Une usine de production de ciment située dans le nord du Cameroun, inaugurée avec faste il y a douze mois, a été contrainte de suspendre ses activités en raison d’une crise énergétique majeure affectant la région, comme l’a confirmé la Société camerounaise d’électricité (Eneo). Selon RFI, cette décision, qualifiée d’« arrêt temporaire non programmé », illustre l’ampleur des difficultés que traverse actuellement le secteur électrique camerounais.
L’établissement, dont la mise en service avait été saluée par les autorités locales en juin 2025, doit aujourd’hui interrompre sa production en attendant le rétablissement d’un approvisionnement stable en électricité. «
Cette situation est directement liée à une crise énergétique qui frappe actuellement la région du Nord,» a expliqué un porte-parole d’Eneo, précisant que les infrastructures locales subissaient des déséquilibres structurels dans la distribution de l’énergie.
Ce qu'il faut retenir
- Un arrêt technique non prévu : la cimenterie, inaugurée en juin 2025, doit interrompre sa production en raison d’une crise électrique dans le Nord.
- Une cause identifiée : la Société camerounaise d’électricité (Eneo) attribue cette situation à une « crise énergétique majeure » dans la région.
- Un impact économique direct : l’arrêt de l’usine prive le marché local d’une production de ciment estimée à plusieurs milliers de tonnes par mois.
- Un problème récurrent : cette panne survient dans un contexte de tensions sur le réseau électrique camerounais, déjà fragilisé par des pénuries et des retards d’investissement.
- Une région particulièrement touchée : le Nord Cameroun, zone frontalière avec le Nigeria et le Tchad, est régulièrement confronté à des difficultés d’accès à l’énergie.
Une usine stratégique pour l’économie locale
Inaugurée en grande pompe en juin 2025 par les autorités régionales, cette cimenterie devait jouer un rôle clé dans le développement des infrastructures locales. Son arrêt brutal prive désormais la région d’une source majeure de matériaux de construction, essentiels pour des projets publics et privés. «
Cette suspension intervient alors que le secteur du bâtiment est en pleine expansion dans le Nord,» a commenté un responsable du ministère des Travaux publics camerounais, soulignant l’impact potentiel sur les chantiers en cours.
Selon des estimations internes, la capacité de production de l’usine s’élevait à 200 000 tonnes de ciment par an. Un volume qui représentait environ 15 % de la demande locale, déjà partiellement satisfaite par des importations en provenance du Nigeria voisin. Autant dire que le manque à gagner pourrait peser lourd dans les prochains mois pour les entreprises et les collectivités dépendantes de ce matériau.
Le réseau électrique camerounais sous tension
D’après Eneo, la crise actuelle résulte d’un défaut d’équilibre entre offre et demande, aggravé par des retards dans les projets de production d’électricité. Le Cameroun, qui mise sur le développement de ses capacités énergétiques pour soutenir sa croissance, peine à suivre la demande croissante, notamment dans les zones rurales et périurbaines. «
Les infrastructures de transport et de distribution peinent à absorber la hausse de la consommation,» a expliqué un expert du secteur, évoquant des coupures récurrentes depuis le début de l’année.
Parmi les facteurs aggravants, on cite les retards dans la mise en service de nouvelles centrales, comme celle de Nachtigal, dont la mise en fonctionnement complète est désormais prévue pour fin 2026 — soit un an de retard par rapport au calendrier initial. En attendant, les coupures ciblées et les délestages restent monnaie courante dans plusieurs régions, dont le Nord.
Cette situation rappelle, une fois encore, les défis structurels auxquels le Cameroun doit faire face pour sécuriser son approvisionnement électrique et soutenir son développement industriel. Reste à voir si les solutions promises seront à la hauteur des enjeux.
Le Nord Cameroun, frontalier avec le Nigeria et le Tchad, souffre d’un réseau électrique sous-dimensionné et vieillissant, couplé à une demande en forte croissance liée au développement des infrastructures. Les retards dans les projets de production, comme la centrale de Nachtigal, aggravent cette situation, tout comme les coupures récurrentes dans les pays voisins qui perturbent les échanges d’énergie.