Alors que la maternité de Saint-Amand-Montrond, dans le Cher, risque la fermeture faute d’un nombre suffisant d’accouchements, la municipalité et la communauté de communes ont mis en place une prime de 1 000 euros pour les parents choisissant cet établissement. Cette mesure vise à dépasser le seuil réglementaire de 300 naissances par an, un objectif fixé pour éviter une fermeture administrative, comme le rapporte Franceinfo - Santé.

Ce qu'il faut retenir

  • La maternité de Saint-Amand-Montrond a enregistré 229 accouchements en 2025, loin des 300 requis par la réglementation.
  • Une prime de 1 000 euros est versée aux parents pour chaque accouchement dans cet établissement.
  • Le dispositif est cofinancé par la mairie de Saint-Amand-Montrond et la communauté de communes Cœur de France, pour un coût total estimé à 300 000 euros.
  • La prime se compose de deux chèques de 500 euros chacun, émis par la mairie et la communauté de communes.
  • Les bénéficiaires peuvent utiliser une partie de cette somme pour des achats de première nécessité liés à la naissance.

Un coup de pouce financier pour sauver un service public

La maternité de Saint-Amand-Montrond, située dans le département du Cher, fait face à une situation critique. Avec seulement 229 accouchements enregistrés en 2025, l’établissement se trouve bien en dessous du seuil minimal de 300 naissances par an imposé par la réglementation sanitaire française. Sans une inversion rapide de cette tendance, la maternité pourrait être menacée de fermeture, privant les habitants d’un service public essentiel.

Pour tenter d’éviter ce scénario, les autorités locales ont décidé de recourir à un levier incitatif : une prime de naissance de 1 000 euros. Ce montant est destiné à encourager les futurs parents à choisir cet établissement pour leur accouchement. La moitié de la somme, soit 500 euros, est financée par la mairie de Saint-Amand-Montrond, et l’autre moitié par la communauté de communes Cœur de France. Le coût total de cette mesure est estimé à 300 000 euros, un investissement jugé nécessaire pour préserver un service médical de proximité.

Des premiers retours positifs malgré les critiques

Dès le 1er juin 2026, soit quelques jours après le lancement de cette prime, les premiers bénéficiaires ont été récompensés. Isabelle Chaput, adjointe au maire en charge de la santé, a remis des chèques d’un montant de 1 000 euros à de jeunes parents lors d’une cérémonie symbolique. Ces primes ne sont pas un simple effet d’annonce, a-t-elle souligné, précisant qu’un protocole encadré a été mis en place en collaboration avec l’hôpital local pour éviter toute récupération abusive de cette mesure.

Les premiers témoignages recueillis auprès des jeunes mères sont encourageants. Charlotte Aujouannet, mère de Jeanne née le 1er juin, a expliqué que cette prime avait joué un rôle dans son choix : « Forcément, ça va nous donner un coup de pouce avec la vie actuelle. L’équipe est vraiment chouette, donc pour moi, c’était une évidence de venir accoucher ici », a-t-elle déclaré. Une autre maman, Marion Cordero, a quant à elle mis en avant l’utilité des bons d’achat de 50 euros, également distribués aux parents. Ces bons, valables dans les commerces de proximité, permettent d’acquérir des produits de première nécessité comme des couches, des cotons ou du liniment. « On peut les utiliser dans les pharmacies pour acheter les produits dont on a besoin, ou dans les magasins de bricolage pour aménager la chambre du bébé », a-t-elle précisé.

« L’action qui a été décidée, ça a été de mettre en place cette prime de naissance qui n’est absolument pas un buzz comme on a pu l’entendre malheureusement trop souvent. Derrière ça, il y a un vrai protocole encadré avec l’hôpital. »
— Isabelle Chaput, adjointe au maire en charge de la santé à Saint-Amand-Montrond

Et maintenant ?

Si la prime de 1 000 euros pourrait permettre d’atteindre le seuil des 300 accouchements en 2026, son efficacité à long terme reste à évaluer. Les autorités locales espèrent que cette mesure incitative suffira à convaincre les parents de la région de privilégier cet établissement. Cependant, d’autres maternités en France font face à des défis similaires, et ce type de dispositifs pourrait se multiplier si les résultats s’avèrent concluants. Un bilan sera réalisé d’ici la fin de l’année pour décider des éventuels ajustements ou prolongations de cette aide financière.

D’après les informations disponibles, la prime de 1 000 euros attribuée par la maternité de Saint-Amand-Montrond est un dispositif local indépendant. Elle s’ajoute donc aux aides nationales existantes, comme la prime à la naissance ou les allocations familiales, sans que cela ne soit explicitement mentionné comme incompatible.

En cas de fermeture, les patientes seraient orientées vers les maternités les plus proches, notamment celles de Bourges ou de Vierzon. La région devra alors organiser un transport adapté pour les urgences obstétricales, ce qui pourrait poser des difficultés logistiques pour certaines familles.