Selon Euronews FR, la consommation de cocaïne en Europe atteint des niveaux record dans plusieurs villes, révélés par des analyses récentes des eaux usées. Ces données, issues du dernier rapport de l’Agence européenne des drogues (EUDA), montrent une progression préoccupante dans certaines zones, tandis que les méthodes de trafic évoluent pour contourner les contrôles policiers.

Ce qu'il faut retenir

  • Lérida, en Espagne, enregistre le taux le plus élevé d’Europe avec 1 405 mg de cocaïne détectés pour 1 000 habitants dans les eaux usées.
  • Barcelone et Lérida connaissent les plus fortes hausses en valeur absolue (+647 mg et +782 mg respectivement), tandis que la Slovénie et le Danemark affichent des progressions significatives.
  • La Norvège et les Pays-Bas affichent les taux de consommation les plus élevés chez les adultes, avec 2,9 % des personnes interrogées ayant consommé de la cocaïne dans l’année.
  • L’Espagne a saisi 124 tonnes de cocaïne en 2024, soit plus du double de la France, deuxième pays en termes de quantités interceptées.
  • L’opération « Atlantic Cocaine Highway » a permis la saisie de 11 tonnes de cocaïne en avril 2026, ciblant une route majeure entre les îles Canaries et les Açores.

Les villes européennes où la consommation de cocaïne est la plus élevée

Les analyses des eaux usées publiées par l’EUDA, relayées par Euronews FR, révèlent une concentration particulièrement forte dans certaines villes. Lérida, en Catalogne occidentale, arrive en tête du classement européen avec une moyenne de 1 405 mg de cocaïne détectés pour 1 000 habitants. Elle est suivie de près par Anvers (1 382 mg), Grenade (1 238 mg) et Amsterdam (1 172 mg).

En Belgique, Liège (1 039 mg) et Bruxelles (1 020 mg) figurent également parmi les villes les plus touchées. En Espagne, Saint-Jacques-de-Compostelle (1 008 mg) et Barcelone (997 mg) complètent le top 10, devant des villes comme Kufstein (998 mg, Autriche) et Namur (927 mg, Belgique).

Où la consommation progresse-t-elle le plus rapidement ?

L’analyse des taux de croissance, réalisée par Europe in Motion pour le compte de l’EUDA, montre que certaines villes enregistrent des hausses spectaculaires. Barcelone (+185 % ou +647 mg) et Lérida (+782 mg ou +125 %) se distinguent, tant en pourcentage qu’en valeur absolue. L’Espagne reste le principal foyer de progression, mais d’autres pays connaissent des dynamiques inquiétantes.

En Slovénie, les villes de Velenje, Domžale et Kamnik affichent des hausses comprises entre +272 mg et +329 mg. Au Danemark, Esbjerg (+266 mg), Aalborg (+234 mg) et Copenhague (+148 mg) enregistrent également des progressions notables. Ces données confirment une tendance de fond : la consommation de cocaïne ne recule pas, mais se déplace et s’intensifie dans de nouvelles zones.

Consommation déclarée : la Norvège et les Pays-Bas en tête

L’EUDA a mené une enquête auprès des Européens pour évaluer la consommation déclarée de cocaïne au cours des 12 mois précédant l’étude. Les résultats révèlent une situation contrastée. La Norvège (2,9 % des adultes) et les Pays-Bas (2,9 %) affichent les taux les plus élevés, suivis par la France (2,7 %), l’Espagne (2,5 %) et l’Irlande (2,4 %).

Chez les jeunes de 15 à 34 ans, les chiffres sont encore plus élevés : 5,6 % en Norvège et 5,3 % aux Pays-Bas, devant l’Irlande (5 %). Ces données soulignent une consommation qui touche particulièrement les jeunes adultes, un public déjà identifié comme vulnérable dans les rapports précédents de l’agence.

L’Espagne, plaque tournante du trafic de cocaïne en Europe

Les statistiques de l’EUDA révèlent que l’Espagne a intercepté 124 tonnes de cocaïne en 2024, un chiffre bien supérieur à celui de la France, qui arrive en deuxième position avec 53,5 tonnes — un record national. Pourtant, les quantités saisies ont reculé dans plusieurs pays voisins : -64 % en Belgique, -45 % en Allemagne et -36 % aux Pays-Bas.

Cette baisse apparente des saisies globales ne doit pas être interprétée comme une réduction des flux, avertit l’EUDA. Le nombre d’affaires individuelles a en effet atteint 97 000 en 2024, soit une augmentation significative. « Cela suggère une évolution des routes et des méthodes de trafic plutôt qu’une baisse des quantités acheminées vers l’Europe », explique l’agence dans son rapport.

Les nouvelles routes du trafic : l’essor de l’« Atlantic Cocaine Highway »

Pour contourner les contrôles policiers, les trafiquants utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées. Selon Euronews FR, les livraisons finales sont souvent assurées par de petites embarcations accostant sur des plages isolées du Portugal et de l’Espagne, ou dans des ports de plaisance discrets. Ces stratégies permettent d’éviter les points de contrôle traditionnels et de réduire les risques d’interception.

En avril 2026, une opération coordonnée par Europol a ciblé une route majeure connue sous le nom d’« Atlantic Cocaine Highway ». L’action s’est concentrée sur le corridor atlantique oriental, entre les îles Canaries espagnoles et les Açores portugaises. Résultat : 11 tonnes de cocaïne et 8,5 tonnes de haschich saisies, ainsi que 54 arrestations et huit navires interceptés. Une illustration concrète de l’adaptabilité des réseaux criminels.

Et maintenant ?

Les autorités européennes devraient renforcer leur coopération pour traquer les nouvelles routes du trafic, notamment en Méditerranée et dans l’Atlantique. Une prochaine réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE, prévue en septembre 2026, pourrait aboutir à de nouvelles mesures de surveillance des petits ports et des zones côtières isolées. Reste à voir si ces initiatives suffiront à endiguer une consommation qui continue de progresser, en particulier chez les jeunes.

La question des moyens alloués à la prévention et à la répression reste également centrale. Les associations de terrain, comme Écoute Cannabis et Drogues Info Service, appellent à une approche équilibrée, combinant réduction des risques et lutte contre les trafics. Pour l’heure, les chiffres parlent d’eux-mêmes : la cocaïne reste la deuxième drogue illégale la plus consommée en Europe, après le cannabis.

Il s’agit d’une route maritime majeure utilisée par les trafiquants pour acheminer de la cocaïne depuis l’Amérique du Sud vers l’Europe. Elle passe par le corridor atlantique oriental, entre les îles Canaries et les Açores, avant d’atteindre les côtes portugaises et espagnoles. Cette route a été ciblée en avril 2026 lors d’une opération d’Europol, entraînant la saisie de 11 tonnes de cocaïne.