumant son rôle traditionnel. « Notre objectif est d’expliquer tous les éléments des finances royales d’une façon qui améliore encore la clarté et l’accessibilité », avait-il été indiqué.
Cette publication s’inscrit dans une dynamique de renouvellement de l’image de la monarchie britannique, à l’heure où Charles III cherche à incarner une institution plus proche des citoyens, tout en préservant les traditions qui font son identité. Une équation délicate, mais que le souverain semble déterminé à relever, un impôt à la fois.
Le roi Charles III a choisi cette démarche dans un souci de transparence et de modernisation de l’institution monarchique. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cette décision s’inscrit dans le cadre des adaptations mises en œuvre depuis son accession au trône en septembre 2022. Contrairement à ses prédécesseurs, qui bénéficiaient d’une discrétion totale sur leurs revenus privés, Charles III a souhaité s’aligner sur les attentes contemporaines en matière de responsabilité fiscale, notamment après avoir déjà rendu publiques ses déclarations d’impôts en tant que prince de Galles.