L’entreprise Château Blanc, spécialisée dans la production industrielle de pains, viennoiseries et pâtisseries et détenue par le groupe Holder – également propriétaire des boulangeries Paul –, annonce l’ouverture d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) susceptible de toucher jusqu’à 220 postes. Selon BFM Business, cette mesure s’accompagnera de la fermeture de l’une de ses trois usines, située à Marcq-en-Baroeul, près de Lille. Une décision qui intervient après plusieurs années de difficultés structurelles et une tentative infructueuse de trouver un repreneur pour le site concerné.
Ce qu'il faut retenir
- Château Blanc, filiale du groupe Holder, ouvre un PSE visant jusqu’à 220 postes sur un total de 400 employés en mars 2026.
- La fermeture de l’usine de Marcq-en-Baroeul, près de Lille, est actée pour recentrer les activités sur les deux autres sites, à La Madeleine et Tilloy-lès-Mofflaines.
- Le site de Marcq-en-Baroeul, déficitaire et sous-utilisé (37 % de ses capacités), produit majoritairement pour des clients externes, contrairement aux deux autres unités.
- Cinq offres de reprise ont été reçues, mais elles privilégient les reprises d’actifs avec des options de reclassement pour le personnel.
- En mars 2026, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires de 90 millions d’euros pour 400 salariés.
Un plan social justifié par des difficultés structurelles
Château Blanc a confirmé, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse (AFP), l’ouverture d’un PSE « avec à date un maximum de 220 postes concernés ». L’entreprise insiste sur sa volonté de « maximiser les possibilités de reclassement » pour les salariés impactés. Cette annonce s’inscrit dans un contexte de restructuration plus large, alors que Château Blanc a déjà engagé une procédure de redressement judiciaire depuis le mois de mars 2026. Cette démarche visait à obtenir le soutien du tribunal de commerce pour élargir la procédure et protéger davantage les emplois.
Selon les informations recueillies par BFM Business, l’usine de Marcq-en-Baroeul, ouverte en 1989, n’a jamais réussi à atteindre un seuil de rentabilité satisfaisant. En 2025, son taux d’utilisation n’était que de 37 % de ses capacités de production, un niveau jugé insuffisant pour assurer la pérennité du site. « Nous avons étudié toutes les options possibles ces deux dernières années pour éviter une telle issue », a souligné Château Blanc, sans pour autant parvenir à trouver une solution viable.
Une usine en quête de repreneur depuis plusieurs mois
Dès le début du mois de mars 2026, Château Blanc avait lancé une recherche active de repreneur pour son usine de Marcq-en-Baroeul. Les candidats avaient jusqu’au vendredi 13 juin 2026 pour déposer leurs offres finales. Pourtant, malgré cet appel, l’entreprise se dit déjà consciente que les cinq propositions reçues « porteront avant tout sur des reprises d’actifs avec des options de reclassements pour le personnel ». Autrement dit, aucune offre ne garantit le maintien intégral des 130 emplois actuels du site.
Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontées les entreprises industrielles françaises, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire. Le groupe Holder, bien que leader sur le marché des boulangeries artisanales avec les enseignes Paul, Paul Custom et Burger King France, peine à concilier rentabilité et préservation des emplois dans ses filiales industrielles. Château Blanc, qui emploie 400 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 90 millions d’euros, reste un acteur secondaire du groupe, loin derrière les activités phares de Holder.
Un recentrage sur deux sites pour sauver les emplois
Pour Château Blanc, la fermeture de l’usine de Marcq-en-Baroeul est présentée comme une nécessité pour « se recentrer et pérenniser les activités et emplois » des deux autres sites de production. Ceux-ci, situés à La Madeleine (Nord) et Tilloy-lès-Mofflaines (Pas-de-Calais), produisent à 90 % pour le compte du groupe Holder. Contrairement à Marcq-en-Baroeul, ces unités affichent une rentabilité stable, ce qui a conduit la direction à privilégier leur maintien.
La date exacte de fermeture de l’usine lilloise n’a pas encore été communiquée. Elle « sera à définir ultérieurement », précise Château Blanc. Cette incertitude laisse planer le doute sur le calendrier des consultations sociales avec les représentants du personnel, une étape obligatoire dans le cadre d’un PSE. Les syndicats ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils entendaient examiner en détail les modalités de ce plan, notamment les mesures d’accompagnement proposées aux salariés concernés.
Des reclassements envisagés, mais aucune garantie pour l’avenir
Dans son communiqué, Château Blanc rappelle que son objectif prioritaire reste « de maximiser les possibilités de reclassement » pour les 220 postes menacés. Cependant, l’entreprise ne précise pas si des négociations sont déjà engagées avec les deux autres sites ou avec d’éventuels partenaires industriels. Les salariés de Marcq-en-Baroeul pourraient, en théorie, être transférés vers les autres unités du groupe, mais la distance géographique (plus de 50 km entre Marcq-en-Baroeul et La Madeleine) et les spécificités des postes rendent cette solution peu probable pour l’ensemble des effectifs.
Par ailleurs, Château Blanc n’exclut pas de recourir à des mesures de préretraite ou à des dispositifs de départ volontaire, comme cela est souvent le cas dans les PSE. Ces options, bien que coûteuses pour l’entreprise, permettent généralement d’éviter des licenciements secs. Reste à savoir si les effectifs restants des deux autres sites pourront absorber une partie des salariés, ou si des licenciements économiques seront inévitables.
Cette affaire soulève à nouveau la question de la pérennité des sites industriels en France, dans un contexte de concurrence accrue et de pression sur les marges. Pour Château Blanc, la fermeture de Marcq-en-Baroeul marque la fin d’une époque, mais aussi l’espoir de préserver les emplois restants. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits, ou si d’autres plans sociaux suivront dans les années à venir.
Château Blanc n’a pas détaillé les critères précis d’éligibilité aux mesures de reclassement. Ces éléments seront probablement définis lors des négociations avec les représentants du personnel, dans le cadre de la procédure de PSE. Les critères pourront inclure l’ancienneté, les compétences transférables ou encore la volonté des salariés concernés. BFM Business souligne que l’entreprise s’est engagée à privilégier les solutions internes avant d’envisager des licenciements.