Une découverte scientifique inattendue vient d’être révélée par Ouest France : des chercheurs ont identifié des traces d’ADN ancien, dont celui de mammouth laineux, dans des excréments d’écureuils conservés par le pergélisol. Une avancée qui ouvre de nouvelles perspectives sur la préservation des écosystèmes disparus.
Ce qu'il faut retenir
- Des chercheurs ont détecté de l’ADN de mammouth laineux et d’autres espèces anciennes dans des excréments d’écureuils conservés par le pergélisol.
- Ces échantillons, préservés dans des conditions extrêmes, offrent un matériau génétique inédit pour les études paléontologiques.
- Le pergélisol, sol gelé en permanence, joue un rôle clé dans la conservation de matériel biologique vieux de plusieurs millénaires.
- Cette découverte pourrait enrichir les connaissances sur les espèces disparues et leur environnement passé.
Une trouvaille liée au pergélisol
Selon Ouest France, les excréments d’écureuils, aujourd’hui transformés en fossiles grâce au pergélisol, contiennent des fragments d’ADN ancien. Le pergélisol, caractéristique des régions arctiques et subarctiques, agit comme un conservateur naturel en maintenant à très basse température les matières organiques pendant des milliers d’années. « Ces échantillons sont exceptionnels, car ils nous donnent accès à un matériel génétique intact, bien que fragmenté », a expliqué un chercheur cité par le quotidien.
L’étude s’inscrit dans le cadre de recherches plus larges sur la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques. Les scientifiques espèrent que ces données permettront de reconstituer des portraits génétiques plus précis des espèces du Pléistocène, une époque marquée par la présence de mammouths, de lions des cavernes et d’autres animaux aujourd’hui disparus.
Des applications potentielles pour la science
Cette découverte ne se limite pas à une curiosité paléontologique. Les chercheurs soulignent que ces traces ADN pourraient servir à des projets de « dé-extinction », bien que les défis techniques restent immenses. « On parle de plus en plus de réintroduire des espèces disparues, mais cela nécessite une compréhension fine de leur génome », a précisé le spécialiste interrogé par Ouest France. « Ces excréments nous offrent une fenêtre unique sur des écosystèmes aujourd’hui disparus. »
Par ailleurs, les données recueillies pourraient aussi éclairer les mécanismes d’adaptation des espèces aux conditions extrêmes, un sujet d’autant plus crucial dans le contexte actuel de réchauffement climatique. Le pergélisol, en fondant progressivement, menace de libérer des quantités colossales de carbone et de microbes anciens — un enjeu environnemental majeur.
Un écosystème préservé par le froid
Les excréments d’écureuils, retrouvés dans des zones aujourd’hui gelées en permanence, illustrent la capacité du pergélisol à préserver des traces biologiques sur des échelles de temps géologiques. « On savait que le pergélisol pouvait conserver des bactéries ou des plantes, mais c’est la première fois que l’on identifie de l’ADN animal dans ce type d’échantillon », a indiqué un paléogénéticien. Ces résultats pourraient aussi relancer des recherches sur d’autres animaux disparus, comme le tigre à dents de sabre ou le rhinocéros laineux.
Cette avancée s’ajoute à une série de découvertes récentes dans les régions polaires, où la fonte accélérée du pergélisol libère des archives biologiques et climatiques précieuses. Pour les scientifiques, chaque échantillon compte : autant dire que ces excréments d’écureuils pourraient bien devenir une pièce maîtresse dans le puzzle des écosystèmes disparus.
Reste que cette découverte soulève aussi des questions éthiques, notamment sur l’utilisation future de ces données. Faut-il chercher à ressusciter des espèces éteintes ? À quelles fins ? Ces interrogations, bien que légitimes, ne doivent pas occulter l’apport scientifique de telles recherches, qui pourraient un jour aider à mieux comprendre — et peut-être préserver — la biodiversité actuelle.
Ces excréments, conservés par le pergélisol, agissent comme des capsules temporelles. Ils contiennent des fragments d’ADN ancien qui permettent aux chercheurs de reconstituer le génome d’espèces disparues, comme le mammouth laineux, et d’étudier leur environnement passé.
Le pergélisol fond progressivement en raison du réchauffement climatique, libérant des gaz à effet de serre comme le méthane et des microbes anciens. Selon les projections, d’ici 2100, jusqu’à 70 % du pergélisol pourrait disparaître dans certaines régions, ce qui menacerait la préservation de ces archives biologiques.