L’objectif affiché par Emmanuel Macron en 2022 de réduire le chômage à 5 % d’ici 2027 semble désormais hors de portée, comme le rapporte Le Figaro. Les dernières prévisions de l’Insee, publiées à l’approche de l’été 2026, tablent sur un taux de chômage à 8,4 % en décembre prochain, soit près du double de l’ambition initiale. Ce revirement intervient après une période de relative amélioration sous le premier quinquennat du président, où le chômage était descendu à 7,4 % au printemps 2022, lors de sa réélection.
Dans une chronique publiée ce 21 juin 2026, l’économiste Jean-Pierre Robin dresse un bilan sévère de la politique macro-économique menée par l’exécutif. Il identifie sept erreurs majeures, dont la plus flagrante réside, selon lui, dans « l’erreur de nommer les choses ». La notion de « plein-emploi », brandie comme un étendard politique, aurait été mal définie, voire instrumentalisée, sans tenir compte des réalités structurelles du marché du travail français. Un diagnostic partagé par plusieurs observateurs, alors que le nombre de chômeurs s’élève désormais à 2,591 millions de personnes.
Ce qu'il faut retenir
- Taux de chômage prévu : 8,4 % fin 2026 selon l’Insee, contre 5 % espérés par Emmanuel Macron en 2022 pour 2027.
- Nombre de chômeurs : 2,591 millions de personnes en juin 2026, selon les dernières données disponibles.
- Promesse électorale : Le président s’était engagé à atteindre le plein-emploi en 2027, une ambition qualifiée de « volontaire mais atteignable » à l’époque.
- Comparaison historique : Le taux de 7,4 % enregistré en 2022 était le plus bas depuis des années, mais la tendance s’est inversée depuis.
- Critique de la méthode : Jean-Pierre Robin, dans sa chronique pour Le Figaro, pointe une « erreur de nommer les choses », jugeant le concept de plein-emploi mal défini.
Un objectif de plein-emploi devenu inaccessible
Lors de sa campagne pour un second mandat en 2022, Emmanuel Macron avait fait du plein-emploi un pilier de son programme. « Objectif plein-emploi », martelait-il, avant d’ajouter que ce seuil serait atteint à 5 % en 2027. Pourtant, les projections de l’Insee, publiées en juin 2026, dessinent un tout autre scénario. Le taux de chômage, qui oscillait autour de 7,4 % en 2022, devrait en effet atteindre 8,4 % d’ici la fin de l’année, soit une hausse de près d’un point en quatre ans. Autant dire que l’écart avec l’objectif fixé est désormais trop important pour être comblé.
Cette situation rappelle étrangement l’expérience de François Hollande, dont le quinquennat avait été marqué par la formule désormais célèbre de « l’inversion de la courbe du chômage ». Comme son prédécesseur, Emmanuel Macron a connu une inversion, mais dans l’autre sens : après une baisse en début de mandat, le chômage a rebondi, invalidant les prévisions optimistes. Un phénomène qui interroge sur la capacité des gouvernements successifs à maîtriser un phénomène aussi complexe que le chômage de masse.
Les sept erreurs pointées par Jean-Pierre Robin
Dans sa chronique, Jean-Pierre Robin, ancien rédacteur en chef adjoint du service économique du Figaro, énumère les raisons de cet échec. La première, et la plus évidente selon lui, est « mal nommer les choses ». Le concept de plein-emploi, souvent brandi comme une solution magique, serait en réalité mal compris. Pour l’économiste, ce terme recouvre une réalité bien plus complexe que la simple absence de chômage, incluant des notions comme la qualité des emplois, la formation des travailleurs ou encore la flexibilité du marché du travail.
Les six autres erreurs identifiées par Robin touchent à des aspects plus concrets : une politique de formation jugée insuffisante, un manque de dialogue social, une fiscalité perçue comme trop lourde pour les entreprises, ou encore une gestion erratique des dépenses publiques. Autant de leviers que l’exécutif n’aurait pas actionnés avec assez de détermination, selon l’auteur. « Bref, on a cru que le marché pouvait tout régler », résume-t-il, pointant du doigt une vision libérale de l’économie qui aurait sous-estimé les déséquilibres structurels.
Un contexte économique et social dégradé
Cette remontée du chômage s’inscrit dans un contexte plus large de tensions économiques et sociales. Depuis 2022, la France a été secouée par des crises successives : inflation élevée, ralentissement de la croissance, et tensions géopolitiques pesant sur les chaînes d’approvisionnement. Ces facteurs ont fragilisé les entreprises, notamment les TPE et PME, qui peinent à embaucher ou à maintenir leurs effectifs. Dans certaines régions, comme l’Ain, la situation est encore plus préoccupante : l’attractivité des salaires suisses, souvent bien plus élevés que ceux proposés en France, pousse une partie de la population active à traverser la frontière pour travailler, aggravant les difficultés de recrutement des entreprises locales.
Par ailleurs, les secteurs traditionnellement pourvoyeurs d’emplois, comme l’industrie ou le BTP, subissent de plein fouet la transition écologique et la digitalisation. Les métiers en tension, comme ceux du numérique ou de la santé, ne suffisent pas à compenser les pertes dans les industries en déclin. Résultat : le chômage de longue durée, qui touche désormais près de 2 % de la population active, reste un défi majeur pour les pouvoirs publics.
Cette situation rappelle que le chômage, loin d’être un simple indicateur économique, est aussi le reflet des choix politiques et sociaux opérés par un pays. Alors que l’échéance de 2027 approche, les questions sur la crédibilité des promesses électorales et la capacité des gouvernements à transformer durablement le marché du travail restent plus que jamais d’actualité.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse : un contexte économique dégradé (inflation, ralentissement de la croissance), des tensions sur certains secteurs comme l’industrie ou le BTP, et une inadéquation entre l’offre et la demande de travail, notamment en termes de formation. Les prévisions de l’Insee, publiées en juin 2026, confirment cette tendance, avec un taux de chômage attendu à 8,4 % fin 2026, loin des 5 % promis pour 2027.
Le gouvernement doit présenter un plan d’urgence d’ici la fin de l’année, incluant des mesures ciblées sur la formation professionnelle, un soutien aux secteurs en difficulté, et une refonte des aides à l’embauche. L’Insee révisera ses prévisions en septembre 2026, après la publication des chiffres du troisième trimestre, ce qui pourrait donner une indication plus précise de l’évolution du marché du travail.