Abidjan, le 10 juin 2026 — Le procureur du pôle pénal économique et financier ivoirien a organisé une conférence de presse hier pour tirer la sonnette d’alarme sur l’augmentation des cas de blanchiment de capitaux dans le pays. Selon les déclarations du magistrat, ce phénomène, en pleine expansion, représente une menace grandissante pour l’économie nationale.
Ce qu'il faut retenir
- Le procureur du pôle pénal économique et financier a organisé une conférence de presse le 10 juin 2026 à Abidjan pour alerter sur le blanchiment de capitaux.
- Ce phénomène serait en pleine expansion, selon le magistrat, qui évoque une menace croissante pour l’économie ivoirienne.
- Le procureur a mis en garde les auteurs de ces pratiques illégales, sans préciser d’exemples concrets.
- La lutte contre le blanchiment de capitaux s’inscrit dans un cadre juridique renforcé depuis plusieurs années en Côte d’Ivoire.
Une conférence de presse pour marquer le coup
Le procureur du pôle pénal économique et financier, dont l’identité n’a pas été communiquée, a convoqué les médias le 10 juin 2026 pour une prise de parole exceptionnelle. D’après les informations rapportées par RFI, l’objectif était de sensibiliser l’opinion publique et les acteurs économiques aux dangers du blanchiment de capitaux. Ce phénomène, souvent lié à des réseaux criminels organisés, prend de l’ampleur selon les autorités judiciaires.
Le magistrat n’a pas détaillé de cas précis, mais a insisté sur l’urgence d’agir pour endiguer cette tendance. « Les flux financiers illicites sapent la stabilité de notre économie et faussent la concurrence », a-t-il souligné lors de son intervention. Une mise en garde qui s’inscrit dans un contexte où les autorités ivoiriennes renforcent leur arsenal législatif contre ces pratiques.
Un phénomène en hausse, un contexte économique sous tension
Le blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire n’est pas un phénomène nouveau, mais son intensification récente inquiète les observateurs. Selon des rapports internes du ministère de l’Économie et des Finances, les flux financiers suspects auraient augmenté de 25 % entre 2024 et 2025. Ces fonds proviendraient notamment du trafic de drogue, de la fraude fiscale ou encore de la corruption, avant d’être réinjectés dans des activités légales pour en masquer l’origine illicite.
La Côte d’Ivoire, qui se positionne comme un hub économique en Afrique de l’Ouest, est particulièrement exposée en raison de son secteur bancaire dynamique et de son attractivité pour les investissements étrangers. Le procureur a rappelé que ces pratiques « compromettent la crédibilité du système financier ivoirien » et pourraient dissuader les partenaires économiques. — Un rappel qui intervient alors que le pays cherche à consolider sa réputation sur la scène internationale.
Des mesures judiciaires déjà en place, mais insuffisantes ?
La lutte contre le blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire s’appuie sur plusieurs textes législatifs, dont la loi n°2014-450 du 5 août 2014, relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette loi impose aux banques et aux entreprises de déclarer les transactions suspectes à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Pourtant, malgré ces dispositifs, les autorités reconnaissent que leur efficacité reste limitée face à la sophistication croissante des réseaux criminels.
Le procureur a indiqué que des enquêtes sont en cours, mais sans préciser si des arrestations ou des saisies ont déjà eu lieu dans ce cadre. Il a également souligné l’importance de la coopération internationale, notamment avec les pays voisins et les institutions comme Interpol ou le Groupe d’action financière (GAFI). — Une coopération qui pourrait être renforcée dans les mois à venir.
En attendant, le procureur a appelé les citoyens à signaler toute activité suspecte via les canaux officiels. « La vigilance de chacun est un levier essentiel dans cette lutte », a-t-il conclu.