Près d’un millier de lycéens et étudiants se sont rassemblés jeudi 14 mai 2026 dans le centre de Santiago, la capitale chilienne, pour dénoncer les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement de José Antonio Kast. Selon RFI, la Confédération des étudiants du Chili (Confech) a appelé à cette mobilisation afin de protester contre la politique éducative du président d’extrême droite, en fonction depuis seulement deux mois.
Ce qu'il faut retenir
- 1 000 manifestants environ, lycéens et étudiants, ont défilé à Santiago le 14 mai 2026
- La mobilisation a été organisée par la Confech, principale confédération étudiante du pays
- Les protestataires critiquent les coupes budgétaires du gouvernement Kast, perçues comme une menace pour l’enseignement public
- Le président José Antonio Kast, en fonction depuis deux mois, est visé par cette contestation
- Les manifestants craignent une précarisation accrue du système éducatif public chilien
La journée de mobilisation s’est déroulée dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis son investiture, José Antonio Kast, figure de l’extrême droite chilienne, a multiplié les annonces de restrictions budgétaires, notamment dans les secteurs sociaux. Côté éducation, les craintes portent sur une réduction des subventions aux établissements publics, une hausse des frais de scolarité et une dégradation des conditions d’enseignement.
« Nous refusons que l’État se désengage de l’éducation publique, qui doit rester un droit accessible à tous, et non un privilège pour quelques-uns », a déclaré Valentina Saavedra, porte-parole de la Confech, lors de la manifestation. Selon elle, les mesures envisagées par le gouvernement risquent d’aggraver les inégalités sociales déjà criantes dans le pays. « Ces coupes vont toucher en priorité les familles les plus modestes, celles qui dépendent à 100 % du système public », a-t-elle ajouté.
Les organisateurs de la protestation ont également dénoncé le manque de concertation avec les acteurs du monde éducatif. « Aucune discussion n’a été engagée avec les enseignants, les élèves ou les syndicats avant l’annonce de ces mesures. C’est une politique du fait accompli », a souligné un représentant étudiant sous couvert d’anonymat. La mobilisation s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation contre la politique économique et sociale du gouvernement Kast, perçu comme ultra-libéral par ses détracteurs.
Cette journée de protestation intervient alors que le Chili traverse une période de fortes tensions sociales. Depuis le début de l’année, plusieurs mouvements de grève ont éclaté dans divers secteurs, des mineurs aux travailleurs du transport. La société chilienne reste marquée par les séquelles des mouvements de 2019-2020, qui avaient conduit à une refonte partielle de la Constitution, rejetée par référendum en 2022. Le gouvernement Kast, élu sur un programme de fermeté et de rigueur budgétaire, incarne une ligne politique en rupture avec les revendications portées par une partie de la population.
Cette mobilisation étudiante pose aussi la question de la pérennité des réformes éducatives engagées ces dernières années. Après des années de revendications pour un système plus équitable, les mesures actuelles pourraient, selon les observateurs, « revenir en arrière de plusieurs décennies ». Pour l’instant, ni le gouvernement ni la Confech n’ont proposé de compromis.
Les étudiants dénoncent principalement une réduction des subventions aux établissements publics, une hausse potentielle des frais de scolarité et une baisse des budgets alloués à la formation des enseignants. Selon la Confech, ces coupes pourraient entraîner une dégradation des infrastructures scolaires et une précarisation accrue du corps enseignant.